Le marché agroalimentaire à Cuba

Cuba est le principal partenaire commercial du Canada dans les Caraïbes. En 2024, les échanges bilatéraux de marchandises ont atteint 910 M$, dont 278 M$ en exportations canadiennes et 632 M$ en importations. Malgré la crise économique persistante et les contraintes de trésorerie auxquelles Cuba est confrontée, entre 2020 et 2024, les exportations canadiennes se sont établies en moyenne à 282 M$ par an. Le Canada figure parmi les principaux fournisseurs agroalimentaires de Cuba, représentant 4 % des importations alimentaires du pays en 2024. En 2025, les exportations canadiennes de produits agricoles ont atteint 135 M$, soit 49 % de l’ensemble des exportations canadiennes de marchandises vers Cuba. Le Canada est le principal fournisseur de blé de Cuba, avec des ventes totalisant 71 M$ et représentant 53 % du marché cubain. Le Canada détient également 32 % du marché cubain des pois, avec des exportations de 23 M$.

Exportations alimentaires canadiennes vers Cuba en 2024

ExportationMillions de dollars canadiens
Blé (autre que le blé dur)71
Pois23
Milk powder8
Swine cuts frozen6
Wheat flour4
Swine cuts fresh or chilled3
Hams of swine cured2
Durum wheat2
Hams of swine fresh or chilled2
Apples, fresh2

Perspectives pour les exportateurs canadiens

Faits saillants de l’industrie

49 % des exportations de marchandises du Canada vers Cuba sont des produits agroalimentaires

53 % des importations de blé de Cuba proviennent du Canada

32 % des importations de pois de Cuba proviennent du Canada

 

La production alimentaire et l’agriculture figurent parmi les principales priorités du gouvernement cubain, tant en matière d’allocation des ressources que de mise en œuvre de nouvelles politiques. Cependant, ce secteur demeure fragilisé par de mauvaises performances et par une instabilité persistante, attribuables à l’obsolescence et à la décapitalisation, auxquelles s’ajoutent des lacunes systémiques ainsi que l’impact des sanctions américaines. La production de la plupart des catégories de produits agricoles affiche une tendance à la baisse, en particulier de 2019 à 2025. Cuba produit environ 65 % des aliments qu’elle consomme, mais dépense en moyenne 2 milliards de dollars américains par an en importations alimentaires (2020-2024). Alors que la production nationale cubaine s’est resserrée, les importations alimentaires ont augmenté de 60 % pour atteindre 2,7 milliards de dollars américains en 2024.

En raison de son économie peu développée et peu diversifiée, Cuba importe également la majeure partie des :

  • machines, outils et équipements agricoles;
  • produits agrochimiques;
  • matières premières pour l’alimentation animale (céréales, graines oléagineuses);
  • médicaments vétérinaires;
  • matériels génétiques destinés à l’agriculture;
  • équipements, intrants et pièces de rechange pour l’industrie nationale de la transformation alimentaire.

Tendances de la structure du marché

Dans la plupart des cas, le marché cubain est complexe et ne se prête pas à la vente rapide. Les exportateurs doivent s’attendre à de longs délais et à des procédures administratives complexes. Les principaux importateurs sont des sociétés d’État, et l’État est le principal investisseur, entrepreneur et banquier. Pour exporter vers Cuba, les entreprises étrangères doivent s’enregistrer en tant que fournisseur autorisé auprès d’une société d’État cubaine spécialisée dans le commerce extérieur. Ce processus exige de la patience et la présentation de documents juridiques et comptables. Dans une économie marquée par une crise profonde, le principal défi pour les entreprises étrangères à Cuba réside dans la capacité de percevoir les paiements. Selon une approche fondée sur les risques, le marché agroalimentaire cubain peut être divisé en quatre segments :

Les importateurs publics qui dépendent du budget de l’État

Les ventes aux sociétés d’État dépendent du financement du gouvernement cubain, lequel s’est considérablement resserré au cours des 5 dernières années en raison de la forte baisse des recettes provenant des exportations de produits et de services.

Les entreprises publiques au sein de secteurs relativement autonomes

Le tourisme est l’un des rares secteurs où le gouvernement cubain permet aux entreprises d’utiliser une partie de leurs recettes en devises fortes pour payer les importations nécessaires à leurs activités.

Parallèlement, le gouvernement accélère la dollarisation partielle de l’économie. Cette évolution pourrait améliorer le profil de risque de crédit des entreprises publiques dans des secteurs comme le commerce de gros et de détail, largement dominés par 2 chaînes de magasins d’État.

