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Transcription de balado : Des occasions d'affaires en pleine tourmente économique

Je crois qu’il est juste de dire que 2008 n’a pas été la meilleure année en ce qui a trait à l’économie. Et je ne pense pas me tromper en disant que 2009 sera également difficile. Je suis certain que vous avez déjà entendu ce refrain à outrance.

Mais au beau milieu de tous ces malheurs, il y a tout de même une raison d’être positif. Les débouchés commerciaux internationaux dans le secteur de la construction non résidentielle sont à la hausse. Les gouvernements du monde entier ont presque tous annoncé d’importantes mesures de relance budgétaire.

Et qu’est-ce que cela signifie pour les entreprises canadiennes? Que devront-elles faire pour remporter ces marchés?

Ici Michael Mancini, rédacteur en chef de CanadExport, le magazine électronique du Service des délégués commerciaux du Canada. Visitez le site de CanadExport pour vous abonner. C’est facile et gratuit.

De plus, dites-nous ce que vous pensez de nos balados et comment nous pouvons les améliorer. Si vous avez des idées de reportage ou si vous souhaitez poser des questions sur les affaires à l’un des délégués commerciaux de notre vaste réseau mondial, je vous invite à nous écrire (canad.export@international.gc.ca).

Retournons maintenant à la présentation. J’ai parlé récemment avec Peter Hall, vice-président et économiste en chef à Exportation et développement Canada. Nous nous trouvions à l’une des plus grandes foires commerciales du secteur du bâtiment et de la construction nommée, à juste titre, Construct Canada. Voici ce qu’il avait à dire au sujet des débouchés à l’étranger pour les entreprises canadiennes de ce secteur, à l’heure actuelle.

Peter Hall : Bien évidemment, les débouchés se font plus rares depuis un certain temps. L’économie mondiale réagit très rapidement à l’évolution de la situation. Octobre dernier a apporté des changements sans précédent dans l’histoire de nos vies professionnelles. En ce moment, le marché évolue très rapidement.

À l’heure actuelle, je ne vois pas beaucoup de débouchés en matière d’investissements dans le secteur résidentiel international en raison des surplus qui se sont accumulés au cours des cinq dernières années. Ce mois a marqué la fin d’une très longue phase d’expansion de l’économie mondiale et invariablement, quand ça arrive, les surplus s’accumulent. Comme nous venons de terminer un cycle très prolongé de 16 ans, en comparaison avec un cycle normal de 8 ans, les surplus ont été substantiels.

Donc, dans le secteur résidentiel, les surplus ne se sont pas seulement accumulés dans l’économie américaine, mais aussi en Europe, au Japon et partout dans le monde industrialisé. Essentiellement, ils ont été exportés au reste du monde. À mesure que ces surplus étaient exportés, les économies de par le monde ont ressenti les effets de cette accumulation de surplus et ce tant dans les marchés émergents que dans les économies développées,.

On peut maintenant observer un repli dans le secteur des investissements résidentiels à l’échelle mondiale. Quant au secteur non résidentiel, c’est une autre histoire. Les marchés des capitaux sont présentement clairement paralysés, et l’accès aux capitaux est donc un gros problème. Lorsque la demande diminue partout dans le monde, est-ce qu’il y un aussi grand besoin en locaux industriels, un aussi grand besoin en locaux commerciaux? Non. En vérité, les taux de croissance diminueront au fil du temps.

Alors, où se trouvent vraiment les débouchés? Eh bien… Un des principaux effets de rebondissement du fléchissement historique du mois d’octobre réside dans les très généreux programmes d’aide financière qu’ont mis en œuvre tous les gouvernements du monde les uns après les autres. L’infrastructure est l’un des secteurs les plus visés par ces plans de relance. Si le secteur de la construction peut finalement apercevoir la lumière au bout du tunnel dans tous les pays, eh bien, c’est grâce au secteur de l’infrastructure qui reprend le dessus.

Je ne peux donc pas indiquer une économie précise, ni même un domaine en particulier parce que les débouchés dans le secteur de l’infrastructure sont largement répandus.

