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Faire progresser le commerce canadien et les intérêts des femmes au Pakistan

Pour Margaux McDonald, le poste de déléguée commerciale principale du Canada au Pakistan sert un double objectif.

La gestion du programme commercial permet à Mme McDonald et aux 5 membres de son équipe du Service des délégués commerciaux (SDC) du Canada de promouvoir les intérêts du Canada en matière de commerce et d’investissement sur ce marché à fort potentiel. En même temps, elle affirme que le fait de représenter le Canada au sein du SDC lui a permis de « défendre les valeurs canadiennes dans une région fascinante du monde et de faire avancer les intérêts des femmes en affaires ».

Margaux McDonald
Margaux McDonald, déléguée commerciale principale du Canada au Pakistan
Photo : Katherine Grimshaw

Mme McDonald dirige actuellement les activités du SDC au Pakistan dans le contexte de la pandémie de la COVID‑19, tout en étant temporairement en poste au Canada. Elle souligne que la présence du SDC y est plus importante que jamais afin d’aider les entreprises à maintenir leur présence dans le pays.

Un marché en plein essor

Selon Mme McDonald, le Pakistan est aujourd’hui un marché en plein essor. Son travail lui permet de rencontrer de jeunes collectivités d’entrepreneurs qui maîtrisent la technologie et sont engagés dans le numérique, mais selon elle, « trop peu de choses ont changé. Je constate encore des signes de pauvreté généralisée, d’infrastructures croulantes et d’une grande inégalité entre les hommes et les femmes. »

Le commerce bilatéral entre le Canada et le Pakistan se chiffre à plus de 1 milliard de dollars par année, les exportations canadiennes étant principalement constituées de produits agricoles comme les graines de canola, qui sont, selon elle, « un pilier de notre économie », ainsi que de légumineuses et de produits forestiers. Mme McDonald s’exprime avec enthousiasme quant à l’évolution des secteurs d’exportation comme les technologies propres et l’énergie renouvelable. Ces secteurs sont particulièrement importants pour ce pays de plus de 200 millions d’habitants, qui lutte pour s’affranchir de sa dépendance énergétique et est extrêmement sensible au changement climatique.

« Je ne me limite pas simplement à promouvoir les exportateurs canadiens, je les aide à trouver des partenaires afin de développer une prospérité durable et inclusive dans les deux pays », déclare‑t‑elle. « C’est très énergisant de constater l’interdépendance du gouvernement canadien qui investit dans la recherche et le développement au niveau national, sachant que nous pourrons ensuite exporter ces technologies et ces capacités vers des pays qui peuvent en bénéficier. »

Un avantage comparatif

Mme McDonald affirme que le fait d’être une femme dans un rôle commercial de haut niveau est considéré comme une nouveauté par certains Pakistanais. « Ce rôle me gagne un énorme respect », explique‑t‑elle, sans compter qu’il offre un « avantage comparatif » aux entreprises canadiennes dont elle fait la promotion.

Alors que le Service des délégués commerciaux (SDC) du Canada célèbre son 125e anniversaire, le dévouement de son personnel au fil des ans et partout dans le monde continue d’être sa plus grande force. Le présent article fait partie d’une série occasionnelle présentant quelques-uns des 1 000 membres de la famille actuelle du SDC.

« Je suis souvent — bien trop souvent — la seule femme dans la pièce. Et quand vous êtes la seule femme dans la pièce, on vous donne souvent la parole et tout le monde vous écoute, mentionne‑t‑elle. Mais cela s’accompagne aussi d’une grande responsabilité. »

Lorsque la situation se présente, elle souligne souvent le fait qu’elle est la seule femme présente. « J’en profite pour leur expliquer la façon dont les femmes améliorent les entreprises et pourquoi nous devons réfléchir à la façon d’en intégrer un plus grand nombre, plus particulièrement aux postes de direction. » C’est le point qu’a fait valoir Mme McDonald lorsqu’elle a participé à la réunion exclusivement masculine de la Chambre de commerce et d’industrie de Karachi en 2018. La réaction des hommes l’a surprise.

Elle se souvient de leur réponse : « Il y a d’autres femmes présentes. Elles sont simplement dans une autre salle. » En effet, des femmes d’affaires de l’organisation se réunissaient dans le cadre d’une réunion tenue en parallèle à l’autre bout du couloir, et elles ont ensuite été invitées à participer à la réunion principale.

