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Pleins feux sur le terrain : le SDC à São Paulo

L’économie brésilienne est l’une des plus grandes économies du monde, et le Canada entretient des relations commerciales avec ce marché dynamique depuis plus de 120 ans. Les entreprises canadiennes qui cherchent à exporter des biens et des services aussi bien dans les secteurs de l’agroalimentaire et des infrastructures que de l’intelligence artificielle et des technologies propres trouveront au Brésil de nombreuses occasions d’affaires. Le meilleur point de départ est le Service des délégués commerciaux du Canada (SDC) à São Paulo ainsi que son réseau de bureaux installés dans tout le pays.

« Le Brésil est la puissance économique incontestée de l’Amérique du Sud », déclare Elise Racicot, déléguée commerciale principale du Canada à São Paulo. Elle dirige une équipe du SDC répartie dans six bureaux commerciaux (à São Paulo, Rio de Janeiro, Belo Horizonte, Porto Alegre, Recife et Brasilia), qui travaille en collaboration avec des collègues d’Exportation et développement Canada (EDC) et ceux d’autres organismes et programmes « pour garantir aux entreprises canadiennes les meilleurs résultats possible ».

Selon Elise Racicot, le Canada a beaucoup de points en commun avec le Brésil, « ce sont deux pays démocratiques grands comme des continents, qui ont une population riche et diversifiée issue de l’immigration et qui possèdent d’importantes ressources naturelles stratégiques ». Les deux pays entretiennent des relations diplomatiques depuis plus de 80 ans, mais leurs échanges commerciaux remontent encore plus loin dans le temps. Le géant canadien Brookfield Asset Management Inc. y a commencé ses activités en 1899 avec la création de la São Paulo Tramway, Light and Power Company, qui a construit et géré les infrastructures d’électricité et de transport du pays. Brookfield demeure un important investisseur canadien au Brésil et possède des actifs dans de nombreux secteurs, dont l’énergie renouvelable et l’eau.

São Paulo, le centre financier du pays, est une ville dynamique de 22 millions d’habitants, ce qui en fait le quatrième centre métropolitain du monde. La ville conserve tout de même son côté vert et luxuriant, comme le précise Elise Racicot. « C’est un endroit qui regorge de possibilités, où les gens convergent pour profiter de tout ce que la ville a à offrir : occasions d’affaires et d’investissements, riche scène culturelle et haut lieu de la gastronomie et du commerce de détail. »

Un marché dynamique pour les entreprises canadiennes de toutes tailles

Elise Racicot
Elise Racicot, déléguée commerciale principale à São Paulo

Le marché brésilien est dynamique et il est soutenu par une population relativement jeune de 213 millions d’habitants, et par une importante classe moyenne. Le Brésil est riche en ressources agricoles, minières, forestières, pétrolières et gazières, entre autres, mais il possède également des industries de pointe comme l’aérospatiale, l’automobile, l’énergie et les infrastructures.

Le Brésil dame le pion aux autres pays d’Amérique latine en matière de recherche et développement, dispose d’un écosystème d’innovation en pleine expansion et d’une solide réserve de capital de risque. Il compte d’importants investissements provenant de multinationales du monde entier, ce qui lui procure de précieux atouts sur le plan des chaînes de valeur.

Les relations du Canada avec le Brésil en matière de commerce et d’investissement ont connu une croissance constante dans les dernières années, ce qui est « à la fois impressionnant et révélateur d’une relation étroite », indique Elise Racicot.

Le Brésil est le plus grand partenaire commercial du Canada en Amérique du Sud. Des marchandises d’une valeur de 2,3 milliards de dollars y ont été exportées en 2021, soit une augmentation de 5,4 % par rapport à 2020. Les échanges bilatéraux se sont élevés à 8,9 milliards de dollars en 2021, en hausse de 12,3 % par rapport à 2020. Les investissements canadiens au Brésil s’élèvent à 11,1 milliards de dollars, tandis que les investissements directs du Brésil au Canada dépassent les 15 milliards de dollars, ce qui le classe au 14e rang des pays qui investissent au Canada. Le Brésil est par ailleurs l’un des cinq pays avec lesquels le Canada a conclu un accord en science, technologie et innovation.

Les entreprises canadiennes qui font des affaires au Brésil sont, entre autres, de grands investisseurs de portefeuille et des fonds de pension, des sociétés d’agroalimentaire et d’extraction, des entreprises de premier plan dans divers secteurs manufacturiers, dont l’aérospatiale et l’automobile, et de plus en plus de PME, surtout dans le domaine des technologies et des services.

