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Pleins feux sur le terrain : Le SDC à Mexico

Le marché du Mexique — pays jouissant de la 2e économie d’Amérique latine, de ressources naturelles abondantes, d’un secteur manufacturier de classe mondiale et d’une certaine proximité avec le Canada — offre de nombreux avantages et possibilités aux entreprises canadiennes.

Sans oublier l’économie remarquablement ouverte du Mexique — qui est signataire de 14 accords de libre‑échange avec une cinquantaine de pays —, sa classe de consommateurs en plein essor ou ses liens de longue date avec le Canada. Ajoutons à cela l’aide de l’équipe du Service des délégués commerciaux (SDC) du Canada à Mexico et « et on obtient une combinaison imbattable », affirme Mark Richardson, délégué commercial principal dans cette capitale densément peuplée et située à haute altitude.

M. Richardson est chargé de diriger le programme du SDC dans l’ensemble du Mexique, avec un réseau qui comprend des bureaux à Mexico, Guadalajara et Monterrey. Il attribue le succès du SDC à Mexico à son équipe assidue qui aide les entreprises à atteindre leur vitesse de croisière.

Le Canada et le Mexique entretiennent des liens étroits depuis plus de 75 ans, précise M. Richardson. « Il y a une affinité naturelle entre les Mexicains et les Canadiens, qui partagent un voisin commun, les États‑Unis. » Nos relations ont « véritablement décollé » après la signature de l’Accord de libre‑échange nord‑américain (ALENA) en 1994, souligne‑t‑il. En plus de vingt‑cinq ans d’existence de l’ALENA, le commerce total de marchandises entre le Canada et le Mexique a été multiplié par 8, pour atteindre 44 milliards de dollars en 2019.

L’accord suivant, l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique (ACEUM), alias « le nouvel ALENA », qui est entré en vigueur le 1er juillet 2020, a maintenu les avantages tarifaires déjà présents et en a apporté d’autres, notamment par l’ajout de chapitres sur le commerce numérique et la protection de la propriété intellectuelle. Le Mexique est partie à d’autres accords de libre‑échange, dont l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP). M. Richardson signale que les exportateurs canadiens peuvent choisir l’accord qui leur offre le traitement le plus favorable et la meilleure protection.

Mark Richardson
Mark Richardson, délégué commercial principal à Mexico
Photo : Sarah‑Lee Richardson

L’équipe du SDC à Mexico travaille avec des entreprises canadiennes de toutes tailles, précise M. Richardson, et elle fait un effort particulier pour concevoir des initiatives qui aident les petites et moyennes entreprises (PME). Il s’agit notamment d’entreprises dirigées par des personnes issues de groupes historiquement sous‑représentés dans le commerce international, comme les entreprises appartenant à des femmes ou à des Autochtones.

L’ACEUM est également utile à cet égard, car il contient un chapitre sur les PME, dit‑il. « C’est un accord plus inclusif, et les 3 pays travaillent fort pour que les groupes sous‑représentés puissent trouver des possibilités de croissance pour leurs entreprises. »

Priorités et proximité

Le Mexique, qui compte près de 130 millions d’habitants, est considéré comme la 15e économie mondiale, note M. Richardson. « Du fait de la grande taille du marché mexicain, les capacités du Canada dans l’ensemble de son économie correspondent bien aux besoins du Mexique. »

Avec des échanges de marchandises d’une valeur de 41,5 milliards de dollars en 2021, le Mexique est le 3e partenaire commercial bilatéral du Canada, derrière les États‑Unis et la Chine. En 2020, la valeur totale des investissements directs du Canada au Mexique était de 28,8 milliards de dollars, soit une hausse de 7,3 % par rapport à 2019.

M. Richardson note que les secteurs prioritaires au Mexique sont l’automobile, l’aérospatiale, les technologies de l’information et des communications (TIC), le pétrole et le gaz, l’exploitation minière, les technologies propres, les industries créatives, les sciences de la vie, l’agriculture et l’agroalimentaire, ainsi que les infrastructures et l’éducation.

Il est difficile de trouver mieux que le Mexique pour ce qui est de la proximité avec le Canada, note M. Richardson, « et dans le monde d’aujourd’hui où les chaînes d’approvisionnement sont perturbées par la pandémie de COVID‑19, cela devient encore plus important ». Ces perturbations entraînent une certaine délocalisation vers des pays plus proches – des entreprises déplaçant leur production de l’Asie vers le Mexique. Et il précise que les fabricants canadiens sont déjà présents au Mexique, notamment dans les secteurs de l’automobile et de la fabrication de pointe.

Geneviève Dionne
Geneviève Dionne, déléguée commerciale à Mexico, chargée de l’agriculture et de l’agroalimentaire.

