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Transcription de balado - Accords de libre-échange : en quoi sont-ils avantageux pour vous?

Le Canada signait dernièrement un accord de libre-échange avec le Pérou et il vient de terminer les négociations devant mener à la signature d'un accord de libre-échange avec la Colombie.

Ces accords de libre-échange ne visent pas seulement l'abolition ou la réduction de certains tarifs ou encore la protection des investissements canadiens. Ils prévoient également des ententes tout aussi importantes en matière d'environnement et de coopération sur la main-d'œuvre, lesquelles étaient des exigences essentielles des négociateurs canadiens.

Ces accords marquent un pas important dans la relation entre Canada et ces pays d'Amérique latine, d'autant que le Canada entend réaffirmer sa volonté de renouer avec les Amériques.

Mais qu'en est-il pour les entreprises canadiennes?

Ici Michael Mancini, rédacteur en chef de CanadExport, le magazine du Service des délégués commerciaux du Canada destiné aux entrepreneurs désireux de faire des affaires, d'investir et de prospérer sur les marchés mondiaux. Vous pouvez consulter notre revue à l'adresse canadexport.gc.ca.

Le Pérou supprimera les droits de douane applicables à 95 % des exportations canadiennes actuelles, et les droits sur les 5 % restants, sur une période s'échelonnant entre cinq et dix ans.

Pour ce qui est de la Colombie, si l'accord de libre échange avec le Canada est ratifié, elle réduira ses droits de 16,6 % sur les produits agricoles et de 11,8 %, sur les produits manufacturés.

Aujourd'hui, je m'entretiens avec le représentant d'une société colombienne qui importe un large éventail de produits agricoles canadiens et aussi avec une société minière qui a établi une présence au Pérou. Et il ne faudra surtout pas manquer mon dernier entretien avec un expert selon qui le moment est idéal pour les entreprises canadiennes souhaitant se lancer sur les marchés des Amériques.

Maintenant, voici le représentant de la société colombienne sur les effets de la réduction des droits de douane prévue dans l'Accord de libre-échange entre le Canada et la Colombie.

Juan Isaza : Je m'appelle Juan Isaza et je suis un associé principal de CIGSA S.A., une entreprise importatrice. Nous importons un bon nombre de produits de base de différents pays et nous faisons beaucoup affaire avec le Canada. En fait, nos activités d'importation sont centrées sur le Canada. Nous importons de nombreux produits agricoles, du blé surtout, destinés à la meunerie colombienne, et des légumineuses comme les petits pois et les lentilles dont le Canada est un gros producteur, soit dit en passant; nous achetons aussi des engrais de Vancouver ainsi que de l'orge pour la brasserie.

Je suis persuadé que cet accord de libre-échange accroîtra la compétitivité du Canada, surtout maintenant que les prix de ces produits de base sont montés en flèche. Mais encore plus que les cours du blé, de l'orge ou des légumineuses, le marché du fret est en pleine ébullition et le délai supplémentaire de quatre ou cinq jours qu'il faut pour expédier des marchandises du Canada sera certainement réduit du fait de la compétitivité accrue que cet accord de libre-échange assurera au Canada.

En abaissant les droits de douane des produits en provenance du Canada à des taux inférieurs à ceux des produits d'autres origines concurrentielles comme les États-Unis et l'Argentine, les produits canadiens seront vendus à meilleur prix sur le marché colombien, et la diminution des droits de douane compensera probablement les coûts de transport supplémentaires que nous devons payer aujourd'hui. Vous savez, je pense que l'accord de libre-échange garantira la survie des producteurs agricoles. Nos meuniers adorent le blé canadien, mais si, à un moment ou à un autre, le blé américain ou le blé européen se vend moins cher, c'est celui dont ils s'approvisionneront tout simplement pour rester en activité. La diminution des droits de douane permettra certainement à ces entreprises de poursuivre leurs activités. De plus, étant donné la lenteur des pourparlers entourant l'accord avec les États-Unis, si la Colombie et le Canada ratifient leur accord dans un proche avenir, les agriculteurs canadiens seront alors sur un pied d'égalité avec les agriculteurs américains.

Si cet accord de libre-échange nous intéresse tout particulièrement c'est en partie en raison de l'importance que revêt le Canada pour notre entreprise. Si nous devions nous approvisionner aux États-Unis, à la suite d'un accord qu'ils auraient conclu avec la Colombie, nous ferions faillite. En fait, je vous dirais que les fabricants de bière ont commencé à importer l'orge de l'Argentine tout simplement parce qu'elle était exempte de droits. C'est pourquoi j'espère que l'élimination des droits frappant l'orge canadien entraînera une augmentation marquée des importations d'orge du Canada. En tout cas, elle y sera certainement favorable.

