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Le Canada établit une norme mondiale en matière d’exploitation minière durable

Un programme qui aide les sociétés minières du Canada à exercer leurs activités au pays de la façon la plus responsable possible sur le plan social, économique et environnemental gagne en popularité sur la scène internationale, et ce, grâce aux pratiques de ces sociétés à l’étranger et à l’aide du Service des délégués commerciaux du Canada (SDC).


(Photo : Agnico Eagle Mining)

L’initiative Vers le développement minier durable (VDMD), lancée en 2004 par l’Association minière du Canada, est une norme de durabilité reconnue dans le monde entier qui aide à renforcer les capacités de l’industrie minière mondiale. L’initiative a été adoptée comme norme canadienne de l’industrie pour la conduite responsable des entreprises qu’encouragent le SDC et le gouvernement du Canada.

La participation à l’initiative VDMD est obligatoire pour les membres de l’Association au Canada. Selon Ben Chalmers, vice‑président principal de l’Association, cette initiative a été lancée au pays dans le but d’améliorer le rendement du secteur sur le plan environnemental et social. L’initiative VDMD s’applique aux 44 membres de l’association sectorielle, mais elle n’est obligatoire qu’au Canada, bien que bon nombre de ces entreprises respectent volontairement les normes dans le cadre de leurs activités à l’étranger.

Cinq pays sur quatre continents — la Finlande, l’Argentine, le Botswana, les Philippines et l’Espagne — ont également adopté le programme, avec l’aide de l’Association et le soutien du SDC. Et les autorités d’autres pays envisagent de l’adopter.

Ben Chalmers
Ben Chalmers, vice‑président principal de l’Association minière du Canada
(Photo : Association minière du Canada)

Michel Julien
Michel Julien, vice‑président à l’environnement chez Agnico Eagle Mining
(Photo : Agnico Eagle Mining)

Selon M. Chalmers, la Finlande, premier pays à avoir adhéré à l’initiative VDMD, a adopté une approche proprement finlandaise en adaptant la norme à son contexte local. Les pays sont toutefois tenus de conserver plusieurs éléments en vertu du programme, comme la création d’un « groupe consultatif des communautés d’intérêts ».

M. Chalmers souligne le rôle important joué par le SDC, qui a fourni des fonds pour « l’adoption internationale de l’initiative VDMD » dans le cadre du programme Opportunités mondiales pour les associations (OMA). L’organisation a utilisé les ressources du programme OMA afin de participer à des conférences pour promouvoir l’initiative et de donner de la formation sur celle‑ci dans différents pays, tandis que les délégués commerciaux en poste dans les pays qui ont adopté l’initiative VDMD ont participé activement au processus.

« Le SDC joue un rôle assez important », a affirmé M. Chalmers, qui souligne que les délégués commerciaux « nous appuient et nous donnent la crédibilité supplémentaire qu’offre le fait d’être associés au gouvernement du Canada à l’étranger ».

Carlos Miranda, délégué commercial qui est l’agent de liaison pour le secteur de l’exploitation minière au sein du SDC, est détaché auprès de l’Association minière du Canada. Selon lui, cela l’aide à « demeurer bien branché sur l’industrie » et à promouvoir les efforts de celle‑ci pour assurer un développement durable, en collaboration avec ses collègues du SDC partout dans le monde.

« L’initiative VDMD est en train de devenir une norme dans les faits, et nous en sommes fiers, dit‑il. C’est bon pour les affaires et c’est bon pour la responsabilité sociale des entreprises, et cela augmente les connaissances, la transparence et l’ouverture au sein des communautés locales. »

M. Miranda est d’avis que les pays qui ont adopté l’initiative VDMD l’ont fait surtout grâce à l’initiative dont ont fait preuve les sociétés minières canadiennes qui s’y sont établies. « Le Canada n’est pas parfait, dit‑il, mais nous nous améliorons, et on peut affirmer que les Canadiens sont en tête dans le monde en matière de responsabilité sociale des entreprises dans ce secteur. »

Pour lui, il est important que chaque pays mette en œuvre l’initiative VDMD selon sa propre dynamique, en s’inspirant du modèle canadien. Les fonds du programme OMA aident à mieux faire connaître l’initiative et à assurer le transfert des connaissances aux nouveaux participants.

