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L’énergie éolienne en mer aux États‑Unis : un secteur prometteur pour les entreprises canadiennes de technologies océaniques

Aux États‑Unis, le marché de l’énergie éolienne en mer connaît une vive croissance, et des plans visant à créer une série de parcs éoliens au large de la côte Atlantique pourraient générer d’importants débouchés pour les entreprises canadiennes de technologies océaniques désireuses de participer à la chaîne d’approvisionnement.

Éoliennes sur l'océan

On estime que le développement du secteur éolien en mer aux États‑Unis pourrait engendrer des projets d’une valeur totale de 70 milliards de dollars américains d’ici 2030, et permettre à des entreprises canadiennes d’obtenir de nombreux contrats dans des domaines aussi variés que les levés géophysiques et géotechniques, la surveillance des mammifères marins, la conception de navires de service et l’élaboration de programmes de formation.

« Le secteur éolien en mer offrira de nombreux débouchés aux entreprises du domaine des technologies de la mer », affirme Erin Donahue, déléguée commerciale à Boston et spécialiste du secteur des technologies océaniques. Elle ajoute que le Service des délégués commerciaux du Canada (SDC) se prépare à aider les entreprises canadiennes qui voudront profiter de ces occasions dans des domaines allant de la science et la recherche marines aux technologies de surveillance à distance.

« Il ne s’agit pas de projets chimériques ni de possibilités à venir; des demandes de propositions sont réellement publiées et des contrats sont signés à l’heure actuelle, souligne‑t‑elle. Les entreprises doivent s’imposer dès maintenant si elles veulent faire partie de la chaîne d’approvisionnement. »

Le département de l’Énergie des États‑Unis estime que le secteur éolien en mer pourrait générer plus de 2 000 gigawatts d’électricité, soit près du double de la consommation actuelle du pays, précise Mme Donahue. Même si seulement 1 % de ce potentiel était exploité, cela permettrait d’alimenter environ 6,5 millions de foyers.

Mme Donahue considère que le nord‑est des États‑Unis, en raison de sa population dense et des forts vents qui soufflent au large de ses côtes, profitera directement de l’énergie générée par les parcs éoliens en mer. Les États qui composent cette région considèrent également le développement des infrastructures extracôtières comme une occasion de revitaliser les ports et les communautés côtières qui sont en déclin en raison des ralentissements qu’a connus l’industrie de la pêche commerciale.

Le Rhode Island et le Massachusetts ont été les premiers à tenter de développer le secteur éolien en mer, mais leurs efforts ont été entravés par une décennie de retards dans la réglementation et d’opposition de la part des résidents, des groupes environnementaux et des communautés de pêcheurs. Ces obstacles ont disparu en 2016 lorsque l’île côtière Block Island, au large du Rhode Island, a construit le premier parc éolien extracôtier du pays pour la production commerciale d’énergie. Depuis, l’industrie a rapidement progressé, mentionne Mme Donahue, de sorte qu’aujourd’hui, 15 projets de grande envergure, répartis du Massachusetts à la Virginie ont obtenu des concessions de la part du Bureau of Ocean Energy Management et sont maintenant à l’étape de la planification avant construction.

Mme Donahue mentionne que les turbines seront vraisemblablement installées par de grands fabricants européens spécialisés en énergie éolienne extracôtière, mais que « ce sont tous les produits et services connexes qui généreront les retombées économiques les plus importantes ».

Ces travaux, ajoute‑t‑elle, comportent notamment la conception de navires pour le transport des équipages vers les sites extracôtiers. « Le Canada a beaucoup d’expérience en matière de construction navale et de technologies connexes. »

Mme Donahue indique qu’une entreprise canadienne de la Colombie‑Britannique, Open Ocean Robotics, figure parmi les trois entreprises en démarrage qui ont récemment été sélectionnées pour participer à l’initiative Offshore Wind Challenge menée par Greentown Labs, un incubateur d’entreprises des technologies climatiques, et Vineyard Wind, une installation d’énergie éolienne en mer en cours de développement au large du Massachusetts. Les trois entreprises, qui ont été sélectionnées parmi une soixantaine de participants du monde entier, se concentreront sur l’innovation en matière de détection et de surveillance des mammifères marins pour favoriser le développement responsable de l’industrie éolienne en mer.

Elisa Obermann, directrice générale de Marine Renewables Canada, une association nationale installée à Halifax qui représente les industries de l’énergie de la houle, de l’énergie éolienne en mer, de l’énergie marémotrice et de l’énergie générée par les courants fluviaux, affirme que les entreprises canadiennes spécialistes des domaines maritimes et extracôtiers veulent de plus en plus tirer parti des débouchés liés à la production d’énergie éolienne en mer comme ceux qui voient le jour aux États‑Unis.

Comme le dit Mme Obermann, « l’industrie canadienne possède des compétences acquises au fil de décennies de participation à des secteurs connexes comme l’exploitation pétrolière et gazière en mer, les opérations de défense extracôtières et les opérations maritimes ». Cette industrie a également un savoir‑faire dans le plus vaste domaine des technologies océaniques, qui englobe les entreprises spécialisées en sciences et technologies océaniques, les concepteurs d’appareils et de génératrices, les promoteurs de projets de production énergétique, les entreprises de services publics, les experts‑conseils en ingénierie et en environnement, les constructeurs et les fabricants, les organismes de certification, les assureurs, les constructeurs de navires, les entreprises de transport, les installations et les services portuaires, ainsi que le milieu scientifique.

« Il s’agit d’une occasion importante, pour les entreprises chevronnées des chaînes d’approvisionnement du Canada, d’exporter des innovations, des technologies et des connaissances techniques vers le marché mondial », ajoute Mme Obermann. « Le secteur de l’énergie éolienne en mer répond à deux aspirations de notre pays : diversifier les échanges commerciaux avec le monde et devenir un fournisseur de solutions novatrices dans les domaines des technologies propres, de l’énergie renouvelable et de la lutte contre les changements climatiques. »

En ce qui concerne les obstacles qui peuvent se poser aux entreprises canadiennes souhaitant faire des affaires dans ce secteur, Mme Donahue mentionne notamment le fait que les États veulent que les promoteurs des projets travaillent avec des entreprises locales pour que l’exploitation de leurs ressources éoliennes extracôtières génère des retombées localement. « Il est donc très utile d’avoir un partenaire sur place ou d’ouvrir un bureau dans la région. »

Elle ajoute que le SDC communique avec des promoteurs des projets et concentre ses efforts sur les débouchés liés aux chaînes d’approvisionnement, ce qui nécessite entre autres d’établir des contacts avec les organismes d’État et les universités locales qui participeront à la conception des parcs éoliens.

Elle termine en disant que malgré la pandémie de COVID‑19, le Bureau of Ocean Energy Management continue de délivrer des permis et s’emploie à mettre la dernière main aux modalités et aux approbations relatives aux projets. On s’attend à ce que la construction du premier d’entre eux, celui de Vineyard Wind, débute d’ici la fin de l’année prochaine.

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