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L’Accord de libre‑échange Canada–Chili fête ses 25 ans

Le 6 juin 2022, le président du Chili, Gabriel Boric, a effectué sa première visite officielle à Ottawa. En choisissant d’aller au Canada pour l’un de ses premiers voyages à l’étranger depuis son entrée en fonction, le président Boric a illustré les liens solides qui unissent les deux pays depuis l’établissement de leurs relations diplomatiques il y a plus de 80 ans. Cette visite a eu lieu quatre semaines avant le 25e anniversaire de l’Accord de libre‑échange Canada–Chili (ALECC).

L’ALECC, qui est entré en vigueur le 5 juillet 1997, constitue un accord historique pour les deux pays. Il s’agit du premier accord de libre‑échange (ALE) du Canada avec un pays d’Amérique centrale ou du Sud. Pour le Chili, l’ALECC est le premier accord global du genre conclu avec un grand pays industrialisé. Aujourd’hui, cet accord représente la pierre angulaire de la relation étroite et croissante entre le Canada et le Chili en matière de commerce et d’investissement.

Depuis son entrée en vigueur, l’ALECC a profité aux deux pays et s’est traduit par des occasions d’affaires tant pour les entreprises canadiennes que chiliennes. Le commerce bilatéral de marchandises entre le Canada et le Chili a quadruplé depuis l’entrée en vigueur de l’ALECC pour atteindre 3,0 milliards de dollars en 2021. Cette année-là, les exportations canadiennes de marchandises à destination du Chili ont atteint 1,2 milliard de dollars comparativement à 392 millions de dollars au moment de l’entrée en vigueur de l’accord en 1997.

CanadExport s’est récemment entretenu avec Carlos Rojas‑Arbulú, délégué commercial principal du Canada au Chili, au sujet des retombées qu’a engendrées l’ALECC et des possibilités offertes aux entreprises canadiennes sur le marché chilien. Selon lui, « le lien de confiance que nos pays respectifs tissent entre eux a été un avantage fondamental tout au long de ces 25 premières années et constitue la pierre d’assise des 25 prochaines années. Cette confiance s’est accompagnée d’une mise en lumière et d’une précieuse expérience », qui ont été essentielles pour cibler des débouchés et en tirer parti.

Carlos Rojas-Arbulú
Carlos Rojas‑Arbulú, délégué commercial principal au Chili

L’équipe du Service des délégués commerciaux du Canada (SDC) qu’il dirige dans la capitale chilienne prend au sérieux son rôle consistant à promouvoir les avantages de l’ALECC et à aider les entreprises canadiennes à faire des affaires et à trouver des partenaires au Chili. « Chaque jour, notre équipe de professionnels dévoués sert les entreprises canadiennes à la recherche de possibilités d’expansion sur les marchés internationaux. Aussi bien aux nouveaux exportateurs qu’aux exportateurs chevronnés, le SDC fournit des renseignements sur le marché et des conseils avisés sur la meilleure façon d’aborder le marché chilien, précise M. Rojas‑Arbulú. Il s’agit notamment de fournir des renseignements fiables sur un secteur, de donner accès à un réseau de partenaires, de distributeurs ou d’acheteurs potentiels et de bien faire comprendre les avantages que l’ALECC peut offrir au client. »

Si l’ALECC a suscité une croissance du commerce bilatéral, notamment des exportations canadiennes, M. Rojas‑Arbulú note que l’accord a aussi contribué à promouvoir une présence beaucoup plus importante des investissements canadiens au Chili. « L’ALECC a clairement favorisé une hausse substantielle des investissements canadiens au Chili », précise‑t‑il.

En 1997, les investissements directs canadiens au Chili étaient évalués à 3,9 milliards de dollars. À la fin de 2020, la valeur de ces investissements était passée à 22,4 milliards de dollars, plaçant le Chili au premier rang des pays d’Amérique centrale et du Sud en matière d’investissement canadien, et faisant du Canada le deuxième investisseur étranger au Chili et le premier dans le secteur minier. Outre leurs investissements dans l’exploitation minière, les entreprises canadiennes investissent beaucoup dans des secteurs comme les services financiers, les assurances, l’énergie (y compris les énergies renouvelables), les produits chimiques, les infrastructures, l’ingénierie, l’agriculture et l’aquaculture.

« Nous sommes convaincus que nous n’occuperions pas cette position sans la confiance et l’expérience acquises grâce à la croissance soutenue de l’ALECC », souligne M. Rojas‑Arbulú. En effet, selon un nouveau rapport sur les 25 premières années de l’accord, commandé par l’ambassade du Canada au Chili, les investissements canadiens au Chili sont un « héritage impressionnant de l’ALECC ».

Patricio Cañete est un délégué commercial qui a commencé sa carrière au SDC à Santiago il y a 25 ans. Grâce à son ancienneté au bureau du SDC de la capitale chilienne, il a une expérience unique et directe des retombées positives de l’ALECC. Selon M. Cañete, l’entrée en vigueur de l’ALECC était attendue avec beaucoup d’enthousiasme et d’espoir. « Le Chili a réalisé un souhait de longue date en signant l’ALECC. Le fait d’avoir pu conclure un ALE moderne avec un pays du G7 pour la première fois dans l’histoire du Chili a été un succès pour le gouvernement [du président d’alors, Eduardo Frei Ruiz‑Tagle] et sa coalition de l’époque. Ce fut une grande réussite économique et politique », dit‑il.

