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La réflexion à grande échelle d’une femme d'affaires l’a aidée à bâtir un empire du papier artisanal

Quand Heidi Reimer‑Epp a lancé sa petite entreprise, elle ne comptait pas s’arrêter là. Deux décennies plus tard, son entreprise de Winnipeg, Botanical PaperWorks, continue de prendre de l’essor en vendant son papier semences écologique dans une quarantaine de pays à travers le monde.

Heidi Reimer‑Epp
Heidi Reimer‑Epp, PDG et co‑fondatrice de Botanical PaperWorks Inc.

Mme Reimer‑Epp a entrepris Botanical PaperWorks en 1997 avec sa mère, Mary Reimer, une enseignante du primaire qui était consternée de voir une grande quantité de papier jetée par ses élèves. Elle leur a appris à le broyer dans un mélangeur avec de l’eau pour fabriquer des feuilles de papier faites à la main, qu’ils ont assemblées pour en faire des livres souvenirs renfermant les poèmes et les récits qu’ils avaient composés dans son cours d'arts du langage.

Titulaire d’un baccalauréat spécialisé en marketing et travaillant dans le service des ventes d’une entreprise de biotechnologie, Heidi Reimer‑Epp s’est dit qu’il y aurait peut‑être des clients pour le joli papier de sa mère. Les deux femmes ont eu une « vision entrepreneuriale » lorsqu’elles ont assemblé les feuilles en cartes de vœux et fait le tour des boutiques locales pour leur montrer leurs créations. « Chacune d’entre elles a passé une commande », se souvient Mme Reimer‑Epp. « Nous savions qu’il y avait quelque chose de sérieux et prometteur qui se préparait. »

Elles ont recueilli les déchets post‑consommation des écoles et des entreprises locales pour les recycler en produits de papeterie fabriqués à la main. L’entreprise a démarré dans le sous‑sol de la maison familiale, mais « je ne souhaitais pas que Botanical PaperWorks reste une microentreprise », avoue Mme Reimer‑Epp. « Au cours des premières années, c’était ma mère et quelques amis qui fabriquaient le papier, tandis que je participais à l’assemblage des produits et que je m’occupais également de la comptabilité, du service à la clientèle, de la commercialisation et du nettoyage des salles de bains. Nous donnions également des cours et écrivions des livres sur la fabrication du papier et la reliure. »

Les commandes de papier en ligne affluaient en provenance des États‑Unis, où Internet était plus avancé qu’au Canada. Compte tenu de son expérience du développement des exportations pour l’entreprise de biotechnologie, l’exploration des marchés internationaux « était une chose naturelle pour moi », affirme Mme Reimer‑Epp. « Nous avons été des exportatrices depuis notre démarrage. »

Elles ont ajouté des pétales, des feuilles et des herbes pour fabriquer du papier pour le marché des mariages, puis sont « tombées » sur le concept d’incorporer des semences afin que le papier lui‑même puisse être planté plus tard dans le sol pour produire des fleurs et des fines herbes. « C’était bien avant que le monde ne s’intéresse aux produits écologiques et durables », explique Mme Reimer‑Epp, notant que les processus de production de l’entreprise devaient continuellement évoluer pour suivre le rythme.

Aujourd’hui, Botanical PaperWorks emploie 40 personnes et dispose d’une usine de fabrication de 11 000 pieds carrés. Une grande partie du papier semences sert à la fabrication d’articles promotionnels tels que des signets, des cartes de vœux et des étiquettes vendus aux marques les plus respectées du monde, ainsi qu’à la confection des emballages écologiques, des invitations et des cadeaux de faveur de mariage, des annonces de naissance et des produits commémoratifs. Plus de 70 % des ventes se font à l’international, en particulier aux États‑Unis, en Europe, au Royaume‑Uni et en Australie.

« L’entrepreneuriat consiste à créer ses propres débouchés », commente Mme Reimer‑Epp, PDG et co‑fondatrice de l’entreprise, qui estime que la plus grande limite à laquelle les femmes d’affaires sont confrontées est qu’elles « assument des rôles moins importants que ce dont elles sont capables », ce qui explique pourquoi de nombreuses entreprises appartenant à des femmes ne parviennent jamais à exporter.

Selon elle, les entrepreneures qui ont une famille choisissent souvent de « maintenir leur entreprise de petite taille pendant qu’elles balancent entre leur entreprise et leur maison. », pensant qu’elles doivent « attendre que les choses soient plus faciles à la maison », ce qui est regrettable. « C’est tout un défi et ça prend de l’audace pour décider de faire croître une entreprise florissante », affirme Mme Reimer‑Epp, mère de deux enfants, en notant que des programmes tels que le Service des délégués commerciaux du Canada (SDC) sont là pour aider.

« Le SDC nous a accompagnées depuis le tout début », dit Mme Reimer‑Epp.

