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Les débouchés dans l'ANASE : Une région riche en promesses pour les entreprises canadiennes

Quand OpenText Corp. a inauguré son nouveau bureau à Singapour l'année dernière, un gros lion à deux têtes était de la fête organisée pour l'occasion. La présence de cet invité costumé et des joueurs de tambour qui l'accompagnaient avait pour but d'attirer la chance et la prospérité dans les nouveaux locaux où le géant canadien du logiciel avait transféré son siège régional.

Cette touche culturelle traditionnelle ajoutée à la cérémonie d'inauguration du bureau n'était pas anodine, rappelle le PDG d'OpenText, Mark Barrenechea. « Nous avons conjugué célébration, reconnaissance et cérémonie en un seul événement, rappelle-t-il, et ce fut  amusant. »

OpenText figure parmi un grand nombre d'entreprises canadiennes enthousiastes à la perspective de faire des affaires avec l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est, l'ANASE, une puissance régionale qui regroupe 10 États : Brunéi, le Cambodge, l'Indonésie, le Laos, la Malaisie, Myanmar (la Birmanie), les Philippines, Singapour, la Thaïlande et le Vietnam.

Forte d'une population relativement jeune de 600 millions d'habitants et d'un PIB estimé à plus de 2,2 billions de dollars, jouissant de liens étroits avec ses voisins nantis et en voie de devenir un marché unique d'ici la fin de 2015, l'ANASE offre d'innombrables possibilités aux entrepreneurs canadiens, selon une étude récente.

Préparée pour le gouvernement du Canada par le nouveau Conseil commercial Canada-ANASE (CCCA) (en anglais), l'Étude sur les occasions commerciales de l'ANASE pour les entreprises canadiennes évalue l'importance relative de cette région dynamique pour les Canadiens. Elle pourra servir de guide aux petites et moyennes entreprises désireuses de tirer avantage des possibilités et défis que présente l'ANASE.

Si l'attention internationale au regard des occasions commerciales s'est portée principalement sur la Chine et l'Inde ces dernières années, l'étude rappelle que nombreux sont ceux qui voient l'ANASE comme un tremplin pouvant offrir un accès privilégié à ces marchés. Comme le souligne l'étude, depuis vingt ans qu'elle chemine sur la voie de l'intégration économique, l'ANASE a signé des accords de libre-échange avec ses voisins économiquement importants, comme la Chine et l'Inde, ainsi que le Japon, la Corée du Sud, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. L'éventualité d'une intégration régionale a par ailleurs moussé l'intérêt de la communauté internationale envers l'ANASE en tant que destination d'investissement.

Le Canada et l'ANASE

Une récente étude préparée pour le compte du gouvernement du Canada par le nouveau Conseil commercial Canada-ANASE (en anglais) examine les possibilités et les défis que présente le commerce avec l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est, l'ANASE, et se penche sur l'historique et l'avenir des relations commerciales du Canada avec cette région. Voici les grandes lignes de cette étude :

Source : Étude sur les occasions commerciales de l'ANASE pour les entreprises canadiennes

L'ANASE est un ensemble de petites et moyennes économies en croissance rapide affichant des revenus de faibles à moyens, précise l'étude, quoique Singapour, un centre réputé des affaires, et Brunéi, riche en pétrole, soient les exceptions bien nanties. Selon l'étude, six secteurs d'activités pourraient être explorés avec profit dans l'ANASE par les PME canadiennes : l'aérospatiale, l'agroalimentaire, l'automobile, les technologies propres, les TIC et le pétrole et gaz naturel.

Pour Mark Barrenechea, la région constitue un marché idéal pour les produits de gestion d'entreprise qu'offre OpenText, vu son taux de croissance fulgurant et ses dépenses considérables dans les infrastructures, la construction, les services financiers, les télécommunications et les industries réglementées.

« Vous n'avez aucune idée du rythme auquel évoluent les choses ici, à moins d'en être témoin sur place », affirme-t-il.

Selon lui, une bonne stratégie pour décider de l'endroit où vous implanter dans l'ANASE est de « penser en termes de grappes ». Par exemple, OpenText a formé une grappe avec Singapour, l'Indonésie et la Malaisie, installant son siège social à Singapour, où travaillent 50 employés. Ces pays, dit le PDG d'OpenText, ont la même force d'attraction des compétences, en plus d'être semblables sur les plans linguistique et culturel. En outre, la valeur de leurs marchés respectifs, leur PIB et leurs dépenses en technologies de l'information sont relativement élevés.

