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Le marché du travail en Bulgarie Note de bas de page 1

Préparé par le Service des délégués commerciaux (SDC), Ambassade du Canada en Roumanie, Bulgarie et République de Moldova

Mars 2018

Un aperçu plus compréhensif du marché du travail (en anglais seulement) est disponible pour les clients du SDC sur demande.

1. VUE D’ENSEMBLE DU MARCHÉ

Les entreprises font face à des difficultés croissantes d'approvisionnement en main-d'œuvre appropriée dans la Bulgarie. Le pays a une population en déclin en raison de l'émigration, de faibles indices de fécondité et d'une main-d'œuvre vieillissante, ce qui participe à la diminution du bassin de main-d'œuvre, qui devient aussi moins productive parce qu’elle est dominée par des travailleurs âgés. Le marché du travail n'est pas augmenté par une importante population migrante, parce que, malgré l'adhésion de l'UE qui pourrait soulager le processus d'immigration, les entreprises se heurtent à des difficultés pour attirer des travailleurs étrangers dans la Bulgarie. En outre, la disponibilité d'une main-d'œuvre qualifiée ayant une expérience professionnelle formelle est limitée par les faibles taux d'emploi, la prépondérance du secteur agricole dans la création d'emplois et la faible contribution des femmes à la population active.

À mesure que le marché du travail vieillit, les pertes de productivité formeront un risque majeur en raison de l'état inadapté du système de santé public, qui ne peut pas faire face aux nombres plus hauts de patients. De plus, le taux d'emploi est faible et les femmes sont sous-représentées sur le marché du travail, ce qui réduit la gamme et la diversité des options de recrutement disponibles pour les entreprises.

La dimension de la population de la Bulgarie est relativement petite, 7,05 millions en 2018, avec une population en âge de travailler (15-64 ans) de 4,8 millions, ce qui signifie qu'il y a un bassin relativement étroit d'employés potentiels. Cela détournera particulièrement les investisseurs dans les industries à forte intensité de main-d'œuvre, parce qu’il y a d'autres économies dans la région avec une main-d'œuvre beaucoup plus importante. Par exemple, la Turquie dispose d'une population en âge de travailler de 53.3 millions.

La Bulgarie est le deuxième pays le plus urbanisé d'Europe du Sud-Est, avec 69,5% des Bulgares vivant dans les villes et les zones urbaines. La plus grande population urbaine est concentrée dans la capitale, Sofia, qui a plus de 1,2 millions d’habitants, suivie par les villes de Plovdiv, Varna et Burgas ayant des populations moins nombreuses. Ce niveau élevé d'urbanisation signifie que les entreprises dans les villes bulgares ont accès à un grand nombre de travailleurs qualifiés et non-qualifiés dans des zones géographiquement groupées, ce qui accroit la disponibilité des travailleurs.

La composition urbanisée de la population active reflète aussi le fait que l'emploi est surtout fourni par la fabrication, les services et le secteur public. Parmi ceux-ci, l'industrie manufacturière fournit le plus grand emploi, à environ 660.000, ce qui signifie 22,2% de l’emploi total en 2014 (selon les dernières données disponibles), suivie par la vente au détail et la réparation de véhicules automobiles, assurant 17,2% de l’emploi total. Même si la Bulgarie change dans une destination populaire pour l'externalisation des affaires, le secteur des TI ne fournit que 94.600 emplois, bien que ce secteur, ainsi que les activités immobilières et financières et d'assurance, offrent l'impulsion pour la création d'emplois.

Le stock de migrants internationaux du pays est petit, à savoir 1,5% de la population totale en 2015, et comprend en général des personnes des pairs régionaux du pays. 58% des travailleurs migrants sont venu des pays émergents de l'Europe en 2015, principalement de Russie, Turquie et Ukraine. Les immigrants des États développés comprennent un significatif 32% du nombre total des immigrants, la Grèce, le Royaume-Uni, l'Espagne et l'Allemagne étant les plus grandes sources

2. LE DÉFIS DU MARCHÉ (FORCES ET FAIBLESSES)

Le marché du travail de la Bulgarie a plusieurs points forts : le niveau d'inscription à l'éducation est haut à tous les niveaux, les compétences de base étant répandues ; La Bulgarie offre de coûts bas d'emploi par rapport aux autres États membres de l'UE ; l'adhésion à l'UE aide le processus d'importation des travailleurs étrangers, et les permis de travail sont relativement faciles à obtenir.

