Principales industries en Ukraine

Demande en initiatives de relance et débouchés

Le rapport Fifth Rapid Damage and Needs Assessment (RDNA5) de l’Ukraine de la Banque mondiale estime les besoins totaux en matière de reconstruction et de relance à 587,7 milliards de dollars américains (environ 803,0 milliards de dollars canadiens) au cours de la prochaine décennie (évaluation au 31 décembre 2025).

Environ 14 % du parc immobilier a été endommagé ou détruit, ce qui touche plus de 3 millions de ménages. Les besoins de relance des secteurs de l’énergie et des industries extractives ont augmenté de 33,7 % depuis la quatrième évaluation similaire de la Banque mondiale (le rapport RDNA4).

Les besoins de reconstruction à grande échelle sont considérables, mais ils ne se traduisent pas toujours par des projets immédiats et commercialement viables. De nombreuses possibilités à court terme se présenteront probablement davantage dans les régions du centre et de l’ouest, où les projets peuvent être mis en œuvre avec des perturbations opérationnelles relativement moindres. Le financement est souvent orienté vers des activités à court terme, comme les réparations essentielles, les améliorations à la résilience énergétique décentralisée et la modernisation municipale, plutôt que vers des projets d’infrastructure à très long terme et à grande échelle.

La composition du PIB de l’Ukraine a changé de 2021 à 2024, alors que la part du gouvernement et de la défense est passée de 7 % à 23 %, et que celle des secteurs suivants a diminué :

  • commerce;
  • agriculture;
  • fabrication;
  • mines;
  • logistique.

Pour les entreprises, cela signifie qu’elles peuvent tirer parti d’une augmentation des dépenses publiques et des marchés publics, mais qu’elles doivent évoluer dans un environnement logistique plus limité par les conditions liées à la sécurité et aux infrastructures.

Industries prioritaires dans lesquelles les entreprises canadiennes peuvent se démarquer

Plusieurs capacités canadiennes correspondent aux domaines où la demande est forte, comme les activités liées aux efforts de survie, de relance et de modernisation, en particulier là où les marchés d’approvisionnement d’organismes donateurs, d’institutions financières internationales (IFI) et de gouvernements sont importants.

Résilience énergétique et reconstruction : Les dommages causés aux installations centralisées de production d’énergie thermique et d’hydroélectricité ont renforcé l’intérêt pour des systèmes énergétiques plus décentralisés et plus résilients. Le rapport RDNA5 fait état de besoins de relance d’environ 24,5 milliards de dollars américains (environ 33,5 milliards de dollars canadiens) en bioénergie et de 10,5 milliards de dollars américains (environ 14,3 milliards de dollars canadiens) en modernisation du réseau électrique. Les entreprises canadiennes peuvent disposer de capacités pertinentes dans des domaines tels que la production décentralisée, la modernisation des réseaux et les technologies de réseaux intelligents, le stockage industriel par batterie, les petits réacteurs modulaires (PRM) et la cybersécurité des infrastructures de services publics essentielles.

Infrastructures et logistique : Le maintien des corridors commerciaux terrestres et des chaînes d’approvisionnement nationales implique la réparation et la modernisation des actifs suivants :

  • des ponts;
  • des installations ferroviaires;
  • des entrepôts;
  • des infrastructures aux points de passage frontaliers.

De nombreux projets dans ces domaines sont soutenus par des donateurs et des IFI, et leur avancement peut être suivi sur des plateformes telles que DREAM.

Logement et services municipaux : Les programmes d’investissement municipaux sont nombreux à inclure :

  • le traitement de l’eau;
  • la gestion des eaux usées;
  • les services de gestion des déchets solides;
  • la modernisation des réseaux de chauffage centralisés.

Défense et fabrication de technologies à double usage : Le secteur des technologies de défense de l’Ukraine, notamment les systèmes aériens sans pilote (UAS) et les véhicules terrestres robotisés, s’est développé rapidement pendant la guerre. En février 2026, le président Zelenskyy a déclaré que l’Ukraine avait l’intention d’ouvrir jusqu’à dix centres d’exportation d’armes à travers l’Europe d’ici la fin de l’année 2026 en vue de générer des revenus à partir de ses capacités de production excédentaires. Pour les entreprises canadiennes, la collaboration peut prendre la forme de coentreprises, de production sous licence ou de transfert de technologie; il convient toutefois de noter que les activités dans ce domaine sont fortement réglementées.

Les entreprises doivent comprendre que les activités dans les domaines de la défense et des technologies à double usage nécessitent une gouvernance renforcée, notamment en matière de contrôles à l’exportation canadiens, de vérification des sanctions et d’autorisations sectorielles propres à l’Ukraine. Lorsque des logiciels, des données ou des composants numériques sont en jeu, les dispositions relatives au commerce numérique de l’Accord de libre-échange Canada-Ukraine (ALECU) peuvent faciliter les activités transfrontalières et la protection de la propriété intellectuelle (PI), mais elles ne remplacent pas les exigences en matière de contrôle des exportations ou des sanctions.

