Sélection de la langue

Recherche

Un programme facilite l’installation d’entreprises technologiques à La Haye

Par Mary Gooderham

Cet article fait partie d’une série spéciale de CanadExport qui explore les liens entre le milieu des affaires et celui de l’exportation et le secteur de la science, de la technologie et de l’innovation.

Les Pays-Bas, qui comptent la grappe de technologies de la sécurité la plus importante d’Europe ainsi des poids lourds de cette industrie, constituent aussi un marché très concurrentiel. Or, les petites et moyennes entreprises (PME) canadiennes dans ce secteur clé, y compris les entreprises en développement, peuvent obtenir de l’aide grâce au nouveau programme conjoint Canada-Pays-Bas pour les entreprises spécialisées dans la cybertechnologie et les technologies de la sécurité, mené en collaboration avec le réseau Hague Security Delta (HSD). Ce programme bilatéral vise à aider les petites entreprises à cerner les possibilités pour leurs produits et services sur les marchés étrangers.

Géré par le Service des délégués commerciaux du Canada (SDC) en étroite collaboration avec le Hague Security Delta et d’autres partenaires, le programme facilite l’implantation d’entreprises canadiennes aux Pays-Bas, en leur fournissant des conseils, des contacts d’affaires et un soutien général pour pénétrer cet important marché lucratif, mais complexe. Le programme offre l’accès à un espace de travail et de l’aide personnalisée pendant une période d’essai, ce qui permet aux entreprises de trouver de nouveaux clients et partenaires et de déterminer si elles sont prêtes à se lancer sur les marchés étrangers.

Puisque les Pays-Bas sont une passerelle vers des occasions d’affaires partout dans la région, remporter du succès dans ce pays peut permettre d’accéder à d’autres marchés européens.

Selon Faud Khan, PDG et fondateur de TwelveDot Inc., une entreprise d’Ottawa qui a participé récemment au programme, « nous sommes en bonne position pour faire des affaires en Europe grâce à ce programme ».

TwelveDot fournit des services-conseils en sécurité et des services destinés aux applications mobiles, à l’infonuagique et à l’Internet des objets. L’entreprise évalue les problèmes de sécurité et aide à trouver des solutions. Faud Khan explique qu’un grand nombre d’entreprises et d’organismes sont vulnérables aux cybermenaces. TwelveDot évalue les menaces et les risques puis procède à des essais approfondis avant d’offrir des solutions.

Faud Khan affirme que, lors de ses deux séjours aux Pays-Bas, il a pu « se mettre à l’œuvre immédiatement et rencontrer de nombreuses personnes dès la première journée. Il n’était pas question de se reposer. Il fallait foncer. Le calendrier était très chargé, c’était phénoménal. »

Faud Khan a obtenu gratuitement une salle pour organiser des réunions et a participé à une tribune du HSD qui permet aux participants d’expliquer qui ils sont et ce qu’ils font, ce qui favorise d’autres conversations.

Il dit que l’entreprise, qui existe depuis six ans et compte sept employés, a développé un marché international « sur-le-champ », en trouvant des clients en Californie, en Suisse et en Asie. Elle souhaite augmenter fortement ses exportations.

Faud Khan estime que son entreprise doit avoir une présence en Europe, et souligne que le secteur de la sécurité aux Pays-Bas, « avec son approche tripartite » (gouvernement, universités et industrie), cadre parfaitement avec les objectifs de son entreprise et peut constituer un tremplin vers des marchés tels que l’Afrique et le Moyen-Orient. Selon Caroline Bolduc, déléguée commerciale pour les sciences et la technologie à La Haye, les Pays-Bas sont considérés comme une plaque tournante pour la cybertechnologie et les technologies de la sécurité, surtout en raison de l’excellence des services logistiques et d’une infrastructure numérique à l’avant-garde.

Faud Khan
Faud Khan, PDG et fondateur de TwelveDot Inc.

D’après elle, « ces points forts font de La Haye la passerelle vers l’Europe ». Elle ajoute que, grâce à un environnement de TI moderne et à la présence de la grappe du HSD, les Pays-Bas constituent un centre numérique sûr. Les Pays-Bas disposent aussi d’un énorme réseau d’importation, de transport et de distribution axé sur le port maritime de Rotterdam et l’aéroport Schiphol d’Amsterdam. « En fait, la chaîne de distribution très développée et sophistiquée de l’Europe émane en bonne part des Pays-Bas », fait-elle remarquer. Le Canada et les Pays-Bas ont des liens historiques profonds et des relations commerciales étroites. Mme Bolduc souligne que la collaboration entre les deux pays dans les domaines des sciences, de la technologie et de l’innovation est encouragée au moyen de mécanismes tels que le programme d’atterrissage en douceur des entreprises.