Vous venez d'entendre Monsieur Juan Isaza, de CIGSA S.A, société qui importe quantité de produits agricoles du Canada, sur les effets de l'élimination des droits de douane sur les exportations agricoles canadiennes en Colombie.

Mais un accord de libre-échange, c'est bien plus que la simple suppression des droits de douane.

Un aspect important des accords de libre-échange est que ces derniers permettent de protéger l'investissement canadien à l'étranger. Je me suis entretenu, un peu plus tôt, avec Monsieur Murray Lytle, vice-président de la petite société minière canadienne Sienna Gold, qui a établi une présence au Pérou.

Monsieur Lytle nous a fait part des raisons qui lui font dire que l'Accord de libre-échange aidera son entreprise à investir au Pérou.

Murray Lytle : Les sociétés d'exploration minière ne font rien d'autre qu'investir. Nous ne produisons généralement pas; par conséquent, la société n'a aucun revenu tant qu'un gisement important n'est pas découvert, et il est converti en immobilisation qui produit des recettes par suite d'une vente ou de l'exploitation de l'immobilisation. Les investissements revêtent donc beaucoup d'importance pour nous.

Nous sommes donc très rassurés par cette nouvelle condition de l'accord de libre-échange; nous savons que notre investissement ne sera pas nationalisé sans raison, mais qu'il y aura des mécanismes pour récupérer et garantir cet investissement.

De plus, je crois que le mécanisme d'accès à l'arbitrage international est très important, car dans beaucoup de pays, pas seulement au Pérou, et dans une foule de pays en développement, le système judiciaire diffère de l'image que nous en avons, et l'accès à un arbitre à l'extérieur du pays, à l'extérieur des deux pays, constituera un atout très précieux, à mon avis.

Je me suis en outre entretenu avec Monsieur Carlo Dade, directeur adjoint de la Fondation canadienne pour les Amériques, laboratoire d'idées indépendant et non partisan voué au resserrement des relations entre le Canada et les pays d'Amérique latine et des Caraïbes.

Monsieur Dade m'a expliqué pourquoi, à l'heure actuelle, les entreprises canadiennes disposent d'une fenêtre stratégique en Colombie et dans l'hémisphère. Voici un extrait de notre entretien.

Carlo Dade : Le problème est que nous n'avons pas vraiment vu d'entreprises canadiennes en profiter pleinement dans la région. Ça sort un peu de notre champ de vision. Nous avons beau être multiculturels, je dirai que nous ne sommes vraiment pas si internationaux que ça pour ce qui est des affaires et d'aller s'installer à l'étranger. Il y a donc des débouchés là-bas que nous avons manqués.

Dans le cas de la Colombie, nous allons en fait disposer d'un créneau stratégique. Les États-Unis n'ont pas encore signé d'accord de libre-échange avec la Colombie. Bon, ce qui est vraiment fascinant dans le cas de ce pays c'est que dans les faits, il existe bien un accord de libre-échange entre les États-Unis et la Colombie, mais seulement du côté colombien. Il est possible pour les entreprises colombiennes d'investir aux États-Unis en profitant d'accords préférentiels : les préférences commerciales en faveur des pays andins. Les entreprises américaines ne profitent pas des mêmes préférences en Colombie, ce qui explique pourquoi elles se battent pour obtenir un accord de libre-échange.

Si le Canada signe notre accord avec la Colombie, nous aurons alors des débouchés dans ce pays auxquels les États-Unis n'ont pas accès. Dans les secteurs agricole et minier en particulier, nous disposerons donc en Colombie d'un créneau qu'il sera vraiment capital de saisir.

Michael Mancini : De quelle ampleur ce créneau? Le sait-on?

Carlo Dade : Je pense que les États-Unis vont mettre encore un an avant de faire ratifier leur accord de libre-échange avec la Colombie. Les Colombiens préfèrent évidemment un accord qui leur apporte plus de certitudes pour ce qui est d'investir dans l'industrie et les biens d'équipement pour vendre aux États-Unis. Mais de notre point de vue, nous devrions connaître une très bonne année. Nous jouissons également d'une meilleure réputation dans la région sur le plan de la responsabilité sociale des entreprises, un autre élément qui fait partie intégrante de l'accord avec le Pérou.

Alors en ce qui concerne l'avantage concurrentiel, le fait que nous soyons meilleurs sur le plan de la responsabilité sociale des entreprises se trouve renforcé par l'accord avec le Pérou, il figurera probablement dans notre accord avec la Colombie, ce qui nous donne un réel avantage sur notre principal concurrent dans la région, l'Espagne. C'est l'unique atout dont nous disposons pour le moment contre l'Espagne, avec laquelle nous sommes très en concurrence et relativement au même niveau dans l'hémisphère.

Michael Mancini : J'aimerais revenir sur une remarque intéressante que vous avez faite plus tôt, à savoir que les entreprises canadiennes ne sont pas assez internationales. Quels rôles vont jouer ces accords de libre-échange pour susciter des possibilités dans l'hémisphère pour les entreprises canadiennes?