La rétention dans le système éducatif bulgare est moyenne dans la région, avec des années de scolarité moyennes de 11,2 ans, ce qui est plus long que la scolarité obligatoire. Cela permet à la plupart des étudiants d'obtenir des compétences de base relativement consistantes et de recevoir une éducation plus avancée que celle partagée au niveau élémentaire, ce qui profite aux entreprises qui ont besoin d'une main-d’œuvre qualifiée.

Pour l'enseignement supérieur, les taux de scolarisation sont hauts et les étudiants continuent de choisir des matières qui enseignent des compétences transférables et rendent les diplômés nettement employables, comme l'ingénierie et la science. Donc la proportion de la population active recevant un diplôme ou une qualification équivalente augmente. Le taux de scolarisation a continué son amélioration au cours de la dernière décennie, se situant à 70,8%, la troisième valeur la plus élevée dans l’Europe du Sud-Est, qui était 41,9% en 2004.

La Bulgarie comptait un grand nombre de diplômés en ingénierie, en fabrication et en construction, représentant 15% du total en 2014, la deuxième plus haute proportion après les sciences sociales et le droit. Les sciences physiques sont moins populaires, ayant environ 5% des diplômés totaux en 2014, et plus de la moitié de tous les diplômés ont un diplôme en sciences sociales, en commerce ou en droit, ce qui est moins accordé à de nombreux besoins d'affaires.

Une proportion relativement importante d'étudiants bulgares choisit d'étudier à l'étranger, environ 24.625 suivant des cours dans d'autres pays selon les dernières données disponibles. La plupart d’eux étudient dans les États membres de l'Europe de l’Ouest, notamment en Allemagne, au Royaume-Uni, en Autriche, aux Pays-Bas et en France, et un nombre important d'entre eux sont également basés aux États-Unis. Un accès facile aux universités dans les États membres de l'UE est bénéfique pour les étudiants bulgares, parce qu’ils peuvent obtenir une éducation supérieure de qualité en étudiant à l'étranger. Cela leur permettra de ramener des compétences utiles dans la main-d'œuvre bulgare et d'améliorer aussi le transfert de connaissances et de compétences ; mais cela dépend de leur retour au pays.

Des réformes de grande envergure ont été implémentées après l'adhésion du pays à l'UE en 2007, y compris un système de « budgets délégués » par lequel les écoles reçoivent un financement basé sur le nombre d'étudiants, ce qui a amélioré l'efficacité de l'allocation des ressources. À partir de 2018, le système des budgets délégués sera modifié afin que le financement puisse être lié à la qualité de l'éducation. Le financement ne dépendra plus uniquement du nombre d'enfants et d'élèves, mais aussi du nombre de classes d'une école dans chaque année d’étude, des spécificités de la région et, à plus long terme, de la qualité du processus éducatif.

Conformément au programme gouvernemental annoncé par le gouvernement en mai 2017, les enseignants ont reçu une augmentation de 15% de leurs salaires le 1er septembre 2017, ce qui pourrait améliorer la satisfaction au travail et aider à attirer plus de candidats talentueux dans la profession. Les dispositions du projet de loi sur le budget de l'État 2018 prévoient une augmentation progressive des salaires des enseignants dans le système d'éducation préscolaire et scolaire au cours de la période 2018-2020, de sorte que ceux-ci peuvent devenir deux fois plus élevés en 2021. Bien que ces réformes constituent un pas dans la bonne direction, leurs effets nécessiteront du temps pour réformer les résultats scolaires, ce qui signifie que le marché du travail ne profitera pas à court terme.

Les points forts de la Bulgarie du pays peuvent être éclipsés par ses faiblesses, qui incluent : la population active est restreinte et continue de diminuer en raison des indices bas de fécondité, des niveaux élevés de migration vers l'extérieur et du vieillissement de la population, tel que montré ci-dessus ; la qualité globale de l'éducation reste en deçà des normes occidentales, en particulier aux niveaux secondaire et tertiaire ; il y a un manque d'universités de haute qualité, ce qui signifie que le niveau des diplômés est inférieur à celui d’autres pays européens.

