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Le point sur le commerce après 20 ans : un examen de la diversification du commerce

Le rapport Le point sur le commerce, la publication phare d’Affaires mondiales Canada sur la performance commerciale et économique annuelle du Canada, a franchi une étape importante cette année avec la publication de son édition du 20e anniversaire le 29 août 2019. Le rapport comprend aussi un résumé des récents travaux sur la diversification du commerce. Voici un résumé des points saillants du rapport Le point sur le commerce de cette année.

Performance économique

La croissance réelle de l’économie mondiale a commencé à s’essouffler au fil de 2018. La décélération a été généralisée, même dans des pays comme la Chine et l’Inde. Parallèlement, la croissance des volumes du commerce mondial de marchandises s’est ralentie sur les marchés développés et émergents. En termes nominaux, la valeur du commerce mondial de marchandises a augmenté de 10 % en 2018, soit un léger ralentissement par rapport à la hausse de 11 % enregistrée l’année précédente. Toutefois, les importations mondiales annuelles de marchandises ont encore augmenté plus rapidement qu’entre 2012 et 2016, et les importations mondiales de services commerciaux ont augmenté de 7,4 % en 2018, soit plus d’un point de pourcentage de plus qu’en 2017.

Comme dans la plupart des autres grandes économies, la croissance du Canada a ralenti pour s’établir à 1,9 % en 2018, contre 3 % en 2017. Le ralentissement de la croissance de la consommation des ménages, alourdie par leur endettement, a été un facteur important. Le marché du travail canadien a continué d’enregistrer un resserrement, le taux de chômage annuel (5,8 %) ayant atteint les niveaux les plus bas depuis au moins 1976, alors que l’inflation s’établissait à 2,3 % en 2018, son plus haut niveau depuis 2011.

Sur le plan commercial, les exportations canadiennes de biens et de services ont augmenté de 6,2 % en 2018, alors que les importations ont augmenté de 5,4 %. La valeur totale du commerce de biens et de services a atteint un niveau record de 1,5 billion de dollars. Les exportations de biens ont joué un rôle important dans cette augmentation, avec une croissance de 6,5 % en 2018. L’énergie, les biens de consommation et les produits forestiers, de construction et d’emballage en sont les principaux acteurs. Par destination, les exportations de biens vers les États‑Unis ont augmenté de 5,4 %, tandis que les exportations vers des destinations autres que les États‑Unis ont augmenté encore plus rapidement, soit de 9,8 %. Les exportations canadiennes de services ont augmenté pour la neuvième année consécutive, en hausse de 5,8 %.

Les importations de biens au Canada ont augmenté à un rythme légèrement plus lent que les exportations (5,8 % en 2018), avec des hausses dans tous les secteurs, notamment les minerais métalliques et minéraux, les produits énergétiques, les aéronefs et autre matériel de transport. À l’échelle régionale, les importations de biens en provenance des États‑Unis ont augmenté de 5,4 %, alors que celles de sources non américaines ont augmenté de 6,5 %. Au cours de la même période, les importations de services ont augmenté de 4,2 %. Le Canada a continué d’enregistrer un déficit commercial dans le secteur des services dans toutes les grandes régions et avec la plupart de ses principaux partenaires commerciaux; près de la moitié de ce déficit était attribuable aux États‑Unis.

Le total des entrées d’IDE au Canada en 2018 a augmenté de 70 % pour s’établir à 55 milliards de dollars, tandis que la plupart des autres économies avancées ont enregistré une baisse. Toutefois, les investissements directs canadiens à l’étranger (c.‑à‑d. les sorties d’IDE du Canada) ont chuté de 38 % pour s’établir à 64 milliards de dollars. Dans l’ensemble, l’IDE a généré des sorties nettes de fonds de l’économie pour la cinquième année consécutive.

Diversification du commerce

Le rapport Le point sur le commerce de cette année dresse aussi le bilan des recherches menées par le Bureau de l’économiste en chef sur la diversification du commerce, tant sur le plan classique que sous l’angle de la diversité parmi les entreprises exportatrices.

