La stabilité macroéconomique de l’Ukraine est maintenue grâce à un cadre complexe de contrôles des capitaux géré par la Banque nationale de l’Ukraine (NBU – National Bank of Ukraine). Pour les investisseurs canadiens, la réalité est que l’Ukraine demeure sous loi martiale et que la réglementation financière vise à empêcher la fuite des capitaux et à préserver les réserves de change. Il est essentiel de comprendre que ces restrictions s’appliquent principalement aux entités résidentes ukrainiennes — ce qui signifie que c’est l’acheteur local ou la filiale ukrainienne détenue par des Canadiens qui est légalement soumise à des restrictions de transfert de fonds à l’étranger, et non la société mère canadienne.
La NBU a toutefois établi une politique très calibrée de « libéralisation stimulante » afin d’encourager les investissements directs étrangers et de soutenir les activités commerciales. Reconnaissant l’apaisement des pressions inflationnistes, la NBU a ramené son taux directeur annuel à 15 % à la fin janvier 2026.
L’ensemble de mesures de libéralisation des changes du 14 janvier 2026 : À compter du 14 janvier 2026, la NBU a mis en œuvre les résolutions no 2 et no 3, qui ont substantiellement modifié l’environnement des paiements transfrontaliers pour les entreprises. Les entreprises canadiennes doivent comprendre ces mécanismes précis :
- Le mécanisme de « limite de prêt » : La résolution no 2 établit un nouvel incitatif puissant appelé « limite de prêt ». Cette limite est mathématiquement égale au montant total des prêts en devises étrangères ou des fonds de crédit qu’une entité résidente reçoit sur son compte bancaire ukrainien depuis l’étranger après le 1er janvier 2026. Dans les limites du plafond applicable à ces capitaux nouvellement injectés, l’entité ukrainienne bénéficie de larges exemptions pour effectuer des transactions transfrontalières qui seraient autrement restreintes. Plus précisément, l’entité peut utiliser cette limite pour rembourser d’« anciens » prêts (contractés avant le 20 juin 2023), financer des succursales étrangères et, surtout, rapatrier vers des investisseurs étrangers des dividendes dépassant les plafonds mensuels standards. Remarque concernant la planification de la structure de financement : S’il convient de le faire sur le plan commercial, les entreprises canadiennes peuvent envisager de financer une filiale ukrainienne au moyen de prêts d’actionnaires ou de facilités de crédit dûment documentés (en plus ou à la place d’injections de capitaux propres). Dans le cadre du mécanisme de « limite de prêt » de la NBU, les entrées de prêts ou crédits en devises étrangères admissibles après le 1er janvier 2026 peuvent augmenter la capacité disponible pour le rapatriement autorisé des dividendes au-delà du plafond mensuel standard. Ce processus n’est pas automatique et doit être validé auprès de la banque ukrainienne chargée du service et des conseillers connexes; les structures doivent reposer sur une justification commerciale claire et se conformer à la réglementation fiscale et financière ukrainienne.
- Rapatriement des dividendes : Avant les nouvelles règles de limite de prêt, la BNU autorisait le rapatriement des dividendes accumulés pour les périodes admissibles (par exemple 2023 et 2024), sous réserve d’un plafond mensuel de 1 million d’euros (environ 1,6 million de dollars canadiens). Planifiez les rendements de dividendes de manière prudente et considérez ce plafond comme une base de référence, sauf si vous remplissez les conditions pour profiter d’un seuil plus élevé en vertu des règles du mécanisme de « limite de prêt ».
- Délais de règlement des transactions : Afin d’empêcher que les revenus d’exportation ne soient placés à l’étranger, la NBU applique des délais de règlement légaux. Si une entreprise ukrainienne exporte des marchandises, le paiement en devises étrangères doit parvenir en Ukraine dans un délai déterminé; inversement, si une entreprise ukrainienne effectue un paiement anticipé pour des importations, les marchandises doivent être dédouanées dans ce délai. Bien que le délai standard généralement admis soit de 180 jours, les entreprises canadiennes doivent éviter d’inscrire de manière fixe « 180 jours » ou « 360 jours » dans leur politique d’affaires. Les délais varient beaucoup selon la catégorie de produits et sont susceptibles de changer. Il convient de noter que les résolutions de janvier 2026 ont établi des exemptions essentielles : les délais de règlement ne s’appliquent plus à l’exportation de services d’assurance ni aux marchandises exportées dans le cadre de contrats où la créance a été cédée à l’Agence de crédit à l’exportation de l’Ukraine à hauteur maximum du montant de l’indemnité d’assurance.
- Remboursements aux consommateurs : La résolution no 2 permet aux vendeurs ukrainiens de transférer des devises étrangères à des consommateurs individuels à l’étranger afin de rembourser les paiements pour des marchandises retournées ou non livrées, ce qui facilite grandement les opérations de commerce électronique transfrontalier.