Malgré une amélioration de l’indice de fécondité, qui était 1,2 naissance par femme vers la fin des années 1990s, l’indice de fécondité est toujours inferieur au niveau de reconstitution de la population, avec 1.6 naissance par femme en 2016. Il y a donc un flux beaucoup plus limité de nouveaux arrivants sur le marché du travail, ce qui engage une diminution du nombre de jeunes travailleurs qui ne sont pas en mesure de remplacer les travailleurs âgés qui quittent la population active. En conséquence, l'âge moyen des travailleurs augmente. Cela est un risque pour les employeurs, parce que les travailleurs âgés sont moins susceptibles de changer d'emploi et peuvent obtenir des salaires plus élevés grâce à une plus grande expérience, ce qui augmente les coûts de recrutement. De plus, les travailleurs âgés sont susceptibles d'être moins productifs que ceux plus jeunes, en particulier dans les emplois qui exigent de longues heures de travail ou un travail manuel soutenu. Les entreprises seront donc forcées d'employer des effectifs plus grands afin d'atteindre les objectifs de production ou d'importer du personnel plus jeune de l'étranger.

Les entreprises ont du mal à attirer des travailleurs dans la Bulgarie. Le pays se classe sur la 49ème position de 140 dans le monde selon l'indice de compétitivité mondiale 2017-2018 du World Economic Forum (WEF) pour sa capacité à attirer des travailleurs compétents (en hausse d'une place par rapport à l'année précédente), le plaçant devant un certain nombre de les pays qui ont rejoint l'UE en 2004, ainsi que la Roumanie. Cependant, les investisseurs devront fournir des avantages et une rémunération considérables pour inciter le personnel hautement qualifié, ce qui élèvera les coûts de l'emploi.

Le vieillissement de la population s'accompagne d'un accroissement de l'espérance de vie, qui se situe autour de la moyenne régionale, à 74,4 ans en 2016, contre 72,9 en 2007. Bien que cet indice reste inférieur à la moyenne de l'UE, la longévité croissante de la main-d'œuvre augmente le risque que les travailleurs souffrent de maladies et nécessitent des absences longues pour traitement et réadaptation. L'un des facteurs primaires de risque est la fréquence du tabagisme, qui signifie des taux hauts de mortalité par maladies connexes, surtout les maladies cardiaques, le cancer du poumon et la pneumonie.

Le mauvais état du système de santé public du pays aggrave encore la situation. Le faible niveau de financement gouvernemental permet une offre de soins de santé étroite et un accès limité au traitement pour les membres défavorisés de la société, qui ne peuvent pas se permettre le paiement de l'avance des médicaments et des procédures. De plus, les bas salaires du personnel médical ont aidé la prévalence soutenue de la corruption dans le secteur des soins de santé, ce qui limite encore la disponibilité des traitements pour ceux qui sont incapables d’offrir des pots-de-vin. Donc, le vieillissement de la population et le mauvais état du système de santé accroissent beaucoup le risque de pertes de productivité à cause de l'absentéisme à long terme, diminuant ainsi l'attractivité de la Bulgarie en tant que destination d'investissement.

Les employeurs de la Bulgarie seront aussi confrontés à des options de recrutement étroites et des coûts de formation plus hauts en raison de faibles taux d'emploi. Le manque d'expérience de travail formelle sur le marché du travail est mis en évidence par un taux d'emploi de seulement 47,2% de la population en âge de travailler, soit la 8ème valeur la plus basse de la région. Le manque d'opportunités d'emploi pousse de nombreux Bulgares à émigrer, redoublant ainsi les problèmes démographiques du pays. Le pays souffre d'une sérieuse fuite des cerveaux, ce qui accroit le risque que les entreprises soient forcées d'importer de la main-d'œuvre étrangère pour faire face à la pénurie de compétences, engageant des coûts élevés. Il est probable que la fuite des cerveaux continue. Les salaires en Bulgarie sont aussi susceptibles d'augmenter dans les années à venir, ce qui signifie des coûts additionnels pour les opérations commerciales.

La discrimination en raison du sexe est interdite. Pourtant, il y a des cas d'inégalité dans la participation au marché du travail et dans les salaires, qui détournent les femmes d'entrer sur le marché du travail. Cela restreint le bassin de main-d'œuvre disponible pour les entreprises dans la Bulgarie, parce qu’une grande partie de la population en âge de travailler n'est pas active sur le marché du travail. En outre, même si une grande population urbaine accroit la disponibilité des travailleurs pour les entreprises à intensité forte de main-d'œuvre et urbaines, la composition de la population active du pays offre régulièrement peu de diversité en termes d'options de recrutement.