Les exportations canadiennes vers le Brésil sont dominées par les minerais métalliques et les produits minéraux non métalliques, mais elles comprennent également des produits et services aérospatiaux à haute valeur ajoutée. Selon Elise Racicot, ces exportations ont connu une augmentation constante au cours des quatre dernières années, grâce à l’expansion du secteur agricole brésilien, qui représente plus du quart du PIB du pays, ainsi qu’à l’essor de l’industrie aérospatiale et à la modernisation des infrastructures du pays. Elle souligne que les statistiques commerciales n’illustrent pas toujours fidèlement les relations économiques du Canada avec le Brésil pour diverses raisons, notamment le fait que de nombreuses entreprises canadiennes choisissent d’investir localement pour réussir à pénétrer le marché.

Des débouchés dans le domaine de l’énergie

Laura Netto
Laura Netto, déléguée commerciale à Rio de Janeiro

Laura Netto, déléguée commerciale à Rio de Janeiro, responsable du secteur de l’énergie au Brésil, indique que le SDC s’est efforcé de mieux faire connaître les possibilités qu’offre le Brésil et de positionner le Canada comme chef de file dans le développement de technologies avancées dans le secteur de l’électricité au Brésil.

« Le Brésil et le Canada ont d’importants points en commun — comme l’utilisation de l’hydroélectricité et des lignes de transmission à longue distance — et doivent, à certains égards, relever les mêmes défis. Par conséquent, les deux pays pourraient grandement améliorer leurs relations commerciales », affirme Laura Netto. Elle note toutefois que les fournisseurs canadiens « préfèrent souvent le marché des États‑Unis, qui est plus facile, malgré les grandes possibilités qu’offre le marché brésilien. »

Elle conseille aux entreprises canadiennes d’exprimer leur intérêt pour le marché brésilien. Trouver un bon représentant local est une stratégie initiale utile, selon Laura Netto, qui souligne que l’anglais n’est pas très répandu au Brésil, même parmi les cadres supérieurs des entreprises. « En plus de faciliter la communication, le fait d’avoir un point de contact local signale aux acheteurs brésiliens que le fournisseur international est digne de confiance et engagé. »

Le suivi est essentiel, ajoute Laura Netto, d’autant plus que les services publics brésiliens sont habitués aux fournisseurs américains et européens, « qui ont pour la plupart une présence locale et qui sont souvent très compétitifs dans leurs efforts de mise en marché. »

Une puissance dans la chaîne de valeur de l’aérospatiale

Alex Krell
Alex Krell, délégué commercial à São Paulo

Alex Krell, délégué commercial à São Paulo qui s’occupe des secteurs de l’aérospatiale, de la défense et de la sécurité, affirme que les produits et services aérospatiaux, notamment les aéronefs, les moteurs et les trains d’atterrissage, figurent en tête des exportations directes et indirectes du Canada vers le Brésil.

Il affirme que la chaîne de valeur des aéronefs a une incidence positive à long terme sur les emplois hautement qualifiés et de haute technologie au Canada. Cela comprend de nouveaux créneaux tels que les drones, les véhicules de mobilité urbaine et les technologies spatiales, comme les satellites et les véhicules de lancement.

Il recommande aux entreprises qui cherchent à faire des affaires au Brésil d’opter pour un engagement stratégique à long terme sur le marché et de rechercher des partenariats ciblés grâce auxquels elles pourront ajouter une valeur locale à leurs produits et services. Elles doivent également instaurer un climat de confiance en misant sur des relations honnêtes, amicales et personnelles avec des contacts clés, et faire appel au SDC pour obtenir des conseils et un soutien en ce qui concerne tous ces aspects stratégiques.

« Il faut aller au‑delà de l’approche classique de l’achat et de la vente », conseille Alex Krell. « Soyez ouvert aux partenariats stratégiques de R et D et commerciaux avec les acteurs locaux de la chaîne de valeur. Soyez dynamique sur le plan commercial, soyez novateur et audacieux, mais n’oubliez pas de cultiver des relations personnelles qui instaurent la confiance. »

Elise Racicot convient que « le Brésil, comme de nombreuses économies émergentes, est un marché où les relations sont importantes » et que les entreprises qui adoptent une vision à long terme obtiennent de meilleurs résultats. « Il s’agit d’une économie complexe qui présente de nombreux défis, mais pour une entreprise qui souhaite vraiment conquérir cet énorme marché, il y a là des débouchés. » Outre le SDC, d'autres aides sont disponibles sur le terrain par l’entremise d’EDC, du bureau commercial du Québec, des chambres de commerce bilatérales et de fournisseurs de services qualifiés tels que des avocats et des comptables.