Certaines entreprises étrangères autorisées à mener des activités d’importation et de commerce de gros

Dans certains cas, des entreprises étrangères ont adopté des modèles d’affaires où les paiements s’effectuent à l’étranger (notamment par l’entremise de plateformes de vente en ligne), et certaines ont été autorisées par le gouvernement cubain à mener des activités d’importation et de commerce de gros à l’échelle locale. Quelques entreprises étrangères, en partenariat avec des entreprises publiques cubaines, ont mis en place des entrepôts sous régime de dépôt douanier. Cela leur permet de maintenir des stocks sur l’île et d’encaisser les paiements au fur et à mesure des ventes. Certains modèles d’affaires reposent sur un contrôle des actifs par un partenaire étranger, lui permettant de percevoir directement les recettes générées par l’activité. Les ventes à ces catégories d’entreprises présentent un risque moindre lorsque les instruments bancaires appropriés sont utilisés.

Importateurs et grossistes du secteur privé

Depuis 2021, plusieurs entreprises du secteur privé mènent leurs activités en tant qu’importateurs et grossistes d’une vaste gamme de marchandises. Le secteur privé est désormais devenu le plus dynamique de l’économie cubaine. À la fin de l’année 2024, 9 236 petites et moyennes entreprises (PME) et 5 132 coopératives étaient en activité, contre 2 692 sociétés d’État. En 2025, le secteur privé a importé des marchandises pour plus de 2 milliards de dollars américains, représentant 25 % du total des achats de Cuba à l’étranger. Ces importations étaient principalement composées de produits alimentaires et de boissons.

L’émergence du secteur privé cubain a ouvert de nouvelles perspectives commerciales, mais a également entraîné de nouveaux défis et risques. Les entreprises privées disposent d’une plus grande autonomie et d’une plus grande flexibilité dans leurs décisions concernant les produits et les fournisseurs. Cependant, leurs importations sont généralement moins importantes que celles des sociétés d’État et beaucoup moins concentrées, ce qui pousse les exportateurs à élargir leur réseau de partenaires.

Les modalités de paiement sont également différentes. Les entreprises privées sont généralement plus solvables que les sociétés d’État. Elles effectuent généralement leurs paiements à partir de comptes bancaires détenus à l’étranger, souvent sous forme de paiements anticipés, partiels ou complets. Cependant, ces paiements proviennent souvent d’intermédiaires financiers tels que des parents ou amis expatriés, ce qui soulève des enjeux en matière de transparence et de conformité. En revanche, les sociétés d’État recourent principalement aux lettres de crédit. Ce mode de paiement est plus sûr, mais elles demandent généralement un financement à long terme, pouvant s’étendre de 1 à 2 ans.

Le secteur privé ne peut pas importer directement. Ses importations doivent passer par des entreprises publiques spécialisées dans le commerce extérieur, qui agissent principalement comme commissionnaires en douane. Bien que Cuba compte plus de 2 500 entreprises publiques, seules environ 240 sont autorisées à mener des activités de commerce extérieur, et à peine 70 peuvent servir d’intermédiaires pour les importations du secteur privé.

Crédit et assurance-crédit

Les entreprises cubaines peuvent, dans certains cas, obtenir des lignes de crédit auprès de la Banque Nationale du Canada, garanties par Exportation et développement Canada (EDC).

Pour en savoir plus : www.edc.ca

Exigences sanitaires et phytosanitaires

Des contrôles à l’importation rigoureux et des procédures d’autorisation strictes sont en place pour certains produits, en particulier les « produits bruts » tels que :

  • les viandes;
  • les céréales;
  • les légumineuses, les fruits de mer, les légumes et les fruits.

Tous les aliments transformés doivent être enregistrés auprès du Departamento de Higiene de los Alimentos de l’Instituto Nacional de Higiene, Epidemiología y Microbiología (INHEM). Les procédures sanitaires et d’enregistrement doivent être prises en charge par un importateur local autorisé. 

Concurrence

Bien que Cuba ne soit partie à aucun accord de libre-échange majeur, des entreprises de plusieurs pays, dont de nombreuses entreprises internationales, sont en concurrence sur son marché alimentaire. Cela comprend, sans s’y limiter, des entreprises provenant des pays suivants :

  • États-Unis
  • Brésil
  • Argentine
  • Espagne
  • Vietnam
  • Thaïlande
  • France
  • Mexique
  • Nouvelle-Zélande
  • Russie
  • Bélarus
  • Türkiye

Contactez-nous

Pour obtenir de plus amples renseignements sur le marché agroalimentaire cubain, veuillez envoyer un courriel à havantd@international.gc.ca.

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