Caroline Bolduc ajoute que le programme a été développé l’année dernière pour mettre à profit le soutien offert par le réseau HSD aux PME canadiennes. « Nous avons pris conscience du potentiel et de l’étendue de l’expertise du Hague Security Delta en tant que point de référence pour les entreprises du secteur de la sécurité », dit‑elle.

Hans Van Loon, gestionnaire de programme au HSD, estime que le programme d’atterrissage en douceur, qui aide aussi les entreprises néerlandaises du secteur de la sécurité à explorer des occasions d’affaires au Canada, principalement dans les grappes des technologies de pointe d’Ottawa et de Waterloo, permet aux PME qui ont des ressources limitées de voir ce qu’elles peuvent retirer d’un marché étranger.

Le Canada, dit-il, est l’un des pays amis avec lesquels les Pays-Bas veulent développer des échanges, et l’Accord économique et commercial global (AECG) offrira des possibilités pour les marchés d’approvisionnement publics. « Le Canada et les Pays-Bas entretiennent des relations depuis fort longtemps », ajoute-t-il. Selon lui, le programme d’atterrissage en douceur « est un moyen d’établir des liens avec une grappe, de participer à une communauté de cybersécurité ou des TIC et de disposer d’une période d’essai. Les entreprises canadiennes peuvent déterminer si les Pays-Bas sont un marché viable, par exemple, et s’il est possible d’y embaucher des employés qualifiés. « Cette période d’essai vous donne une bonne idée des possibilités », dit‑il.

M. Van Loon affirme qu’il peut être difficile pour une PME « d’approfondir la relation avec un client éventuel et d’expliquer les caractéristiques uniques de ses produits et services », surtout en raison de la concurrence féroce des entreprises locales ou étrangères. Selon lui, les entreprises ont besoin non seulement de solutions, mais aussi de soutien.

« Vous devez montrer aux clients que vous êtes sérieux et déterminé à vous établir dans le pays et à y rester. Pour réussir, vous avez besoin de temps et vous devez investir. »

Selon Hans Van Loon, les entreprises qui participent au programme d’atterrissage en douceur peuvent tâter le terrain avant de s’établir à l’étranger, parce qu’il « est ensuite très difficile de faire marche arrière ». Les grandes entreprises et les gouvernements qui doivent relever des défis liés à la sécurité sont curieux de voir ce que les entreprises canadiennes ont à offrir. « C’est toujours une bonne idée d’élargir ses horizons. »

Hans Van Loon dit, par exemple, que la chambre de commerce locale a aidé TwelveDot à communiquer avec les entreprises intéressées et à participer à des activités et des séances d’information pour comprendre les avantages offerts par la région.

Faud Khan estime que les entreprises présentes aux Pays-Bas « sont toujours disposées à mettre en commun leurs idées. S’il existe une saine concurrence, il existe aussi une franche collaboration, poursuit-il. Même en l’absence de liens de collaboration, les entreprises sont toujours disposées à donner divers conseils, par exemple, comment démarrer une entreprise ou tirer profit des avantages fiscaux. Ce programme offre un nombre incalculable d’avantages », dit-il.

Melanie ter Meulen, déléguée commerciale responsable des TIC à La Haye, dit que le programme d’atterrissage en douceur « fournit les outils, les partenaires et les programmes nécessaires pour accélérer l’internationalisation des PME canadiennes du sous-secteur ». Le succès du programme est attribuable aux partenaires solides et dévoués au Canada et aux Pays-Bas, y compris l’Innovation Quarter, la Chambre de commerce des Pays-Bas, Investir Ottawa et l’ambassade du Royaume des Pays-Bas à Ottawa.