Le soutien du SDC à São Paulo

L’équipe du Service des délégués commerciaux (SDC) du Canada à São Paulo et partout au Brésil travaille avec l’ensemble du réseau du SDC pour aider à la réussite des exportateurs canadiens. En voici quelques exemples :

« Les entreprises qui ont une présence locale, ou à tout le moins un partenaire local sont en bien meilleure position pour réussir », dit-elle, ce qui s’applique même aux PME. « Nous constatons qu’un nombre croissant de PME, surtout dans les secteurs de la technologie et des services, commencent à avoir une présence locale, profitent des talents disponibles et développent rapidement leur écosystème d’innovation. »

Défis, perspectives et aide offerte par le SDC

Le Brésil est un pays compétitif, souligne Elise Racicot, et on le présente souvent comme un marché « qui n’est pas fait pour des amateurs » puisqu’il pose des défis tant aux entreprises locales qu’internationales. Le pays ne se classe pas très bien quant à la facilité d’y faire des affaires, prévient‑elle, malgré les réformes et les travaux en cours pour adhérer à l’OCDE. Les exportateurs étrangers sont obligés de satisfaire aux politiques de contenu local et de faire face au régime fiscal et juridique complexe du Brésil, ainsi qu’à une logistique coûteuse. « La corruption, les questions environnementales et sociales, ainsi que la réponse du gouvernement à la COVID‑19 continuent de jeter une ombre sur le Brésil, dit‑elle. Cela a incité le secteur privé à s’engager en faveur d’une plus grande transparence, d’une réduction de l’empreinte carbone et d’une plus grande conformité. »

Les délégués commerciaux sont heureux de fournir leurs conseils et leurs services ainsi que des contacts clés, l’accès à des mentors sur le marché local, à des acheteurs, à des investisseurs et à des partenaires locaux, à des conseils spécialisés et à des renseignements qui permettent de surmonter les difficultés. Selon Elise Racicot, les programmes de financement du SDC comme CanExport jouent également un rôle important dans un pays comme le Brésil, en aidant les entreprises à obtenir une aide spécialisée de la part d’avocats, de comptables, de traducteurs et autres, « ce qui peut faire une énorme différence pour la réussite commerciale. »

La pandémie de COVID‑19 a entravé les contacts et les relations, étant donné la difficulté de se rendre sur place, dit‑elle. Cependant, les vols directs quotidiens entre le Canada et le Brésil ont repris, et l’horizon s’éclaircit.

La pandémie a durement frappé l’économie brésilienne. La Confédération nationale des industries (CNI) prévoit que le pays devra se contenter d’une croissance de seulement 1,2 % en 2022. Bien que cette croissance paraisse faible, Elise Racicot rappelle qu’au cours de la dernière décennie, le PIB du pays a augmenté en moyenne de 0,4 % par an.

Elle met en garde contre le fait qu’en octobre, des élections générales se tiendront au Brésil et que les résultats pourraient avoir une incidence sur la mise en œuvre de réformes fiscales et administratives qui s’imposent depuis longtemps. « Les entreprises devront tenir compte de ces retards dans leur planification à long terme. »

En ce qui concerne les perspectives économiques, la CNI prévoit une augmentation de 38 % des importations brésiliennes au cours de l’année à venir, ce qui offre des possibilités aux exportateurs canadiens, indique Elise Racicot. Les premiers secteurs à se redresser devraient être le commerce de détail, les biens de consommation et les services, l’agriculture, l’agroalimentaire et les solutions numériques. Le commerce électronique devrait également être favorable aux PME canadiennes.

Malgré certaines incertitudes politiques et économiques, le Brésil connaît la plus grande vague d’entrepreneuriat de son histoire, assure‑t‑elle, alimentée par une croissance record du capital de risque. « On s’attend à ce que la numérisation et la croissance des entreprises en démarrage continuent de s’accélérer en 2022. »

Elise Racicot exhorte les entrepreneurs canadiens à se mettre en relation avec le SDC et à utiliser ses services au Brésil. « Notre équipe compte d’excellents délégués commerciaux qui ont des connaissances et des contacts très solides dans des secteurs clés, étant donné notre portée tant géographique que sectorielle », explique‑t‑elle. « Assurez-vous d’en profiter. »

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