Michael Mancini : Je comprends, dites moi alors comment les entreprises canadiennes peuvent saisir ces possibilités dans un contexte économique aussi difficile?

Peter Hall : Eh bien, il faut que les entreprises gardent les yeux ouverts, qu’elles se tiennent au courant des programmes d’aide financière annoncés et qu’elles les examinent pour déterminer si les biens et services qu’elles ont à offrir sont visés. Ce sont plusieurs milliards de dollars qui seront consacrés à ces secteurs.

Écoutez, les gouvernements de partout dans le monde sont à la recherche d’entreprises qui sont assez souples, assez vives et dont les produits sont assez bons pour entreprendre rapidement des projets. Il ne faut pas se mentir… Vous savez que lorsqu’on s’embarque dans un projet d’infrastructure, ça peut être terriblement long avant que le projet ne décolle. Les chefs de projets voudront aller chercher les entreprises qui sont disposées et capables de s’embarquer immédiatement. Dans le contexte actuel, avoir les capacités pour répondre à l’appel rapidement est un atout précieux.

Michael Mancini : Comment pensez vous que les entreprises canadiennes se distinguent à cet égard?

Peter Hall : C’est difficile à dire parce que tout est encore récent. Cependant, les données sur le commerce canadien de ces dernières années révèlent une tendance marquée à la diversification. C’est très encourageant puisque ce ne sont pas nos marchés traditionnels qui connaîtront les plus fortes croissances à court terme. Nous nous risquerons dans des arènes où nous ne nous sommes jamais aventurés.

Certains des principaux « points chauds » de la planète continueront d’afficher des taux de croissance et des investissements intérieurs supérieurs à 10 %… La Chine et l’Inde, par exemple… Un autre point chaud à ne pas négliger sont les pays membres du Conseil de coopération du Golfe… Parce que vous savez ces économies n’ont nullement les capacités de satisfaire ne serait-ce qu’une partie de leurs propres besoins d’infrastructure. Nous ne parlons pas, ici, seulement d’un mégaprojet, mais bien d’une multitude de mégaprojets qui sont en train de se réaliser dans cette région. En raison des cours élevés du pétrole de ces dernières années, ces pays ont les capitaux nécessaires pour entreprendre de tels projets.

Michael Mancini : Étant donné l’instabilité du prix du pétrole, nageons nous, à ce stade, dans des eaux inconnues?

Peter Hall : À divers égards, nous nageons dans des eaux inconnues. Si vous voulez, le mois d’octobre a été sans aucun doute rempli de surprises. En matière d’effondrements des valeurs mobilières, il faut remonter à une époque très tumultueuse de notre histoire pour trouver des bouleversements semblables à ceux que nous avons connus en octobre - La plus récente étant octobre 1987, et avant ça, les années 1940, et les années 1930. La situation de la bourse des valeurs mobilières était la même et aussi certainement pour le cours des produits de base. Pour ce qui est du mouvement des devises, les données très alarmantes du mois d’octobre témoignent bien de la nervosité des investisseurs en ce moment.

Quant à la paralysie des marchés financiers, nous n’avions jamais vu cela non plus. Le programme d’aide financière vise à stimuler les marchés. Ça ne c’est jamais fait. Nous vivons une toute nouvelle situation et nous n’avons aucune idée de la façon dont l’économie va réagir à la capitalisation rapide. Alors, comme j ele disais, sur de nombreux fronts, nous sommes en territoire inconnue.

Michael Mancini : Sur le plan stratégique, comment les entreprises canadiennes peuvent elles s’attaquer aux nouvelles difficultés, maintenant que nous sommes en terre inconnue?

Peter Hall : C’est une bonne question. Premièrement, je pense qu’il ne faut surtout pas, pour un instant croire qu’aucun débouché ne se présentera dans cette période difficile. L’économie connaît un creux mais elle se redressera. Même si elle suit maintenant un courant économique descendant, elle présente tout de même des possibilités de croissance. Une de ces principales possibilités de croissance se trouve justement dans la construction non résidentielle et plus particulièrement dans la construction d’infrastructures.