« Elles étaient si emballées de me trouver là et elles se sont précipitées pour se joindre à la réunion. La présidente de la Chambre de commerce des femmes m’a pris la main et a dit : “Vous devez assister à notre réunion”, se souvient Mme McDonald. Elles m’ont offert le repas du midi et ont pris ce qui m’a semblé être une centaine d’autophotos avec moi. C’étaient des femmes intelligentes, intéressantes, qui réussissent en affaires. »

Contribuer au changement

Mme McDonald voit particulièrement les défis que doivent relever les femmes dans une structure sociale qui, souvent, ne les aide pas à travailler en dehors du foyer. Elle dit que les entreprises canadiennes du pays contribuent au changement, en encourageant le renforcement du pouvoir des femmes sur le marché du travail, alors que les femmes entrepreneures y ont réussi.

La chaîne de café canadienne Second Cup, qui entame actuellement sa huitième année au Pakistan, compte 27 magasins dans tout le pays et 8 autres en cours de développement, s’efforce de créer, parmi ses plus de 500 employés, une culture organisationnelle qui est « inclusive, élimine les préjugés, et promeut et défend l’égalité des chances pour tous », aux dires de la direction.

Contour Software, une filiale pakistanaise de Constellation Software inc., est la plus importante entreprise de logiciels au Canada. L’entreprise encourage l’embauche et le maintien en poste des femmes, par exemple en offrant des services de garderie à l’ensemble de ses 900 employés, ainsi que des indemnités de transport quotidien plus élevées pour les femmes qui se rendent au travail. « Bien que ces politiques découlent des valeurs de l’entreprise, elles se sont également avérées bénéfiques pour les affaires, car nous cherchons à attirer et à retenir les meilleurs d’entre les meilleurs », affirme un porte‑parole de l’entreprise.

Mme McDonald précise que « les entreprises canadiennes prônent des valeurs progressistes et égalitaires au Pakistan et les font connaître à plus grande échelle par leur façon de travailler ». Certaines des entreprises canadiennes détenues par des femmes et exerçant leurs activités sur place mènent également par l’exemple, comme Spirit of Math, une entreprise dirigée par la cofondatrice et PDG Kimberley Langen, qui offre des programmes de cours parascolaires enrichis en mathématiques au Pakistan.

Selon Mme McDonald, la situation au sein du haut‑commissariat canadien renforce également le message du renforcement du pouvoir des femmes. Le haut‑commissaire est Wendy Gilmour, et la majorité des responsables des programmes d’Affaires mondiales Canada sont des femmes.

« Ce sont des dirigeantes intelligentes et travaillantes, qui incarnent tous les jours les valeurs du Canada en matière d’égalité », souligne Mme McDonald, qui est fière du fait que la moitié des chefs de mission canadiens à l’échelle mondiale sont des femmes.

« À mon avis, nous faisons beaucoup de progrès, affirme‑t‑elle. Cependant, il est important pour le Canada de ne pas se contenter de prôner une politique étrangère féministe; il faut la mettre en pratique dans tout ce que nous entreprenons. »

Au Pakistan, Mme McDonald s’inspire de femmes dirigeantes d’entreprise comme Kasloom Lakhani, fondatrice et PDG d’Invest2Innovate, un accélérateur technologique qui permet aux jeunes entrepreneurs d’avoir accès à des mentors et à du financement. L’organisation a récemment déclaré que l’investissement total réalisé par les entreprises dirigées par des femmes au Pakistan est passé de 0 % en 2015 à 12 % en 2018. « Il y a du changement là‑bas », déclare Mme McDonald.

En collaboration avec le haut‑commissariat du Canada, la société Invest2Innovate a préparé un rapport dans lequel il est indiqué que le Pakistan présente le plus faible taux d’entrepreneuriat féminin au monde — seulement 1 % des femmes sont des entrepreneures, contre 21 % des hommes, selon les données de la Banque mondiale. Toutefois, ces données indiquent que le Canada a la possibilité d’explorer des secteurs à forte croissance et d’y investir, tout en élargissant ses relations bilatérales grâce à l’écosystème de démarrage en plein essor du pays, notamment par la contribution des entreprises canadiennes détenues par des femmes et le soutien aux entreprises pakistanaises dirigées par des femmes.

Selon Mme McDonald, les femmes entrepreneures du Pakistan ne travaillent pas seulement à renforcer leur propre pouvoir, mais aussi à « faire adopter ces valeurs à plus grande échelle », tandis que les jeunes femmes activistes s’affairent à « repousser les limites ». Bien que le nombre actuel de femmes dirigeantes d’entreprise soit un peu décevant, elle s’attend à ce que la situation évolue. « Nous verrons beaucoup de progrès pour les femmes d’affaires pakistanaises au cours des prochaines années. »

Les yeux et les oreilles du Canada au cœur de la pandémie

Margaux McDonald, déléguée commerciale principale du Canada au Pakistan, s’entretient avec un représentant de CanadExport des défis que pose la pandémie de la COVID‑19 pour les entreprises canadiennes sur place et de l’aide que peut leur offrir le Service des délégués commerciaux du Canada (SDC).