Selon Melanie ter Meulen, qui est aussi championne de l’investissement à La Haye, « il s’agit d’un bon point de départ », qui permet aux entreprises de repérer des partenaires potentiels. Mais, ajoute-t-elle, des efforts seront nécessaires après la période d’atterrissage en douceur pour concrétiser ces partenariats. »

Hague Security Delta

Les Pays-Bas sont une plaque tournante pour les technologies de la sécurité, avec un volume d’affaires de plus de 8,4 milliards de dollars (environ 6 milliards d’euros) et un effectif de 61 500 travailleurs dans le secteur. Le réseau Hague Security Delta comporte trois grappes régionales importantes ayant chacune leurs propres champs d’expertise :

Source : Hague Security Delta

De nombreuses organisations internationales du secteur de la cybersécurité ont leur siège à La Haye, connue sous le nom de « ville de la paix, de la justice et de la sécurité », notamment le Centre européen de lutte contre la cybercriminalité, Europol, l’Agence d’information et de communication de l’OTAN et plusieurs organismes nationaux, tels que le Centre national de lutte contre la cybercriminalité, l’Institut de criminalistique des Pays-Bas et Fox-IT. Les installations du campus du HSD hébergent un laboratoire de renseignements sur les menaces et les bureaux de 43 organisations, y compris la police nationale néerlandaise et l’équivalent néerlandais du Conseil national de recherches.

Selon Melanie ter Meulen, il existe aussi un important réseau d’investisseurs à La Haye, et les Néerlandais ont établi un modèle de coopération unique et un environnement d’affaires propice dont les entreprises canadiennes peuvent profiter. « Ils comprennent l’importance de la collaboration entre le gouvernement, l’industrie et les spécialistes et encouragent véritablement l’innovation dans le secteur de la sécurité », dit-elle.

D’après Caroline Bolduc, les PME canadiennes qui ont participé au programme d’atterrissage en douceur disent qu’elles ont mieux compris le marché néerlandais et ont reçu de bons conseils pour améliorer leur modèle d’affaires et leur argumentaire de vente en raison du « légendaire franc-parler » des Néerlandais.

« Posez n’importe quelle question à un Néerlandais et à coup sûr, vous obtiendrez une réponse honnête. »

Les Pays-Bas occupent une place importante dans l’histoire militaire du Canada, car sa libération à la fin de la Seconde Guerre mondiale a été menée par les soldats canadiens, si bien qu’aujourd’hui, les Pays-Bas représentent un partenaire international constructif pour le Canada. Aux côtés du Canada, les Pays-Bas sont un acteur multilatéral respecté, que ce soit aux Nations Unies, à l’OTAN, à l’OSCE ou au sein des diverses institutions judiciaires internationales établies à La Haye.

Caroline Bolduc dit que le commerce bilatéral entre le Canada et les Pays-Bas a atteint 6,9 milliards de dollars en 2015 et que les Pays-Bas sont un partenaire clé dans les domaines de la recherche-développement et de l’innovation pour les entreprises, les organismes et les centres d’excellence canadiens. Il existe un grand nombre de projets et de programmes conjoints dans différents secteurs, par exemple, la planification urbaine et les villes durables, les services de santé à l’échelle mondiale, le développement agricole et les énergies vertes.

Selon Faud Khan, la facilité de faire des affaires sur le marché néerlandais s’explique par les liens historiques solides qui unissent le Canada et les Pays-Bas et le fait que les Néerlandais connaissent bien la technologie canadienne.

« Ils veulent vous parler, parce que vous êtes Canadien. Ils aiment beaucoup le Canada », dit-il.

Selon lui, la technologie canadienne est hautement considérée aux Pays-Bas, et le corridor technologique d’Ottawa « a acquis une réputation mondiale pour la qualité de ses ressources en génie et le développement de solutions techniques ingénieuses ».

Faud Khan dit que le programme d’atterrissage en douceur a permis à TwelveDot d’établir des liens avec des partenaires et clients potentiels. « Le seul défi a été de trouver une entreprise dont les produits et services cadraient avec nos activités et qui poursuivait les mêmes objectifs commerciaux, dit-il. Même si cela nécessite plus de temps que prévu, je préfère trouver un partenaire avec qui établir une relation à long terme, plutôt que de gagner de l’argent rapidement. »

TwelveDot continue de négocier avec plusieurs entreprises rencontrées lors de son stage. Jusqu’ici, il a rencontré les membres de 15 organisations et signé 3 accords de confidentialité avec des partenaires potentiels. On continue de lui envoyer des recommandations pour d’éventuels partenaires. Le but de TwelveDot, affirme M. Khan, est d’établir un bureau aux Pays‑Bas.

Abonnement au : cybermagazine et fil RSS

Twitter@SDC_TCS
Utilisez #CanadExport

Date de modification: