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Un parfum de paix : une femme se donne la mission de changer le monde

Il y a 12 ans, le meilleur ami de Barb Stegemann a été victime d’une attaque lorsqu’il participait à une assemblée pacifique de la Choura en Afghanistan. Le capitaine Trevor Greene avait enlevé son casque par respect lorsqu’un adolescent, agissant pour les talibans, l’a frappé à la tête avec une hache. Miraculeusement, M. Greene a survécu. Lorsque Mme Stegemann lui a rendu visite à l’hôpital, elle s’est juré de prendre sa relève pour maintenir la paix.


(Photo : The 7 Virtues Beauty Inc.)


(Photo : The 7 Virtues Beauty Inc.)

La question était de savoir comment. « Je ne suis pas un brave soldat ni un dirigeant mondial », a affirmé Mme Stegemann. « Je n’avais pas réellement de moyens d’œuvrer pour la paix et cela me frustrait. » C’est alors qu’elle a pensé à l’influence qu’elle exerce à titre de consommatrice : « Je me suis dit que nous pourrions exploiter ce pouvoir pour mettre fin au cycle de guerre et de pauvreté. »

Cette idée l’a inspirée à écrire le livre intitulé The 7 Virtues of a Philosopher Queen. S’appuyant sur la sagesse d’éminents philosophes, ce livre encourage les femmes à utiliser leur pouvoir d’achat et de vote pour faire le bien.

Mais Mme Stegemann ne s’est pas arrêtée là. Enthousiaste à l’idée de mettre ses théories en pratique, elle a découvert une arme incroyable pour en finir avec la guerre : le parfum.

« Je cherchais encore un moyen de poursuivre la mission de Trevor », a expliqué Mme Stegemann. « C’est alors que j’ai lu un article au sujet d’Abdullah Arsala, un homme qui cultivait des fleurs d’oranger et des rosiers en Afghanistan pour en extraire les huiles essentielles. »

M. Arsala a pris la décision courageuse de ne pas faire la culture illégale du pavot qui procurait chaque année 200 millions de dollars américains aux talibans. Cependant, sa distillerie a été ciblée en conséquence.

« Les gens qui avaient attaqué mon meilleur ami s’en prenaient à la distillerie d’huiles essentielles de M. Arsala », a expliqué Barb Stegemann, fondatrice de l’entreprise The 7 Virtues Beauty.

Elle savait qu’elle avait alors la chance de faire une différence. Mme Stegemann a fondé The 7 Virtues Beauty Inc. à Halifax, en Nouvelle-Écosse, et s’est lancée dans la création de fragrances en misant sur M. Arsala comme principal fournisseur.

Bien entendu, faire appel à un fournisseur se trouvant dans un pays touché par un conflit n’est pas chose facile. Préoccupée par la sécurité, les salaires équitables et les conditions de travail, Mme Stegemann a demandé de l’aide à Affaires mondiales Canada (AMC).

« Je n’aurais pas pu y arriver sans l’aide des membres de l’équipe d’AMC, car ils sont sur le terrain », a‑t‑elle expliqué. « Ils ont une formation en matière de développement. Ils savent que si l’on paie 8 000 dollars américains pour un litre d’huile essentielle d’orange ou 12 000 dollars américains pour un litre d’huile essentielle de rose, les agriculteurs peuvent abandonner la culture illégale du pavot et doubler leur revenu. »

Avec l’aide d’AMC, Mme Stegemann est devenue la plus importante acheteuse d’huile d’orange de M. Arsala, ce qui a permis à celui‑ci de doubler la taille de sa distillerie.

Mme Stegemann a toujours payé un juste prix pour les huiles, mais le coût initial représentait un défi au début. « À l’époque, aucune banque n’avait entendu parler d’une entreprise sociale », a‑t‑elle expliqué. « Personne ne voulait m’accorder de prêt. J’ai commencé à acheter des huiles avec ma carte Visa! »

Sachant qu’elle aurait besoin d’un inventaire plus complet pour susciter l’intérêt des grands magasins, Mme Stegemann a participé à l’émission Dragons’ Den à CBC. Elle est devenue la première femme du Canada atlantique à obtenir un financement de l'émission de 75 000 $.

Cet investissement et la publicité ainsi obtenue ont aidé Mme Stegemann à distribuer ses parfums dans les magasins La Baie d’Hudson partout au Canada. Cela lui a aussi permis de commencer à s’approvisionner auprès de fournisseurs se trouvant à Haïti, en Israël, en Iran, au Rwanda et en Inde. « J’aime me rendre dans les pays où habitent mes fournisseurs dès que j’en ai l’occasion pour m’asseoir avec eux et nouer une amitié », a‑t‑elle affirmé.

Par la suite, Mme Stegemann a commencé à viser les marchés internationaux. Elle s’est encore une fois tournée vers l’aide du gouvernement, mais cette fois‑ci, vers celle du Service des délégués commerciaux du Canada (SDC), qui fait partie d’AMC.

« Le haut‑commissaire à Londres nous a aidés à distribuer nos produits chez Selfridges et Amazon Luxury », se rappelle Mme Stegemann. « En Allemagne, la déléguée commerciale a fait entrer nos produits aux Galeries Lafayette (une enseigne importante là‑bas) et elle traduisait pour nous. »

Mme Stegemann s’est adressée au SDC encore cette année, lorsque son entreprise, qui a revu son identité visuelle pour cibler des consommateurs plus jeunes et plus engagés socialement, a lancé une nouvelle gamme de produits dans 102 boutiques Sephora aux États‑Unis.

Aperçu : The 7 Virtues Beauty Inc.

Fondée en : 2010
Industrie : Cosmétiques
Lieu : Halifax (Nouvelle‑Écosse)
Marchés : Canada, États-Unis et Europe
Nombre d’employés : 8

« Il s’agit d’un marché difficile à percer sans gros budget de publicité », a affirmé Mme Stegemann. « Je ne pourrais pas faire concurrence aux grandes marques sans l’aide des délégués commerciaux à Los Angeles et à New York. Ils m’ont aidée au chapitre des relations publiques et de l’organisation d’activités; ils ont même présenté ma candidature pour un prix, que j’ai gagné. »

« Sans le SDC, notre entreprise aurait simplement beaucoup de parfums dans son entrepôt et ne ferait pas bouger les choses », a-t-elle ajouté.

Les nouvelles fragrances ont énormément de succès. « Honnêtement, nous tentons seulement de répondre à la demande. Cependant, nous n’avons pas travaillé si fort pendant neuf ans pour ne pas être prêts. Nos partenaires embarquent dans l’aventure et nous concrétisons notre vision. »

 Mme Stegemann prévoit ensuite lancer une nouvelle gamme de produits en Europe et en Australie : « Nous avons le bon emballage, la bonne marque, la bonne histoire... Je suis convaincue que nous aurons beaucoup de succès. » Elle ajoute qu’elle comptera sur l’aide du SDC pour établir des relations et obtenir des services de traduction.

Mme Stegemann veut que d’autres entrepreneurs canadiens demandent de l’aide comme elle l’a fait. « À vous d’être curieux. Adressez‑vous à votre gouvernement, aidez‑le et demandez‑lui de l’aide. Tout le monde est gagnant lorsque nous nous permettons mutuellement de nous dépasser. »

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