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Un programme qui aide les jeunes entreprises technologiques dirigées par des Noirs à se lancer sur le marché dynamique de Los Angeles

Pour de nombreux entrepreneurs, il peut être difficile de se lancer dans l’exportation d’un produit ou d’un service. Pour les membres des minorités visibles, il peut être encore plus ardu d’explorer les marchés étrangers compte tenu des obstacles systémiques, de l’accès limité au financement et de l’absence de programmes d’aide adaptés à leur culture.

Un accélérateur unique à Los Angeles a commencé à offrir des services de façon intensive à des entreprises canadiennes en démarrage axées sur la technologie et dirigées par des entrepreneurs noirs qui sont en quête de croissance, de capital et d’occasions d’affaires en Californie du Sud et ailleurs.

Mis sur pied par le SDC à Los Angeles, le programme pilote SoCal Black Tech Express aide actuellement 5 entreprises de ce genre à explorer des possibilités auprès de partenaires, d’investisseurs et de clients de premier plan dans ce marché. Grâce à des séances virtuelles réparties sur plus de 12 semaines, les participants apprennent tout ce qu’ils doivent savoir, depuis le repérage de clients et la gestion de la clientèle jusqu’aux moyens de réussir dans les écosystèmes du capital de risque, des services juridiques, du marketing, des ventes et des communications à Los Angeles.

« Cela peut être très différent du Canada », affirme Mourad Ratbi, délégué commercial basé à Los Angeles et responsable des sciences, de la technologie et de l’innovation pour le SDC en Californie du Sud, en Arizona et au Nevada. « Il s’agit du territoire le plus riche au monde lorsqu’il s’agit de trouver des investisseurs en capital de risque et des sociétés d’investissement en capital, mais c’est également assez compliqué », dit‑il.

Il souligne que ce programme concurrentiel offre des services de mentorat et de consultation adaptés aux besoins de chaque entreprise. Les participants doivent être des entreprises canadiennes inscrites offrant des produits ou des services pertinents pour l’écosystème local de la Californie du Sud. Ces entreprises doivent également générer des revenus ou avoir obtenu du financement institutionnel, et compter au moins une personne noire parmi leurs fondateurs ou leurs cadres. Les entreprises de la cohorte actuelle ont été recrutées en collaboration avec les bureaux régionaux du SDC de partout au Canada, et avec des chambres de commerce noires et d’autres partenaires.

Les séances virtuelles comprennent des discussions et des ateliers animés par des experts et des mentors locaux, des activités de jumelage et des présentations à des acteurs clés de sociétés de capital de risque. Le programme se terminera par une journée de démonstration à la fin du mois de mars, pendant laquelle les entrepreneurs pourront mettre en pratique leurs apprentissages et présenter à de potentiels partenaires stratégiques américains ce que leur entreprise a d’unique à offrir.

Stacyann Russell
Stacyann Russell, fondatrice et PDG de The Daraja Collective

Tout au long du programme, des rencontres individuelles hebdomadaires auront lieu avec M. Ratbi et Stacyann Russell, stratège en innovation et démarrage d’entreprise, embauchée par le SDC pour soutenir le programme. Mme Russell est la fondatrice et PDG de The Daraja Collective, une entreprise de Los Angeles qui offre des services aux entrepreneurs, aux entreprises en démarrage et aux organismes œuvrant auprès des communautés mal desservies. Elle rappelle que le programme SoCal Black Tech Express a été créé à la suite d’une étude de marché qui a montré la nécessité d’améliorer l’accès à des programmes de soutien pour les gens de couleur qui fondent des entreprises.

« Nous devons réfléchir un peu plus en profondeur à ce que cela signifie de prendre part à l’écosystème entrepreneurial » affirme Mme Russell, qui aide à concevoir et à animer les séances et qui agit à titre de mentore pour les participants. Ceux-ci apprennent entre autres ce que signifie le fait d’être une personne issue de la diversité et de faire affaire aux États‑Unis ou encore comment s’y prendre pour savoir qui sont les différents acteurs de l’écosystème.

« Il s’agit de façonner l’avenir au sein de collectivités qui n’ont peut‑être pas eu accès à ces services par le passé », explique Mme Russell, qui se dit impressionnée par les participants au programme SoCal Black Tech Express. « Ces 5 jeunes entreprises me renversent littéralement. Elles sont ambitieuses, elles sont enthousiastes et elles sont à la hauteur. J’aime les voir grandir. Elles progressent à pas de géant. »

Par exemple, Dacia Rohlehr, PDG de Paws En Route, une entreprise offrant des services complets de transport d’animaux de compagnie par l’intermédiaire d’une application, affirme que ce programme l’aide à accélérer ses projets d’expansion aux États‑Unis en lui apportant des réponses à des questions vraiment cruciales.