« La possibilité de faire appel à des délégués commerciaux est extrêmement utile. Ils ont accès à des renseignements que nous n’avons pas », explique‑t‑elle. « Dans le monde des affaires, il est important d’avoir des gens qui vous soutiennent. Les délégués commerciaux nous encouragent en tant qu’exportatrices. Ils nous comprennent vraiment. »

Elle dit aux femmes entrepreneures de « ne jamais se sous‑estimer et de se donner la permission de penser à l’échelle mondiale. Il y a tellement d’avantages à avoir une entreprise plus grande » grâce à l’exportation, souligne‑t‑elle. « Vous apportez une valeur ajoutée à votre pays, vous créez des emplois et vous vous donnez un travail qui ne cesse de s’étendre et de se développer. »

Elle conseille aux femmes de « s’ouvrir aux débouchés internationaux... Il y a tellement de marchés au‑delà de l’Amérique du Nord ». Il est important « d’être ouvertes à se demander quelle est la place de votre produit dans le monde » et de « vous entourer d’experts pour accélérer votre apprentissage », y compris des délégués commerciaux, des représentants d’autres organismes gouvernementaux et des entrepreneurs prospères « qui vous ont précédé et qui peuvent réduire le nombre d’essais et d’erreurs que vous devez subir ».

Le Centre d’entreprise des femmes de Winnipeg a aidé son entreprise à obtenir un soutien financier par l’intermédiaire du Fonds pour les femmes en entrepreneuriat et lui a fourni une formation sur divers aspects de la croissance d’entreprise. Botanical PaperWorks a participé au Programme d’accélération du commerce de 2018 par l’intermédiaire du Centre d’affaires international de Winnipeg. Elle a également obtenu du financement du programme CanExport PME du SDC afin d’étendre ses efforts de marketing en Allemagne et au Royaume‑Uni, notamment en participant à d’importantes conférences et foires commerciales dans ces pays.

Le soutien de CanExport « m’a permis de tenter ma chance » et cela se traduit par la croissance et le développement de l'entreprise, dit‑elle. « C’est un investissement du gouvernement canadien qui fonctionne. »

En plus des fonds qu’elle a reçus de CanExport et du Fonds pour les femmes en entrepreneuriat, Mme Reimer‑Epp souligne que les exigences de ces programmes en matière de présentation de demandes et de rapports sont également utiles.

« La préparation de la demande nous a permis d’acquérir une vision d’ensemble et de penser de manière proactive, dit-elle. C’est une très bonne discipline à s’imposer de comprendre pourquoi vous postulez et d’avoir une idée très claire en quoi le projet et quels résultats vous espérez obtenir. »

Heidi Reimer‑Epp indique que l’entreprise a lancé un nouveau plan d’exportation pour accroître ses ventes mondiales, car, bien que Botanical PaperWorks soit présente dans de nombreux pays, « nous ne sommes pas allées aussi loin que nous le pouvions. Il y a un grand potentiel inexploité... Pour aller plus loin, il faut mettre en place des services et des activités de promotion et vouloir obtenir une plus grande part du  marché. »

Les délégués commerciaux du bureau régional du Manitoba et du monde entier ont commenté ses plans. Le soutien du SDC contribue également à la stratégie de diversification et d’intensification de l’entreprise, dit‑elle, en atténuant le risque d’accès à des marchés géographiques, des segments de clientèle et des circuits de vente.

« Le SDC a été utile pour faire de la recherche, trouver des pistes de vente et déterminer les salons professionnels qui sont pertinents pour notre entreprise, commente‑t‑elle. Lorsque vous souhaitez vous installer dans un nouveau marché, il vous met en contact avec des personnes qui y vivent et y travaillent et qui peuvent vous aider à vous orienter dans la culture des affaires. »

Mme Reimer‑Epp prévoit certifier officiellement Botanical PaperWorks comme entreprise appartenant à des femmes afin de tirer profit des politiques de diversité des fournisseurs qui soutiennent les entreprises appartenant à des groupes sous-représentés dans de nombreuses entreprises aux États‑Unis et dans le monde.

Les accords commerciaux tels que l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne sont « incroyablement importants » pour aider son entreprise à être concurrentielle à l’étranger, dit‑elle. L’un des principaux objectifs est maintenant de continuer à pénétrer les marchés européens.

« Nous sommes en mission », affirme Heidi Reimer‑Epp, qui croit en l’amélioration continue. « Vous ne voulez pas rester les bras croisés... Quand vous voyez des possibilités, allez‑y à fond. »

Stratégie de soutien aux femmes entrepreneures

Le soutien du gouvernement du Canada aux femmes entrepreneures donne un coup de main aux entreprises exportatrices détenues par des femmes, grâce aux engagements pris par l’initiative Femmes d’affaires en commerce international (FACI) et Exportation et développement Canada (EDC).

Dans le budget de 2018, le gouvernement a annoncé sa première Stratégie pour les femmes en entrepreneuriat (SFE), une approche pangouvernementale dotée d’un investissement de plus de 2 milliards de dollars qui vise à améliorer l’accès des entreprises détenues et dirigées par des femmes au financement, aux talents, aux réseaux et à l’expertise. La SFE cherche à promouvoir le renforcement du pouvoir économique des femmes et leur participation à l’économie, éléments essentiels à la compétitivité et à la prospérité futures du Canada.

Les principales initiatives de la SFE liées aux exportations sont les suivantes :

Le gouvernement s’est aussi engagé à verser 10 millions de dollars supplémentaires sur 5 ans pour soutenir les améliorations de l’initiative FACI du Service des délégués commerciaux (SDC), afin d’aider les femmes d’affaires canadiennes à accéder aux marchés mondiaux.

Depuis 1997, l’initiative FACI met tout en œuvre pour aider les femmes entrepreneures à être plus présentes et plus actives dans le domaine des exportations.

Grâce à FACI, le SDC vise à :

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