Malgré le fort accès à l'école primaire qui a permis au pays d'avoir des taux d'alphabétisation généralisés (environ 98%), certains risques restent en ce qui concerne l'accès à l'éducation et la qualité de l'enseignement. Bien que les taux d'inscription à l'école primaire soient généralement élevés, les groupes minoritaires et défavorisés souffrent fréquemment d'un accès plus étroit à l'éducation. Les revenus bas des familles continuent d'être une cause majeure de décrochage scolaire, tandis que l'origine ethnique des enfants est un autre facteur majeur du décrochage scolaire, les groupes minoritaires étant fréquemment plus défavorisés et les traditions culturelles différentes décourageant parfois la fréquentation scolaire, en particulier chez les femmes.

Malgré les réformes récentes, les résultats d'apprentissage des élèves bulgares au niveau de l'enseignement secondaire restent inférieurs à ceux de leurs pairs dans les pays de l'OCDE. Par conséquent, les entreprises peuvent trouver que les travailleurs bulgares ont besoin de programmes de formation additionnels afin de les amener au niveau de qualification requis, ce qui accroit les coûts de l'emploi. Pendant de nombreuses années, le système éducatif de la Bulgarie a souffert du sous-financement (le budget de l'éducation était équivalent à 3,6% du PIB en 2012), entraînant des dépenses d'investissement minimales, un manque de ressources appropriées et un faible salaire pour les enseignants.

La qualité de l'éducation universitaire reste inférieure à celle de la plupart des États de l'UE et a aussi été bouleversée par l'implication des étudiants dans des manifestations antigouvernementales ces dernières années. Beaucoup d'étudiants qui étudient à l'étranger vont chercher du travail dans leur pays d'accueil où le niveau de vie est plus haut, et par conséquent un nombre grand d'étudiants basés à l'étranger peut contribuer à la fuite des cerveaux des travailleurs qualifiés. La Bulgarie n’a que d'une seule institution dans le classement mondial 2016-2017 du Times Higher Education (Université de Sofia, classée dans la catégorie > 800) et de nombreux rapports suggèrent que les diplômés ne sont pas satisfaits avec les programmes scolaires et considèrent les connaissances obtenues à l'université comme non pertinent une fois employé.

Opportunités :

Les entreprises peuvent utiliser le nombre haut de diplômés bulgares diplômés dans des domaines tels que l'ingénierie et la science, qui sont très demandés par les entreprises. De plus, les dépenses d'éducation accroîtront à mesure que le pays se conforme aux normes de l'UE et les réformes commenceront à améliorer la qualité de l'enseignement à moyen terme. Une population très urbanisée fournit un grand bassin de travailleurs potentiels dans des zones groupées, ce qui est surtout bénéfique pour les industries à forte intensité de main-d'œuvre.

Pour lutter contre l’accès bas à l'éducation des groupes minoritaires et défavorisés, le gouvernement a mis en place des dispositifs pour améliorer la capacité des enfants défavorisés pour rester en école, surtout en leur fournissant des manuels, des repas et des transports gratuits. Ces projets amélioreront l'accès à l'éducation pour tous les étudiants, quel que soit leur milieu socio-économique.

En ce qui concerne l'enseignement supérieur, comme la proportion de la population active qui a un diplôme ou d'une qualification équivalente augmente, les options disponibles pour les investisseurs nécessitant des travailleurs hautement qualifiés augmentent aussi.

La population active urbanisée (Sofia, Plovdiv, Varna, Burgas) bénéficie particulièrement aux industries à grande intensité de main-d'œuvre, parce que les investisseurs sont moins susceptibles d'avoir à relocaliser des travailleurs d'autres régions afin de répondre aux besoins de main-d'œuvre.

Le nombre croissant de travailleurs dans les domaines de l'informatique, de l'immobilier, de la finance et de l'assurance permettra d'améliorer les compétences professionnelles de la main-d'œuvre et de renforcer les options disponibles pour les investisseurs dans ces industries qui cherchent à se situer dans la Bulgarie.

Contacts du Gouvernement du Canada

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Section Commerciale
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011411 Bucarest, Romania
Tél : +40 21307-5093
Courriel : bucst-td@international.gc.ca
www.tradecommissioner.gc.ca/ro

Notes de bas de page

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Le gouvernement du Canada a rédigé ce rapport sur des sources d'information primaires et secondaires. Les lecteurs doivent tenir compte que le gouvernement du Canada ne garantit pas l'exactitude de l'information de ce rapport, ni n’approuve nécessairement les organisations y listées. Les lecteurs doivent vérifier indépendamment l'exactitude et la fidélité de l'information.

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