Le Canada et le Koweït entretiennent des liens commerciaux durables depuis l’établissement de leurs relations diplomatiques en 1965. Malgré plus de 6 décennies de coopération bilatérale, le commerce de marchandises entre les deux pays demeure modeste comparativement aux échanges commerciaux du Koweït avec ses principaux partenaires. Cela s’explique notamment par la structure des deux économies et par l’absence d’un accord commercial préférentiel. En 2024, le commerce bilatéral de marchandises s’est élevé à 212 millions de dollars canadiens, le Canada continuant d’enregistrer un excédent commercial puisque ses exportations vers le Koweït (130,7 millions de dollars canadiens) dépassaient ses importations en provenance de ce pays (81,3 millions de dollars canadiens). Les exportations du Koweït vers le Canada sont demeurées fortement concentrées dans les hydrocarbures et les dérivés pétrochimiques, qui représentent environ 95 % de la valeur totale des exportations du Koweït vers le Canada. Par conséquent, la valeur de ces exportations fluctue au rythme des cycles des prix mondiaux de l’énergie.
Le profil des exportations canadiennes vers le Koweït est diversifié et repose sur des secteurs où le Canada possède une expertise commerciale bien établie. Les produits agroalimentaires (comme les céréales, la viande et les aliments transformés) constituent la plus grande part des exportations canadiennes, représentant environ 60 % de la valeur des expéditions. Cela est cohérent avec la dépendance structurelle du Koweït à l’égard des importations alimentaires, puisque le pays produit moins de 10 % des aliments nécessaires pour répondre à ses besoins. Les machines industrielles et les appareils mécaniques arrivent au deuxième rang, avec environ 20 % de la valeur totale des exportations canadiennes vers le Koweït. Ces produits appuient plusieurs secteurs clés de l’économie koweïtienne, notamment la construction, le pétrole et le gaz, les infrastructures hydrauliques et le développement urbain. Le reste des exportations canadiennes est principalement concentré dans la base manufacturière et industrielle du Canada. Dans l’ensemble, la composition des exportations canadiennes correspond aux priorités d’importation du Koweït et met en évidence la complémentarité des deux économies.
Le Canada représente actuellement seulement 0,4 % des importations totales du Koweït, ce qui laisse entrevoir un potentiel de croissance important. Les récentes consultations intergouvernementales sont encourageantes, car elles ont permis d’amorcer des travaux en vue de renforcer les échanges bilatéraux. En octobre 2024, la Corporation commerciale canadienne et le ministère de la Santé du Koweït ont signé un protocole d’entente bilatéral sur la coopération en matière de santé, qui établit un cadre officiel pour accroître la participation canadienne aux chaînes d’approvisionnement du Koweït dans les secteurs des soins de santé et des produits pharmaceutiques. Un protocole d’entente sur la coopération en matière de défense devrait également être finalisé à la mi-2026, et d’importants contrats pourraient suivre.
Les principales possibilités de croissance pour les exportateurs canadiens se trouvent dans les secteurs qui s’inscrivent dans la stratégie nationale de diversification économique du Koweït (New Kuwait Vision 2035) ainsi que dans les grandes priorités du pays en matière de sécurité alimentaire, de modernisation des soins de santé, de transition énergétique et de transformation numérique. La forte dépendance du Koweït à l’égard des importations de produits alimentaires crée une demande soutenue et croissante pour l’expertise canadienne en agriculture et en logistique de la chaîne du froid. Avec un seul fabricant national de produits pharmaceutiques actuellement en activité au Koweït, le pays représente un point d’entrée intéressant pour les entreprises canadiennes spécialisées dans les médicaments génériques, les produits biologiques, les vaccins et la médecine personnalisée. Par ailleurs, l’expertise canadienne peut contribuer aux efforts du Koweït pour accélérer sa transition vers la carboneutralité et atteindre son objectif de produire 50 % de son électricité à partir de sources renouvelables d’ici 2050. Les technologies de gestion de l’eau et de dessalement offrent également des perspectives intéressantes compte tenu de la grave pénurie d’eau au Koweït. Les entreprises canadiennes de ces secteurs disposent de débouchés commerciaux prometteurs, particulièrement lorsque la collaboration entre les gouvernements, facilitée par la Corporation commerciale canadienne et le Service des délégués commerciaux, contribue à réduire les risques liés à l’entrée sur le marché.