Le secteur du bâtiment et de la construction sera un peu choyé dans les temps à venir. On ne peut en dire autant pour beaucoup d’autres, comme le secteur automobile ou le secteur primaire. Quant au secteur des biens de consommation, ses perspectives ne sont pas reluisantes à court terme. Cependant, étant donné toute l’attention dont bénéficie l’activité de construction, comme moyen de stimuler l’économie dans ce courant descendant, le secteur présente énormément de possibilités.

Michael Mancini : J’aimerais revenir sur ce que vous avez dit plus tôt au sujet des marchés émergents et de la possibilité de réorienter nos efforts. S’il est évident que le marché américain connaît une période difficile, les entreprises canadiennes de ce secteur et d’autres secteurs devraient elles réorienter leurs activités malgré l’importance que revêt le marché américain pour les entreprises canadiennes?

Peter Hall : Écoutez, aucun de nos marchés traditionnels ne connaît une croissance dans le monde en ce moment. La plupart des débouchés se trouvent dans les marchés non traditionnels… Et ce principalement dans les marchés émergents. De plus, les pays développés sont en mauvaise posture, et aucune croissance n’est prévue à l’aube de l’année 2009. Nous n’assisterons pas non plus à une reprise rapide et instantanée comme celle de 2001. Nous allons nous enfoncer assez profondément.

Nous devrons attendre jusqu’au milieu de 2010 pour commencer à voir les marchés traditionnels prendre du mieux. Quant aux marchés émergents, même s’ils seront affectés par la crise, ils afficheront quand même des taux de croissance beaucoup plus élevés que ceux de notre économie et de nos marchés traditionnels.

D’emblée, il me semble que la nécessité d’ajuster les perspectives à cette croissance est de la première évidence. Comme nous sommes de petits acteurs dans ces marchés, nous avons de bonnes chances d’acquérir de nouvelles parts. Si nous réussissons à accroître nos parts de marché, et ce même en dépit des seuils de croissance du PIB, nous serons gagnants.

Michael Mancini : Si vous permettez, j’aimerais que nous parlions davantage des marchés émergents. Comment réagissent ils actuellement à la situation économique et quelles sont leurs forces et faiblesses en ce qui concerne les entreprises canadiennes?

Peter Hall : Voilà une autre très bonne question. Plusieurs croyaient au début d’année que certains marchés allaient échapper à ce ralentissement; que ce ne serait pas un ralentissement économique mondial et que les marchés émergents allaient être en mesure de surmonter les difficultés.

Nous n’avons jamais cru qu’il en serait ainsi. Étant donné l’ampleur de la mondialisation actuelle et l’intégration des chaînes d’approvisionnement partout dans le monde, nous pensions un peu ridicule de croire à une possible dislocation entre différentes économies. L’économie mondiale est très intégrée et les marchés émergents en subissent les effets.

Comme je l’ai déjà mentionné, les surplus ont été exportés partout dans le monde et les marchés émergents n’y ont pas échappé. À l’heure actuelle, ils sont aux prises avec des surplus intérieurs et essaient de les gérer. Ça constitue une faiblesse. Ils se sont habitués à un rythme de croissance très accéléré. Ils se sont donc dotés d’une capacité accrue sans vraiment savoir si elle serait sollicitée car à ce moment-là, étant donnée la croissance qu’ils affichaient, ils devaient simplement s’assurer d’être en mesure de la soutenir.

Lorsque l’économie se met à ralentir, les surplus font surface et il faut remédier à cette situation. On observe alors un changement dans la psychologie des investisseurs. Pour ainsi dire : la cadence ralentit et ça provoque une réaction en chaîne dans le reste de l’économie.