Dacia Rohlehr
Dacia Rohlehr, PDG de Paws En Route


Dog
Chien en harnais
Photo : Paws En Route

Ayant constaté un besoin pour ce service le jour où elle a été incapable de faire transporter son chien malade d’une clinique vétérinaire d’urgence à une autre, Mme Rohlehr a fondé son entreprise en 2017 à Toronto et a commencé à exercer ses activités en 2019. Paws En Route utilise une technologie de pointe permettant à ses clients de réserver des déplacements pour leurs animaux, qu’il s’agisse de chiens, de chats, de lapins, d’oiseaux et même de rats, de cochons nains ou de geckos.

Grâce à son expérience en financement des sociétés et à titre de copropriétaire d’une société d’experts‑conseils en gestion de boutiques, Mme Rohlehr a lancé l’entreprise avec ses propres fonds et a amassé du capital. Paws En Route offre actuellement ses services au Québec, en Ontario, en Alberta et en Colombie‑Britannique. Mme Rohlehr a adopté une stratégie énergique en vue d’étendre ses activités dans 10 villes au Canada et dans 50 métropoles aux États‑Unis, et elle espère que son entreprise sera opérationnelle au sud de la frontière d’ici 4 mois. Elle a également enregistré la marque de commerce de son entreprise au Royaume‑Uni, car elle envisage de s’attaquer ensuite à ce marché.

Selon elle, trouver du financement est le plus grand obstacle pour les entreprises appartenant à des personnes noires et à des femmes. « Le capital disponible est minime », déplore‑t‑elle.

Le programme SoCal Black Tech Express a permis à Mme Rohlehr de voir grand. « Vous ne pouvez pas prendre ce que vous savez au Canada et simplement l’appliquer aux États‑Unis », indique‑t‑elle. Dans le cadre de ce programme, Paws En Route et d’autres entreprises ont été mises en contact avec Brand LA, un organisme à but non lucratif qui fournit du soutien et du mentorat dans des domaines comme le marketing, la planification stratégique, les communications et la mobilisation.

Mme Rohlehr affirme que le SDC lui a offert une aide inestimable, notamment grâce à son vaste réseau de relations et à la crédibilité qui en découle. « Les contacts établis et l’appui du gouvernement du Canada libèrent votre entreprise d’un stress et d’un fardeau, car vous avez maintenant une équipe vers laquelle vous pouvez vous tourner », précise Mme Rohlehr, qui a établi un contact important avec un grand détaillant de produits pour animaux de compagnie.

M. Ratbi souligne que l’entreprise de Mme Rohlehr connaît déjà une croissance exceptionnelle, et il rappelle que le marché de Los Angeles est hautement concurrentiel et dynamique. « Il existe ici une culture en pleine évolution pour ce qui est d’obtenir du capital institutionnel, d’établir des relations avec des entreprises et de conclure des ententes. »

Les séances tenues dans le cadre du programme réunissent divers spécialistes, notamment issus de cette culture dynamique d’investisseurs, ainsi que des représentants d’entreprises américaines « qui connaissent la recette secrète ainsi que les choses à faire et à ne pas faire pour devenir un acteur important dans cet écosystème », précise‑t‑il.

Patrick Courcelles, délégué commercial responsable des technologies propres à Los Angeles, a contribué à la mise en place du programme pilote SoCal Black Tech Express. Il indique qu’il est prévu d’organiser un autre programme de ce genre l’année prochaine. L’objectif ultime du SDC est d’élargir ce modèle pour mettre l’accent sur d’autres groupes d’entrepreneurs qui sont traditionnellement sous‑représentés dans le commerce international, y compris les femmes, les peuples autochtones, les personnes d’origine hispanique, les personnes LGBTQ2+ et les jeunes. « Le marché de Los Angeles est idéal à cet égard », explique‑t‑il.

M. Ratbi espère que de tels programmes permettront de faire passer les participants au prochain stade de leur maturité et pourront les mener vers une croissance importante. « L’idée est d’ouvrir la porte à des investissements accrus, tout en aidant les participants à promouvoir leurs meilleurs atouts ainsi que leurs offres et à conquérir un tout nouveau marché, le meilleur qui soit », affirme‑t‑il. « S’ils réussissent ici, ils peuvent réussir n’importe où ailleurs dans le monde. »

Il note que de plus en plus d’efforts sont concentrés sur la diversité, l’équité et l’inclusion au sein des sociétés de capital de risque et des sociétés d’investissement en capital ainsi que des bureaux de gestion de patrimoine, ce qui peut aider les entreprises à prendre de l’expansion à l’échelle internationale.

« Il y a des signes très encourageants », dit‑il, et il souligne que le réseau du SDC est prêt à apporter son aide. « Nous sommes là pour soutenir les exportateurs, nous sommes là pour fournir des contacts qualifiés, et nous sommes là pour répondre à leurs besoins sur les marchés internationaux. »

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