Technologies gouvernementales et le numérique : Le virage numérique qui s’opère actuellement dans les services publics et les marchés publics en Ukraine peut créer des débouchés pour les entreprises canadiennes du secteur des technologies de l’information, notamment dans l’analyse des marchés publics, les outils de transparence et la cyberdéfense. Les engagements en matière de commerce numérique de l’ALECU peuvent renforcer les conditions de base de la prestation transfrontalière (p. ex., les transferts de données et la protection de la PI dans les services numériques), mais les entreprises doivent tout de même vérifier les règles sectorielles et les exigences des appels d’offres.

Régimes de soutien et incitatifs

L’Ukraine dispose de plusieurs programmes d’incitatifs susceptibles d’améliorer la rentabilité des projets, sous réserve de conditions d’admissibilité et de processus de demande officiels. Les investisseurs doivent vérifier le cadre juridique en vigueur, les étapes de la demande et les obligations de conformité en vigueur. Les parcs industriels constituent l’une de ces options et peuvent offrir des incitatifs, notamment une exemption de l’impôt sur le revenu des sociétés pouvant aller jusqu’à dix ans (sous réserve de conditions de réinvestissement), un allègement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur certains équipements importés, et des avantages fiscaux municipaux sur les terrains, selon des critères d’admissibilité et de mise en œuvre locale.

En pratique, ces incitatifs sont plus efficaces lorsqu’ils sont liés à des éléments fondamentaux des projets, notamment :

  • l’obtention de droits fonciers ou de location;
  • l’accès aux services publics;
  • les permis;
  • le financement;
  • la couverture contre les risques de guerre (si offerte).

Le système des « investment nannies » (soutien accordé par l’État à des projets d’investissements importants pour lesquels l’État nomme un gestionnaire qui accompagne leur mise en œuvre) peut fournir une aide publique pouvant atteindre 30 % des dépenses d’investissement admissibles sous la forme d’allègements de l’impôt sur le revenu des sociétés, de la TVA et des droits de douane pour des activités liées à l’importation de nouveaux équipements de fabrication et aux infrastructures de soutien financées par l’État telles que les routes et les raccordements aux services publics.

À la suite de l’adoption de modifications législatives, les seuils ont été abaissés; à compter de 2026, un projet doit généralement prévoir un investissement en capital supérieur à 12 millions d’euros (environ 19,1 millions de dollars canadiens), une période de mise en œuvre pouvant aller jusqu’à cinq ans et un engagement à créer entre 10 et 50 emplois. Le niveau de salaire moyen requis dépend du nombre d’emplois créés (des salaires plus élevés étant exigés pour les équipes plus petites).

Diia.City est une zone économique virtuelle à laquelle s’applique un régime juridique spécial conçu pour attirer et retenir les entreprises technologiques. Le nombre de résidents de la zone évolue au fil du temps; Opendatabot en comptait 3 707 à la mi-février 2026. Pour les entreprises canadiennes, ce régime peut servir à structurer leurs activités informatiques admissibles, parallèlement à une stratégie élargie d’entrée sur le marché. Le régime offre un cadre fiscal préférentiel, qui comprend le choix entre l’impôt sur le revenu des sociétés standard de 18 % et un impôt de 9 % sur le capital retiré (dividendes), ainsi que des charges sociales réduites (notamment un taux d’imposition sur le revenu des particuliers de 5 % et des cotisations sociales plafonnées), sous réserve de conditions d’admissibilité et de conformité.

Defence City est un régime juridique spécial conçu pour soutenir les fabricants et les concepteurs du secteur de la défense. La participation nécessite généralement l’obtention du statut de résident de la Defence City auprès des autorités ukrainiennes compétentes selon des critères d’admissibilité. Les entreprises canadiennes doivent considérer les débouchés offerts par le régime Defence City comme étant hautement réglementés, ce qui implique notamment l’application des règles canadiennes en matière de contrôle des exportations et de contrôle de l’utilisation finale et de l’utilisateur final, ainsi que la mise en œuvre de contrôles renforcés en matière de sanctions et de vérification de la propriété effective de toutes les parties contractantes.

PlayCity (réglementation des jeux de hasard et d’argent et des loteries) est l’agence d’État ukrainienne chargée de la réglementation et de la surveillance du secteur des jeux de hasard et d’argent et des loteries (octroi de licences, surveillance et outils de lutte contre les jeux de hasard et d’argent illégaux). Cette agence concerne principalement les entreprises en activité dans les jeux de hasard et d’argent en ligne, les loteries, les technologies de paiement ou les outils de conformité pour ce secteur.

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