Carlo Dade : Vous savez, en fait, les affaires trouvent des débouchés où elles veulent. S'il existe des possibilités de faire de l'argent, les entreprises les trouvent. Le rôle des accords de libre-échange, c'est de procurer un plus grand niveau de confort qui devrait vraiment aider les entreprises à se sentir plus en sécurité pour aller à l'étranger et dans cette région en particulier.

Cela devrait également attirer l'attention sur les débouchés qui existent dans ces pays. Les programmes de ce type où on parle de l'hémisphère et les articles dans les journaux devraient amener les entreprises à réfléchir un peu plus. Les entreprises qui sont engagées ne manquent pas, mais il reste des débouchés pour d'autres entreprises et avec un peu de chance, les programmes comme celui-ci permettront de faire avancer les choses.

Évidemment, pour parler de rôle considérable, il faut que l'économie et les avantages financiers de base soient là. Cela sous-entend une analyse de rentabilité sérieuse. On ne peut donc pas exagérer le rôle de la responsabilité sociale des entreprises, qui ne peut se substituer à une solide analyse de rentabilité. Mais lorsqu'il est logique d'investir, la responsabilité sociale des entreprises va jouer un rôle considérable. L'approbation sociale, la bonne volonté des communautés pour accepter l'investissement, le point de vue des collectivités et des organismes de réglementation à l'égard de l'investissement étranger sont largement influencés par la réputation dont jouissent les entreprises et les pays.

Cet accord, en le garantissant par la loi, en nous procurant un élément concret, permettra de modifier l'opinion du public sur ce que nous faisons.

Michael Mancini : Quelles sont d'après vous les grands défis qui attendent les entreprises canadiennes, même une fois que les accords de libre-échange seront en place?

Carlo Dade : Eh bien pour bon nombre d'entre elles, il s'agit de leur connaissance de la région et de la culture, de la langue, de la pratique des affaires, de la façon de travailler dans ces pays-là. Les débouchés existent. Certaines entreprises canadiennes sont là-bas et elles s'en sortent, vous savez par exemple, l'Espagne évidemment possède des liens linguistiques et culturels qui l'aident et lui font aussi du tort. L'héritage colonial constitue une pierre d'achoppement. Par contre, les États-Unis ont d'énormes avantages sur le plan de la langue et de la culture. Nous n'avons pas toutes ces choses-là et nous devons donc trouver des moyens de les compenser. Certaines entreprises canadiennes y ont bien réussi, mais pour d'autres c'est toute une courbe d'apprentissage.

Michael Mancini : Si vous aviez un conseil à donner aux entreprises canadiennes à ce stade, que leur diriez-vous si elles envisageaient cette région?

Carlo Dade : Je leur dirai de tout examiner en détail. Il existe d'excellents débouchés. Les débouchés sont très nombreux, il y a des institutions solides, des gouvernements forts et des économies robustes. Les gouvernements l'ont compris, ils ont appris de leurs erreurs des années 90. La gouvernance économique est donc bonne, la gouvernance politique également, et cette région offre d'excellents débouchés.

Je pense que les entreprises agricoles, celles qui vendent des céréales et des produits similaires devraient envisager la Colombie. C'est un vaste marché pour ces denrées, et une fois encore, compte tenu de la position concurrentielle vis-à-vis des États-Unis, le moment est parfait pour commencer à étudier la question.

Du côté canadien, vous savez, la Colombie exporte des fleurs et des produits du même genre, la biodiversité, les entreprises de produits biologiques, les compagnies de biotechnologie qui étudient la possibilité de la Colombie, il y a de bons débouchés là-bas. La biodiversité est réellement très répandue en Colombie. Il y a donc des débouchés dans ce domaine également.

Michael Mancini : Eh bien, Carlo Dade, merci beaucoup de nous avoir consacré un peu de votre temps aujourd'hui.

Carlo Dade : OK, merci à vous, c'était un plaisir.

Eh bien, c'est déjà tout pour ce balado-bulletin de CanadExport.

Comme l'a souligné Monsieur Dade, une excellente façon pour les entreprises canadiennes de profiter de cette fenêtre stratégique est de communiquer avec le Service des délégués commerciaux du Canada en Colombie et au Pérou.

Nous vous invitons donc à vous rendre à l'adresse deleguescommerciaux.gc.ca pour prendre contact avec nos délégués commerciaux qui s'empresseront de vous renseigner sur les occasions dont vous pouvez tirer parti dans les Amériques et ailleurs dans le monde.

Le Service des délégués commerciaux est le plus vaste réseau canadien de professionnels du commerce international. Il offre des conseils et met à votre disposition ses compétences en résolution de problèmes ainsi que son réseau mondial de contacts.

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C'était Michael Mancini qui vous dit à bientôt.

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