Par ailleurs, nous pouvons tirer une leçon de la façon dont les marchés émergents se sont comportés pendant les années de prospérité. Ce qu’ils ont fait, c’est mettre en banque une grande partie des gains qu’ils ont réalisés au fils des ans. Ils se retrouvent donc avec un surplus de fonds d’immobilisations dont ils peuvent disposer de façon créative pendant les périodes de vaches maigres. C’est fantastique d’avoir un bas de laine en ces temps de crise.
Un autre bon coup des marchés émergents, c’est qu’ils ont réorganisé la façon de gérer leur dette. Nous le savons tous, par le passé, les marchés émergents étaient très vulnérables parce que la majeure partie de leur dette publique était en devises. Ces devises ont souvent été soumises aux caprices des marchés internationaux. Ces économies étaient donc très instables en raison de la façon dont leur dette était structurée.

Ces marchés ont également profité des bonnes années - alors que les liquidités étaient abondantes - pour complètement restructurer leur dette, la transformer en monnaie nationale, en prolonger le délai de remboursement afin de se mettre à l’abri des fluctuations à court terme. Ils ont aussi négocié des taux d’intérêt qui leur sont très, très avantageux.

Pour toutes ces raisons, ils sont beaucoup plus solides maintenant. Ils sont mieux en mesure de soutenir leur croissance dans les périodes très difficiles.

Michael Mancini : Parfait, nous venons de parler un peu d’exportations, mais comment tout cela se répercutera t il sur les investissements canadiens dans les marchés émergents et dans les marchés développés?

Peter Hall : Eh bien… Dans le contexte actuel, les investissements subissent de fortes pressions. L’investissement canadien direct à l’étranger et l’investissement direct de l’étranger au Canada risquent l’un et l’autre d’être soumis à des pressions constantes. Dans le marché financier actuel, l’argent est roi et tout le monde se garde bien de le dépenser. Donc, au moins à court terme, il y aura beaucoup de nervosité, surtout à l’égard des investissements à risque.

Il n’y aura tout simplement pas autant d’argent et de capitaux que ce à quoi nous nous étions habitués dans les cinq dernières années. Nous avons connu des années prospères, où l’argent coulait à flot dans toutes sortes de domaines risqués. C’est pourquoi les primes de risque étaient plus faibles durant cette période. Mais on observe aujourd’hui une grande réserve. Certains parleront d’une réaction exagérée. Ces investissements seront donc encore très risqués, et ce qu’il s’agisse d’investissements dans nos marchés traditionnels ou dans des marchés moins traditionnels, comme les marchés émergents.

Michael Mancini : Dites moi, Peter, si vous n’aviez qu’un seul conseil à donner aux entrepreneurs canadiens, quel serait il?

Peter Hall : Il faut saisir l’occasion. Les possibilités sont là. Les temps sont difficiles, on ne peut pas le nier. Nous devons faire très attention et prendre des décisions judicieuses pour l’avenir.

Mais je crois que ce serait une erreur de se replier sur soi-même, d’attendre que la tempête passe et de ne rien faire pendant les prochains 18 à 24 mois. Les occasions sont bel et bien là, surtout dans ce secteur. Beaucoup de gains peuvent être réalisés. Il suffit de saisir ces occasions, de les cerner et d’en profiter à court terme.

Michael Mancini : Merci beaucoup de nous avoir accordé cet entretien.

Peter Hall : Y’a pas de quoi, Michael.

Eh bien, voilà qui met fin à ce balado de CanadExport.

Consultez le site du Service des délégués commerciaux du Canada. Vous y trouverez un lien vers un rapport qui comprend davantage de renseignements sur ce que font les pays dans ce secteur.

Le rapport comporte également une liste de nos délégués commerciaux partout dans le monde qui peuvent vous aider à établir des liens avec des personnes-ressources compétentes, à recueillir des renseignements sur les marchés et à régler des problèmes.

Maintenant, avant que vous ne retourniez travailler, je veux simplement vous informer que mon prochain balado mettra en vedette Max Valiquette, président et PDG de Youthography, une agence de communication en recherche et marketing qui se consacre exclusivement aux jeunes. Il a de bons conseils à donner sur la façon de tirer parti du marché des jeunes à l’échelle internationale. Il s’agit là de notre prochain balado et vous ne voudrez sûrement pas le manquer.

Ici Michael Mancini, qui vous dit au revoir.

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