Un large éventail de possibilités d’exportation

En 2021, le Mexique a été la 5e destination en importance des exportations canadiennes de marchandises, y compris les véhicules et les pièces automobiles, les graines oléagineuses, la viande, la machinerie et l’aluminium.

On a constaté un regain d’intérêt pour le marché agroalimentaire au Mexique, où les tendances en matière de santé et de bien‑être ouvrent la voie à de nouveaux débouchés dans le secteur de la transformation des aliments, explique Geneviève Dionne, déléguée commerciale à Mexico, chargée de l’agriculture et de l’agroalimentaire.

Alors que les exportations agricoles vers le Mexique étaient historiquement des produits de base comme les céréales et les aliments pour animaux, « nous observons un intérêt croissant pour les produits gastronomiques canadiens, les aliments de haute qualité pour animaux de compagnie et les ingrédients alimentaires innovants », explique‑t‑elle.

Il y a une demande croissante au Mexique pour les aliments naturels, les produits de santé et les produits biologiques, note Mme Dionne. Il existe également des débouchés pour les entreprises qui offrent des solutions informatiques au secteur de la transformation des aliments.

Anne-Marie Parent
Anne‑Marie Parent, déléguée commerciale à Mexico, chargée de l’équipe qui s’occupe notamment du secteur des TIC.
Photo : Rubén Lugo

Au dire d’Anne‑Marie Parent, déléguée commerciale à Mexico, chargée de l’équipe qui s’occupe notamment du secteur des TIC, la demande est en hausse pour les technologies et les services qui aident les entreprises à numériser leurs activités.

Le secteur mexicain des TIC, qui compte plus de 4 000 entreprises, a enregistré une croissance de 8 % au 3e trimestre de 2021, indique Mme Parent. Il existe un marché croissant pour les entreprises ayant des connaissances dans les télécommunications, l’industrie manufacturière de haute technologie et les services technologiques.

« Les besoins pressants que connaît le Mexique en matière de transformation numérique ont créé des possibilités pour les fournisseurs canadiens offrant un large éventail de technologies numériques – depuis les plateformes d’apprentissage en ligne jusqu’aux solutions d’entreprise et de connectivité basées sur l’infonuagique », explique Mme Parent. Les analystes prévoient que les dépenses en TIC des entreprises mexicaines augmenteront de 5,5 % en 2022. Les sous‑secteurs prometteurs pour les exportateurs canadiens sont le commerce électronique, les technologies financières et l’industrie 4.0, ainsi que les solutions en nuage et d’entreprise.

Fred Caldwell, délégué commercial à Mexico, chargé des secteurs des technologies propres, de l’énergie et des sciences de la vie, fait remarquer que l’adoption et la mise en œuvre de technologies propres dans les secteurs de l’exploitation minière, du pétrole et du gaz, des infrastructures et de la fabrication suscitent de l’intérêt. Il précise qu’il existe également une demande de solutions d’efficacité énergétique pour les utilisateurs finaux dans l’industrie.

Fred Caldwell
Fred Caldwell, délégué commercial à Mexico, chargé des secteurs des technologies propres, de l’énergie et des sciences de la vie.
Photo : Johann Quiroga

« Même si les exportateurs canadiens sont confrontés à des obstacles réglementaires considérables, le Canada est bien placé pour saisir les occasions dans le secteur privé mexicain », explique M. Caldwell. Il souligne que les développeurs canadiens de technologies propres ont prouvé leur capacité sur le plan de l’innovation pratique et axée sur les résultats dans des domaines, comme l’eau et les eaux usées ou encore l’exploitation minière écologique. « Les entreprises canadiennes sont considérées comme étant des choix de grande qualité, tant comme fournisseurs que comme partenaires. »

Selon M. Richardson, en ce qui concerne l’éducation, malgré les difficultés posées par la pandémie, « nous constatons une demande forte et résurgente pour les études au Canada », que ce soit dans des établissements secondaires ou pour des formations linguistiques.

Dans le secteur de la fabrication de pièces automobiles, bien que la production n’ait pas encore retrouvé son niveau d’avant la pandémie, les règles d’origine strictes imposées par l’ACEUM offrent des possibilités aux exportateurs canadiens, dit‑il, en particulier à la soixantaine de fournisseurs canadiens qui ont des usines dans le pays. « Il existe notamment une possibilité pour les plus petites entreprises canadiennes de s’intégrer dans la chaîne d’approvisionnement automobile. »

Un écosystème de jeunes pousses en plein essor

L’écosystème mexicain des jeunes entreprises et du capital‑risque est en plein essor. Dans le cadre d’un programme de développement international des affaires qu’il offre dans une douzaine de pôles technologiques dans le monde, le SDC a mis en place un accélérateur technologique canadien (ATC) qui a entamé ses activités à Mexico en 2019.