Les délégués commerciaux à l’étranger aident les sociétés minières canadiennes à examiner leurs pratiques commerciales et à exercer leurs activités de façon responsable non seulement du point de vue éthique, environnemental et social, mais aussi sur le plan de la santé et de la sécurité, explique M. Miranda. « Le SDC soutient l’entreprise à l’échelle locale et nationale. »

Il explique aussi que les sociétés minières canadiennes transmettent des connaissances techniques et des pratiques commerciales ainsi que des principes de durabilité dans ces pays. La Finlande en est un bon exemple, avec des sociétés comme Agnico Eagle Mines Limited, une importante société canadienne d’exploitation aurifère. Agnico Eagle mène des activités dans divers milieux, comptant notamment des mines à proximité de centres urbains ainsi que dans des endroits éloignés et écologiquement sensibles, bien que les défis liés à une exploitation responsable dans les deux contextes restent les mêmes.

Vers le développement minier durable : qu’est‑ce que c’est?

L’initiative Vers le développement minier durable (VDMD) représente l’engagement de l’Association minière du Canada à l’égard d’une exploitation minière responsable. Il s’agit d’un ensemble d’outils et d’indicateurs qui visent à la fois à stimuler le rendement et à garantir que les principaux risques liés aux activités minières sont gérés de façon responsable dans les installations des entreprises membres. En adoptant les principes de l’initiative VDMD, les membres s’imposent comme des chefs de file à l’égard des éléments suivants :

Créé en 2004, ce programme a pour principal objectif de permettre aux entreprises minières de répondre aux besoins de la société en minéraux, métaux et produits énergétiques de manière responsable sur le plan social, économique et environnemental.

Voici les principales forces de l’initiative VDMD :

Responsabilité : La participation à l’initiative VDMD est obligatoire pour tous les membres de l’Association minière du Canada. Des évaluations sont menées dans les installations où les activités minières ont lieu – le programme VDMD est le seul au monde à procéder de cette façon dans le secteur. Les collectivités locales ont donc un véritable aperçu de la façon dont une mine à proximité est exploitée.

Transparence : Les membres s’engagent à respecter les principes directeurs de l’initiative VDMD. Ils rendent compte chaque année de leur rendement à l’égard des 23 indicateurs du programme par l’intermédiaire des rapports sur les progrès du développement minier durable, publiés par l’Association minière du Canada. Les résultats de chaque installation sont rendus publics. Des vérifications externes sont également menées tous les trois ans dans toutes les installations.

Crédibilité : L’initiative VDMD comprend un processus de consultation régulière auprès d’un groupe consultatif des communautés d’intérêts, d’envergure nationale. Ce groupe constitué de multiples intervenants a pour mandat de favoriser le dialogue entre les membres de l’Association minière du Canada et les communautés d’intérêts, d’améliorer le rendement de l’industrie et de façonner le programme pour assurer des progrès continus.

Source : Association minière du Canada

« Nous sommes convaincus que c’est le niveau d’excellence que devraient viser les sociétés minières », affirme Michel Julien, vice‑président à l’environnement chez Agnico Eagle. Cette société, dont le siège social est situé à Toronto, compte huit mines au Canada, en Finlande et au Mexique et mène des activités d’exploration et de développement dans ces pays, ainsi qu’aux États‑Unis et en Suède. Elle emploie plus de 10 000 personnes et a produit 1,7 million d’onces d’or au total en 2017.

M. Julien, qui siège au conseil d’administration de l’Association minière du Canada et au comité de gouvernance de l’initiative VDMD, affirme que l’entreprise suit volontairement les normes et les lignes directrices de l’initiative VDMD à sa mine Kittila, située dans la région lapone du nord de la Finlande, à 150 kilomètres au nord du cercle arctique. La mine Kittila, qui est entrée en production commerciale en 2009, est le plus grand producteur d’or primaire en Europe et représente les plus grandes réserves minérales de la société, soit plus de 4 millions d’onces.

L’adhésion d’Agnico Eagle à l’initiative VDMD, que l’entreprise a appliquée dans ses activités en Finlande, a suscité l’intérêt des autorités finlandaises et sa volonté de l’adopter, affirme M. Julien. Selon lui, une partie de l’équation consiste à maintenir des communications ouvertes et à obtenir « l’acceptabilité sociale » au sein des communautés où sont situées les mines d’Agnico Eagle. Le fait que du personnel local dirige et réalise les projets de l’entreprise favorise un « sentiment d’appartenance » et l’intégration de l’entreprise dans la communauté, explique‑t‑il. « Nous pensons que c’est le seul moyen pour que tout finisse par bien fonctionner. »

L’initiative VDMD est un point de référence et « est rapidement en train de s’imposer comme un moyen de promouvoir les pratiques exemplaires dans l’ensemble de l’industrie à l’échelle mondiale, et le Canada en fait partie intégrante, explique M. Julien. En fin de compte, cela profite à notre industrie. »

M. Julien croit que le SDC a une incidence positive sur la promotion du leadership canadien dans ce domaine, et il souligne les initiatives qu’Agnico Eagle a entreprises en Finlande et au Nunavut par l’entremise de l’initiative VDMD. « C’est une question de divulgation, d’ouverture et d’amélioration continue », ajoute‑t‑il.