M. Cañete a aussi observé de profonds changements dans la nature des échanges commerciaux du Canada avec le Chili au cours des 25 premières années de l’ALECC, notamment une diversification de la gamme de produits canadiens exportés. L’essentiel des gains réalisés au chapitre des échanges commerciaux est attribuable aux nouveaux échanges, c’est-à-dire aux produits qui ne faisaient pas l’objet d’échanges avant la signature de l’ALECC et pour lesquels l’accord a abaissé le seuil d’entrée. Ces produits ont contribué à hauteur de 90 % à l’augmentation nette de la valeur des exportations canadiennes au Chili. « Au cours des 25 dernières années, nous avons assisté non seulement à une hausse tangible des exportations et des importations bilatérales, mais aussi à l’élargissement de la gamme de produits », constate M. Cañete. « Les exportations canadiennes vers le Chili se sont diversifiées : alors qu’elles se composaient essentiellement de produits de base (pétrole et blé), elles touchent maintenant davantage de produits à plus forte valeur ajoutée, par exemple les biens d’équipement, la machinerie et les équipements industriels. »

Les exportations de services ont également augmenté. Comme l’indique le nouveau rapport sur l’ALECC, dont nous avons fait mention, les exportations canadiennes de services vers le Chili ont plus que doublé depuis que l’accord est en vigueur, passant de 120 millions de dollars en 1997 à 244 millions en 2020. Compte tenu de l’émergence des nouvelles technologies et de l’accélération de la transformation numérique, les exportations de services sont appelées à augmenter et à constituer une part encore plus importante du commerce entre le Canada et le Chili, et du commerce mondial de façon générale.

L’ALECC lui‑même a aussi évolué au fil des ans. Le Canada et le Chili ont pris de multiples mesures pour l’élargir et le moderniser afin de l’adapter à un contexte social et économique en constante évolution. Selon M. Rojas‑Arbulú, « dans plusieurs cas, il s’agissait d’accélérer l’élimination des droits de douane entre le Canada et le Chili ou de mettre à jour à jour les règles d’origine concernant les produits ainsi que les procédures », ou encore d’ajouter de nouveaux chapitres à l’accord.

Plus récemment, en 2019, l’ALECC a été modernisé pour y inclure un chapitre sur le commerce et le genre, ce qui illustre l’importance pour les deux pays d’appliquer une perspective de genre aux questions économiques et commerciales afin que la croissance économique profite à tous. Pour le Canada, cette mise à jour constitue un précédent : il s’agissait du premier chapitre distinct sur le commerce et le genre dans un ALE canadien, et le premier pour un pays du G20. M. Rojas‑Arbulú précise que depuis l’ajout de ce chapitre, « le Canada et le Chili ont mis en œuvre 15 activités pour faire progresser le commerce et le genre, y compris des ateliers, des vidéoconférences, des formations sur l’analyse comparative entre les sexes Plus et d’autres activités. »

En plus de l’ALECC, le Canada et le Chili sont partenaires de l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP), un accord de libre‑échange entre le Canada et 10 autres pays de l’Asie‑Pacifique : l’Australie, Brunéi, le Chili, le Japon, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle‑Zélande, le Pérou, Singapour et le Vietnam. Cet accord est déjà en vigueur dans huit de ces pays, dont le Canada, mais le Chili n’a pas encore achevé son processus de ratification. Si le Chili ratifie le PTPGP, les deux accords se compléteront, comme le note M. Rojas‑Arbulú. « Ces deux accords prévoient un accès préférentiel au marché et des règles commerciales claires pour les exportateurs canadiens, souligne‑t‑il. Ils pourront choisir d’utiliser le PTPGP ou l’ALECC récemment modernisé, selon ce qui s’avère le plus avantageux pour eux. »

M. Rojas‑Arbulú estime que les relations commerciales du Canada avec le Chili sont promises à un avenir radieux, notamment en raison des relations diplomatiques entre le Canada et le Chili qui durent depuis plus de 80 ans, de l’ALECC qui est déjà en vigueur et dont profitent les entreprises canadiennes ainsi que de la ratification potentielle du PTPGP. « Bien que nos pays se trouvent aux deux extrémités des Amériques, leurs similitudes et leurs affinités sont substantielles, et nous partageons des valeurs et des principes qui nous permettent de bien travailler ensemble, tant sur le plan bilatéral que multilatéral, dit-il. Ce n’est pas par hasard que le Chili a choisi le Canada comme première destination véritablement internationale après l’élection du gouvernement de Gabriel Boric, et ce n’est pas par hasard que nos dirigeants ont eu deux entretiens téléphoniques et se sont rencontrés en personne à Ottawa et à Los Angeles en marge du Sommet des Amériques en juin 2022 ».

Selon M. Rojas‑Arbulú, les entreprises canadiennes peuvent trouver des débouchés pour leurs produits et services dans plusieurs secteurs au Chili, notamment l’aérospatiale et la défense, les technologies propres, l’éducation, la foresterie et les produits du bois, les technologies de l’information et des communications, les infrastructures et l’exploitation minière.

Communiquez avec l’équipe du SDC à Santiago pour plus d’information, et visitez le site Web du SDC pour savoir comment ses programmes et services peuvent contribuer à votre expansion au Chili et ailleurs dans le monde.

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