1) Quels sont les plus grands défis posés par la COVID‑19 aux entreprises canadiennes actives au Pakistan? Comment le SDC leur vient‑il en aide?

Les entreprises doivent relever d’importants défis sur les plans logistique et humain. Selon les produits ou les services qu’elles offrent, la gestion de la chaîne d’approvisionnement, ainsi que le maintien des ventes et des liquidités peuvent présenter des difficultés majeures. Mais au fond, les entreprises, en particulier les petites et moyennes entreprises, ne sont que des regroupements de personnes qui font de leur mieux pour s’y retrouver dans des circonstances sans précédent. Ces entreprises sont confrontées à la transition de leurs employés vers des milieux de travail plus sûrs, aux besoins du personnel en matière de garde d’enfants, aux problèmes de santé des employés, y compris la santé mentale, bref aux mêmes enjeux et aux mêmes préoccupations avec lesquels nous avons tous dû composer ces derniers mois.

Bien que le SDC ne puisse aider à résoudre tous ces problèmes, la pandémie a mis en lumière les capacités de résolution de problèmes du SDC. Nous pouvons aider nos clients à éviter des erreurs coûteuses et à résoudre des situations problématiques dans un environnement en évolution rapide. Étant donné que les gens d’affaires ne peuvent plus voyager comme auparavant, l’importance des délégués commerciaux à l’étranger n’a pas cessé de s’accroître au cours des derniers mois. Mon équipe au Pakistan est rapidement devenue la seule paire d’yeux et d’oreilles sur le terrain sur laquelle les entreprises canadiennes peuvent compter pour obtenir du soutien.

2) Comment la façon dont vous aidez les entreprises a‑t‑elle évolué en raison de la COVID‑19?

Certaines de nos offres de services ont fait l’objet de modifications. Par exemple, nous avons commencé à aider les entreprises canadiennes à relever les défis posés par leur chaîne d’approvisionnement même lorsqu’elles recherchaient des intrants pour leurs produits — ce qui est tout nouveau. En outre, sur certains marchés, le SDC a aidé à trouver des fabricants d’équipements de protection individuelle pour satisfaire la demande canadienne, ce qui est également nouveau pour nous. Un fabricant canadien qui exporte au Pakistan a communiqué avec moi pour savoir si je pouvais aider son entreprise à envoyer le désinfectant qu’elle venait de revoir afin d’en offrir aux travailleurs de première ligne ou à ceux qui en avaient besoin au Canada. C’est au‑delà de ce que nous faisons normalement, mais nous nous sommes tous mobilisés pour soutenir les entreprises canadiennes et la collectivité.

3) Quels sont les défis que le SDC a dû relever dans le contexte de la pandémie?

Bon nombre de délégués commerciaux travaillent actuellement depuis leur pays et un grand nombre d’entre eux travaillent depuis le Canada, où les fuseaux horaires sont souvent différents de ceux de nos équipes, ce qui n’est pas sans poser quelques difficultés. Je suis au Canada en ce moment et je dois jongler avec des appels à des heures irrégulières pour accommoder les personnes‑ressources et les collègues au Pakistan. Nous avons dû passer très rapidement à un environnement de travail presque entièrement numérique. C’était en fait étonnant de voir à quel point tout cela s’est déroulé en douceur, mais bien sûr, nous continuons à composer avec certains défis. Avant la crise de la COVID, les délégués commerciaux passaient beaucoup de temps à assister à de grands salons et à de grands événements, à participer à des réunions et à serrer des mains — c’est un travail fondamentalement axé sur les relations. Comme le contexte actuel ne nous permet plus d’exercer de telles activités, nous avons dû nous adapter rapidement à une nouvelle façon d’entrer en communication avec les gens dans les entreprises, notamment en remplaçant les réunions en personne par un bon nombre de webinaires et de nombreux appels vidéo.

4) Que conseillez‑vous aux entreprises qui font des affaires au Pakistan dans le contexte de la COVID‑19?

Nous leur conseillons d’adapter leur entreprise et leurs communications aux plateformes numériques, car même les entreprises et le gouvernement pakistanais se sont adaptés assez rapidement, et les entreprises canadiennes devront évoluer pour rester dans le coup. Elles doivent également tirer parti des ressources à leur disposition. À titre d’exemple, le SDC organise toute une série d’activités, comme des salons professionnels virtuels et des webinaires, pour permettre aux exportateurs canadiens d’accéder à de nouveaux marchés. Les entreprises doivent profiter de toutes les ressources qui leur sont offertes, car après tout, les affaires et le commerce international se poursuivent tous les jours et le SDC est là pour les appuyer!

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