Il est important d'assurer une présence dans un pays, d'ajouter M. Barrenechea. « Pour réussir n'importe où dans le monde, vous devez être sur place », de façon à connaître aussi bien les caractéristiques culturelles que les traditions locales. Dans le cas de l'ANASE, cela signifie penser à inviter des danseurs-lions à l'inauguration d'un bureau à Singapour ou encore nommer des gens du pays à la tête de chacun de vos bureaux.

« Les Singapouriens veulent acheter de Singapouriens », poursuit-il, précisant que la région de l'Asie-Pacifique privilégie les partenariats au sein desquels les gestionnaires locaux font fructifier le réseau de leur partenaire.

Marc-André Gervais, président de Solmax International, abonde dans le même sens. Son entreprise québécoise, qui produit des membranes résistantes protégeant les sols et les eaux souterraines des contaminants dans les sites d'enfouissement, les exploitations minières et les sites industriels, est présente dans 70 pays, dont en Malaisie. En 2009, elle a ouvert dans ce pays une usine afin de se procurer à prix compétitif le polyéthylène entrant dans la fabrication de ses produits et de se rapprocher du vaste marché de l'Asie-Pacifique et des marchés voisins.

Les 35 employés de l'usine Solmax établie à Port Klang, le port de mer de Kuala Lumpur, sont loyaux, travaillants et très compétents; ils agissent « comme si c'était leur propre entreprise », selon les termes de Marc-André Gervais. « Il vous faut de très bons employés, en qui vous avez pleine confiance. »

Au départ, l'entreprise pensait s'implanter en Chine afin de tirer profit de ce marché, mais elle a constaté que la Malaisie offrait des installations portuaires et des infrastructures bien supérieures. Elle y voyait aussi d'autres avantages : des coûts raisonnables, la localisation du pays en plein centre de la région; une population jeune et instruite parlant en majorité l'anglais; et l'utilisation des systèmes comptable et juridique britanniques.

L'étude du CCCA relève d'ailleurs deux courants actuels : la fabrication à forte composante de main-d'œuvre se déplace de la Chine vers les marchés de l'ANASE, d'une part, et les organisations choisissent de plus en plus de s'installer dans les pays de l'ANASE afin de diversifier leurs investissements asiatiques en dehors de la Chine, d'autre part. Elle indique aussi que la région est perçue comme un endroit plus stable que d'autres en Asie, tandis que le capital mondial cherche de son côté à récolter les futurs dividendes du boom démographique anticipé dans des pays comme l'Indonésie, le Vietnam et les Philippines.

Selon Marc-André Gervais, son entreprise a recruté de bons distributeurs parmi les entrepreneurs locaux dans les pays de l'ANASE, qui s'échangent des informations d'un pays à l'autre. « Les gens sont très proches, ils se connaissent tous », ajoute-t-il.

La Malaisie a aidé Solmax de plusieurs façons. Par exemple, la Malaysian Investment Development Authority [le Conseil pour le développement des investissements en Malaisie] a aidé l'entreprise à franchir le processus des formalités bureaucratiques et réglementaires. Les Malaisiens ont en outre consenti des allégements fiscaux pour que Solmax s'établisse chez eux. « Ces mesures ont fait toute une différence par rapport à d'autres pays », confie Marc-André Gervais.

L'étude observe par ailleurs que les pays membres de l'ANASE rivalisent pour les investissements étrangers en offrant de nombreux incitatifs et avantages, en particulier dans les secteurs dits « prioritaires », aux entreprises qui s'engagent à assurer la formation et le développement des compétences. Elle invite les entreprises canadiennes à explorer les différents incitatifs et forfaits proposés dans la région avant de déterminer où elles iront s'installer.

« Solmax a aussi reçu l'aide des délégués commerciaux du Canada présents dans la région », reconnaît M. Gervais.

« Nous leur devons une fière chandelle », note-t-il, soulignant que son bureau reste en contact avec le Service des délégués commerciaux à Kuala Lumpur et trouve utile l'aide qu'il a reçue du Service ailleurs. « Lorsque nous voulons cibler un nouveau marché, c'est toujours le premier endroit où nous nous adressons. »

De son côté, M. Barrenechea souligne que le SDC et d'autres organisations canadiennes « font bien les choses » en organisant des événements, en ouvrant des portes et en multipliant les conseils, ce qui concourt à renforcer la confiance des entrepreneurs. « Le rôle d'intermédiaire ou de facilitateur que jouent les délégués commerciaux peut s'avérer inestimable. »

Pour plus d'information, communiquez avec le Service des délégués commerciaux du Canada et consultez l'étude sur les occasions commerciales de l'ANASE.

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