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Un fabricant ontarien de dispositifs de détection de la COVID‑19 réussit à l’international

Laipac Technology Inc. n’aurait pas pu choisir un meilleur moment lorsqu’elle s’est lancée sur le marché de l’Internet des objets médicaux (IdOM) en 2019.


La machine Look SPOT 2

La société de conception technique établie à Markham, en Ontario, travaillait depuis longtemps dans la technologie de l’Internet des objets (IdO), fabricant des appareils qui communiquent entre eux. Elle a fait irruption dans le domaine des solutions de soins de santé juste avant le début de la pandémie de COVID‑19, qui a fait grimper la demande à l’égard du type de diagnostics médicaux personnels que pouvait offrir l’IdOM.

Aujourd’hui, et avec l’aide du Service des délégués commerciaux (SDC) du Canada, c’est dans le monde entier que Laipac vend ses dispositifs de détection rapide des antigènes de la COVID‑19 LooK SPOT, propulsés par l’intelligence artificielle (IA).

En Europe, Laipac a obtenu le marquage CE, qui certifie la conformité du produit aux exigences de l’UE en matière de santé et de sécurité. L’entreprise espère en particulier tirer profit du marché européen grâce à l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne.

« Nous nous attendons à de bons résultats en Europe », déclare le président‑directeur général Diego Lai, qui a cofondé Laipac il y a 22 ans avec son épouse Maria Pacini, dirigeante principale de l’information de la société.

Né à Taïwan, M. Lai a déménagé en Argentine à l’âge de 14 ans. Après avoir obtenu un diplôme d’ingénieur et poursuivi ses études supérieures en IA, il est arrivé au Canada en 1999. Comme ils avaient de la difficulté à trouver un emploi faute d’expérience acquise dans le pays, M. Lai et Mme Pacini ont décidé de lancer la société Laipac, en se concentrant d’abord sur le domaine des télécommunications.

Diego Lai et Maria Pacini
Diego Lai et Maria Pacini, co‑fondateurs de Laipac Technology Inc.

Laipac a immédiatement ciblé les marchés internationaux, et M. Lai s’est joint à une délégation canadienne en 1999 pour participer au grand salon Telexpo au Brésil.

« Les entreprises canadiennes craignent souvent de s’aventurer à l’étranger. Au contraire, c’est le marché canadien que je craignais », indique M. Lai, surtout du fait que son anglais était limité. Il se sentait à l’aise pour faire des affaires en Amérique du Sud et obtint un contrat avec Siemens au Brésil afin de mettre au point des systèmes d’identification de l’appelant pour les téléphones.

Laipac a été en contact avec le SDC dès ses débuts, notamment par l’intermédiaire d’Eleonore Rupprecht, déléguée commerciale au bureau régional du SDC à Toronto. « Elle nous a beaucoup aidés », affirme M. Lai, en particulier en faisant connaître l’entreprise à l’ensemble du réseau du SDC. Selon lui, l’entreprise comptait sur les délégués commerciaux pour la représenter lors d’importants salons professionnels et établir des liens avec des distributeurs et des clients sur les marchés locaux. Aujourd’hui, Laipac bénéficie du soutien du SDC sur une trentaine de marchés.

Mme Rupprecht, qui est chargée du secteur des sciences de la vie et qui a siégé au Groupe de travail sur la COVID‑19 du SDC, a fait la connaissance de M. Lai lorsqu’elle était responsable des technologies et des télécommunications sans fil. « Diego avait des solutions très intéressantes », se rappelle‑t‑elle, et ses racines en Amérique latine lui permettaient de savoir comment aborder les clients et les partenaires étrangers.

« Toute entreprise qui souhaite prendre de l’expansion doit avoir la volonté de faire le saut à l’international et de diversifier ses marchés, explique‑t‑elle. Cela a permis à M. Lai de demeurer en bonne position pour continuer à innover. »

M. Lai indique que sa société développe des relations avec des entreprises européennes depuis 2014, en fabriquant des produits sur mesure pour un large éventail d’applications. Par exemple, Laipac a obtenu un contrat avec Trimble AB, filiale suédoise de Trimble, une multinationale qui fabrique des instruments de précision. Trimble intègre un module d’IdO conçu par Laipac dans ses équipements de levés topographiques optiques, dans le cadre du service de protection que Trimble propose à ses clients du monde entier.

Selon M. Lai, lorsque la pandémie a mis le monde à genoux, « nous avons été très chanceux », car Laipac avait étudié le domaine du diagnostic médical afin de permettre aux agents des forces de l’ordre de dépister les conducteurs dont les facultés sont affaiblies par le cannabis. L’entreprise voulait apporter une aide pendant la pandémie, « et nous avons pensé que les tests seraient très importants », se souvient M. Lai, en particulier les tests rapides « au point d’entrée » dans des environnements tels que les lieux de travail, les transports et les événements spéciaux.

L’entreprise a appelé son dispositif LooK SPOT, « parce qu’il permet d’obtenir un résultat sur‑le‑champ », explique M. Lai. Au début de 2021, Laipac a lancé le LooK SPOT 1, qui se rattache à un téléphone intelligent. Un échantillon prélevé par écouvillon nasal et déposé sur une minuscule cassette est inséré dans le lecteur propulsé par IA, puis est rapidement analysé par un service infonuagique.

La société vend le dispositif dans des pays comme le Chili, la Colombie, l’Équateur, le Guatemala, le Japon, le Kenya, la Papouasie‑Nouvelle‑Guinée et la Thaïlande ainsi que dans des pays européens. Laipac a ensuite lancé le LooK SPOT 2, une machine autonome qui peut analyser 5 cassettes d’échantillons simultanément, ce qui permet de réaliser 500 tests l’heure.

M. Lai s’attend à trouver plus de clients pour le produit en Europe, compte tenu de l’importance accordée par cette région à la qualité et de la notoriété grandissante des produits canadiens attribuable à l’AECG. « Le Canada jouit d’une très bonne image là‑bas. Les Européens savent que la fabrication canadienne implique la qualité », précise M. Lai, qui souligne que les présentations par les délégués commerciaux sur le terrain sont particulièrement utiles.

Aujourd’hui, Laipac réalise 95 % de ses activités à l’international, indique M. Lai, et elle continue d’innover. Par exemple, l’entreprise travaille actuellement à un système de suivi et d’analyse de la santé du bétail élevé en liberté — un projet pour le marché européen qui, précise M. Lai, est financé par Eurostar et le Conseil national de recherches du Canada.

Laipac cherche aussi à mettre au point un outil de diagnostic rapide, facile à utiliser et reposant sur l’IA pour dépister la présence de maladies comme le paludisme, la dengue, la maladie à virus Ebola et les maladies sexuellement transmissibles.

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