Luis González
Luis González, délégué commercial responsable du programme des ATC à Mexico.

Luis González, délégué commercial responsable du programme des ATC à Mexico, explique que son objectif est de « donner aux jeunes pousses et PME canadiennes à fort potentiel la possibilité de comprendre le marché mexicain et son écosystème technologique et d’innovation, de les explorer et d’y accéder. »

Un groupe de 8 à 12 entreprises participe à l’ATC pendant une durée moyenne de 3 mois, indique‑t‑il. À ce jour, tous les programmes ont été virtuels, du fait des restrictions de voyage liées à la pandémie. Le programme propose des leçons de préparation au marché et des réunions interentreprises avec des partenaires, des clients et des distributeurs potentiels, ainsi que des séances de mentorat avec des chefs de file et des experts de l’industrie.

Selon M. González, l’équipe du SDC de Mexico a fait bénéficier du programme 3 groupes d’entreprises, dont 2 qui concentrent leurs activités dans le domaine des villes intelligentes et un dans celui des technologies agricoles. Un 4e ATC destiné aux entreprises de santé numérique dirigées par des femmes se déroule actuellement.

Vous avez des difficultés? Le SDC est là pour vous.

Mark Richardson affirme que, malgré la pandémie de COVID‑19, l’intérêt pour le marché mexicain est « resté dynamique ». Les Mexicains préfèrent sans doute les réunions en présentiel, mais « nous avons assisté à une formidable innovation dans les plateformes de réunion en ligne qui facilitent l’exploitation du numérique. »

Au fil de la pandémie, le bureau du SDC et les délégués commerciaux eux‑mêmes ont adopté les salons et missions en virtuel, dit‑il. « Nous avons été agréablement surpris par le taux de participation positif des entreprises canadiennes intéressées par le marché. » Étant donné le succès de ce modèle virtuel, « nous voulons être en mesure de maintenir une certaine programmation virtuelle ou hybride à l’avenir, afin que davantage d’entreprises canadiennes puissent tâter le terrain ici au Mexique. »

M. Richardson a une mise en garde pour les entreprises canadiennes qui font des affaires au Mexique : elles peuvent se heurter à des problèmes de sécurité et à des obstacles liés à la corruption. « Nous demandons aux entreprises de se préparer à ces difficultés dans certaines parties du pays et dans certains secteurs, indique‑t‑il. Nous les encourageons à faire appel à un courtier local ou à s’engager dans une coentreprise lorsque cela est possible. »

Le SDC entretient des liens étroits avec le gouvernement mexicain et les associations sectorielles pour favoriser le respect des obligations commerciales du Mexique, souligne M. Richardson. « Nous travaillons fort pour garantir à nos entreprises un contexte opérationnel prévisible. »

Le dépannage est un service essentiel du SDC, ajoute‑t‑il. « Il est important que nos exportateurs sachent que nous les soutenons et que nous travaillons avec eux pour trouver des moyens de résoudre les problèmes qu’ils peuvent rencontrer. »

Coup d’œil sur les possibilités à venir

Que réserve l’avenir aux entreprises canadiennes qui font des affaires au Mexique? Selon M. Richardson, bien que les entreprises canadiennes aient réussi à pénétrer le marché, il existe des possibilités pour se tailler une part de marché beaucoup plus importante, principalement dans les secteurs en amont et les secteurs intermédiaires.

Par exemple, dans le secteur des infrastructures, les entreprises devraient faire porter leurs efforts sur la mobilité et le transport intelligents, les bâtiments intelligents et les infrastructures écologiques, la production et le transport d’électricité, le traitement de l’eau et des eaux usées, les systèmes énergétiques intelligents et les installations de santé et d’éducation.

M. Richardson conseille en général d’adopter le Mexique et « d’être prêt à prendre le temps de connaître ses habitants », plutôt que d’attendre des réponses immédiates ou des gains rapides.

« Les Mexicains aiment connaître leurs partenaires commerciaux, ajoute‑t‑il. Une fois que nos exportateurs canadiens auront de l’expérience sur le marché — et grâce aux connaissances de nos délégués commerciaux —, ils pourront aussi mieux distinguer un oui qui indique un véritable intérêt de la part d’une entreprise mexicaine d’un oui de politesse. »

Vous voulez exporter ou faire des affaires au Mexique? Communiquez avec l’équipe du SDC à Mexico pour en savoir davantage.

Le soutien du SDC à Mexico

Les membres de l’équipe du Service des délégués commerciaux (SDC) du Canada à Mexico travaillent avec leurs collègues au sein du réseau pour aider les entreprises canadiennes à réussir dans l’exportation. En voici quelques exemples :

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