Eero Yrjö-Koskinen, secrétaire général du réseau finlandais pour l’exploitation minière durable, affirme que la plupart des sociétés minières actives en Finlande ont commencé à appliquer la nouvelle norme de durabilité du pays, qui est largement fondée sur la l’initiative VDMD canadienne.

Selon lui, l’un des avantages de l’initiative VDMD est sa souplesse, puisqu’il est possible de l’adapter au contexte national. Son organisation a ainsi élaboré deux protocoles additionnels, portant sur la gestion de l’eau et la fermeture des exploitations minières, et elle a adapté les critères de chaque protocole VDMD au contexte finlandais.

Seppo Vihersaari, délégué commercial en poste à Helsinki et responsable de plusieurs secteurs en Finlande, dont l’exploitation minière, affirme que le pays dispose d’une législation environnementale rigoureuse, mais que l’initiative VDMD « a procuré un outil et des indicateurs pour accroître le rendement et garantir que les principaux risques miniers sont gérés de façon responsable ». Il fait remarquer que le processus d’élaboration a réuni pour la première fois toutes les parties touchées par l’industrie minière, y compris les propriétaires fonciers, l’industrie forestière, les éleveurs de rennes, les ONG environnementales, les résidents locaux et les municipalités.

Le SDC et l’ambassade du Canada à Helsinki ont participé activement à la mise en œuvre de l’initiative VDMD en Finlande : ils ont d’abord organisé un séminaire pour permettre à l’Association minière du Canada de présenter son programme à un vaste auditoire finlandais, puis ils ont tenu une conférence sur les meilleures pratiques environnementales en matière d’exploitation minière et ont organisé une « mission d’exploitation minière verte » en Finlande et en Suède. M. Vihersaari continue de suivre de près la mise en œuvre et l’amélioration du processus VDMD en Finlande.

M. Miranda fait remarquer que les sociétés minières canadiennes « sont des entreprises phares dans de nombreux pays du monde », étant donné que les métaux et les minéraux représentent près de 19 % de la valeur des exportations canadiennes et sont à l’origine de plus de 630 000 emplois directs et indirects au Canada.

L’exploitation minière canadienne en chiffres

Les sociétés minières canadiennes doivent être concurrentielles à l’échelle mondiale; en effet, selon M. Miranda, les actifs miniers du Canada à l’étranger se chiffraient à 169 milliards de dollars en 2017. « Elles doivent être aussi transparentes que possible et productives et elles doivent faire partie de l’économie où elles exercent leurs activités », explique‑t‑il.

À son avis, l’initiative VDMD continuera de prendre de l’ampleur et d’être adoptée par un plus grand nombre de pays. « Une transparence accrue serait très bien pour tout le monde dans ces pays, ainsi que pour les entreprises canadiennes qui y sont présentes », ajoute M. Miranda.

M. Chalmers affirme que la promotion de l’initiative VDMD a contribué à la réputation internationale du Canada au sein de l’industrie.

« Nous sommes enclins à nous considérer comme un chef de file mondial dans le secteur de l’exploitation minière, de sorte que nous devons donner l’exemple non seulement par nos procédés miniers, mais aussi par nos pratiques d’exploitation responsable, dit‑il. Nous sommes prêts à mettre librement à la disposition de tous notre savoir‑faire concernant les aspects environnementaux et sociaux de l’exploitation minière. »

Les fabricants qui utilisent des métaux et des minéraux souhaitent de plus en plus s’assurer qu’ils s’approvisionnent de façon responsable, fait‑il remarquer.

À l’avenir, l’Association minière du Canada continuera de travailler avec les pays souhaitant adopter la norme, ajoute M. Chalmers. En outre, à mesure que l’initiative VDMD prend de l’ampleur et est adoptée par un plus grand nombre de pays, l’idée de mettre sur pied une organisation internationale pour l’administrer et la soutenir recueille un intérêt croissant.

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