En ce qui concerne la diversification géographique (p. ex., destinations des exportations), le Canada a la possibilité de diversifier davantage ses exportations, car celles-ci sont actuellement réputées comme étant concentrées. Les données montrent que les exportations du Canada se classent parmi les plus concentrées (quatrième rang sur 113 pays), surtout en raison de la part importante des exportations vers les États‑Unis. Bien que les États‑Unis aient été et continuent d’être notre plus important partenaire commercial, il est avantageux pour le Canada d’élargir ses partenariats mondiaux et de saisir des occasions à l’étranger.

Les accords de libre‑échange (ALE) sont une façon pour le gouvernement d’aider et d’encourager les exportateurs canadiens à se diversifier dans de nouveaux marchés, car ils ouvrent des débouchés en réduisant les barrières commerciales comme les droits de douane, les contingents et les obstacles non tarifaires. Les analyses montrent que les exportations canadiennes augmentent après l’entrée en vigueur des ALE, surtout pour les produits bénéficiant de baisses tarifaires plus importantes. Bien que le Canada ait déjà une longue liste de 51 partenaires de libre‑échange une fois que tous les accords seront pleinement mis en œuvre, la signature de nouveaux accords et l’élargissement des ALE existants pourraient aider à diversifier davantage le commerce canadien, surtout dans les marchés émergents à croissance plus rapide. Les résultats préliminaires de la recherche montrent qu’une augmentation d’un point de pourcentage du taux de croissance d’un marché d’importation fait augmenter le niveau des exportations canadiennes de 0,11 %, avec un gain additionnel de 0,16 % si le Canada est déjà actif sur ce marché avant la croissance. On peut donc en déduire que le fait de cibler des marchés émergents à croissance rapide devrait permettre d’atteindre l’objectif de diversification du Canada en 2025.

Cependant, il n’est peut‑être pas réaliste d’encourager les entreprises canadiennes à exporter d’abord vers des marchés émergents. En effet, les résultats de la recherche indiquent qu’un grand nombre d’exportateurs canadiens ne vendent que sur un seul marché, la plupart exportant aux États‑Unis. Environ un exportateur sur cinq se tourne ensuite vers de nouveaux marchés. Par conséquent, encourager les entreprises à explorer des marchés étrangers pourrait les obliger à tester d’abord le marché américain, plus proche et plus familier. D’ailleurs, environ seize villes américaines devraient se classer parmi les 40 premières villes du monde pour les occasions d’affaires canadiennes d’ici 2030.

Encourager l’utilisation de certaines technologies pourrait faire progresser le programme de diversification, ce qui pourrait être particulièrement important pour les petites et moyennes entreprises (PME). Bien qu’elles représentent 99,8 % des entreprises d’employeurs et 89 % de tous les emplois du secteur privé, seulement 12 % des PME exportent des biens et des services à l’extérieur du Canada. Bien que les méthodes traditionnelles subsistent, les façons dont les entreprises peuvent vendre leurs biens et leurs services évoluent avec Internet et les technologies numériques. Les technologies numériques facilitent les transactions et réduisent les coûts, par exemple en optimisant la planification des itinéraires, en réduisant le temps de stockage et en améliorant les réseaux de distribution. De telles améliorations réduisent l’obstacle de la distance pour les exportateurs. De plus, Internet est un moyen assez facile et peu coûteux de percer les marchés internationaux.

Enfin, la diversification du commerce peut être accrue en encourageant les groupes cibles à s’engager dans l’exportation. Les entreprises exportatrices appartenant à des femmes en sont une dimension. Les recherches révèlent que la proportion de PME exportatrices appartenant à des femmes au Canada a doublé, passant de 7,4 % de toutes les PME exportatrices en 2011 à 15 % en 2017. De plus, dans les PME appartenant à des femmes au Canada, la part des entreprises qui exportent est passée de 8,4 % en 2014 à 11 % en 2017. Une autre dimension de la propriété explorée est celle des exportateurs autochtones. Les résultats d’une enquête menée auprès d’entrepreneurs autochtones montrent qu’en 2014, la proportion de PME autochtones exportatrices était deux fois plus élevée que celle des PME non autochtones exportatrices du Canada : 24 % contre 12 %, respectivement. Il existe donc une diversité au sein de la communauté des exportateurs, et cette diversité s’accroît lentement. De plus, cette diversification de la propriété des exportateurs canadiens est importante pour s’assurer que les gains tirés du commerce sont répartis entre tous les Canadiens dans l’ensemble du Canada.

Pour de plus amples renseignements, consultez le site Web du rapport Le point sur le commerce 2019.

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