Marché des infrastructures à Cuba

Cuba est le principal partenaire commercial du Canada dans les Caraïbes. En 2024, les échanges bilatéraux de marchandises entre les deux pays ont totalisé 910 M$ CAN, les exportations canadiennes s’élevant à 278 M$ CAN et les importations à 632 M$ CAN. Malgré la crise économique et les contraintes financières que connaît Cuba, les exportations canadiennes vers ce marché ont atteint en moyenne 282 M$ CAN par an entre 2020 et 2024.

En 2024, les exportations canadiennes, principalement à destination des secteurs de la construction et de l’entretien des infrastructures, ont atteint une valeur combinée de 28,5 M$ CAN. Elles se composaient d’une gamme relativement diversifiée de produits, notamment d’acier, de structures en aluminium et de véhicules, ainsi que d’articles électriques, de pièces automobiles, de tuyaux, de vis et d’écrous.

Faits marquants de l’industrie

  • 278 M$ CAN – Exportations canadiennes de marchandises vers Cuba (2024)
  • 28,5 M$ CAN – Exportations canadiennes combinées pour les travaux de construction et d’entretien d’infrastructures (2024), dont :
    • 9,3 M$ CAN – structures en fer et en acier, tuyaux, conteneurs, vis, boulons, écrous et clous
    • 6,5 M$ CAN – camions, véhicules de travail, véhicules à passagers et pièces détachées
    • 6,4 M$ CAN – articles électriques pour les systèmes d’énergie conventionnelle et renouvelable
    • 4,8 M$ CAN – structures, tôles, fils et tuyaux en aluminium
    • 1,5 M$ CAN – intrants de construction en pierre, plâtre, ciment, amiante et matériaux similaires  

Aperçu du marché

Plus de six décennies de sous-investissement ont entraîné un déficit important en infrastructures. Selon les données officielles les plus récentes, le secteur de la construction à Cuba a enregistré une croissance moyenne de 1,5 % par an entre 2020 et 2024; toutefois, ces chiffres doivent être interprétés avec prudence. La construction figure parmi les secteurs les moins performants de l’économie cubaine depuis plusieurs décennies, en raison d’incitatifs insuffisants et d’un manque de financement. Ces dernières années, l’activité du secteur a été principalement soutenue par des projets non résidentiels financés par le gouvernement, appuyés par des capitaux nationaux et étrangers, notamment dans les domaines du tourisme et des infrastructures de moyenne et grande envergure.

La construction résidentielle a connu une forte baisse de 77 % entre 2020 et 2024, une tendance qui s’est poursuivie en 2025. En juillet 2025, Cuba comptait environ 4 millions de logements et faisait face à un déficit de 805 583 unités, les pénuries les plus marquées étant observées dans les régions suivantes :

  • La Havane
  • Holguín
  • Santiago de Cuba
  • Camagüey

Le gouvernement cubain estime qu’au moins 50 000 nouveaux logements doivent être construits chaque année, un objectif qui n’a pas été atteint depuis 2007. Entre 2020 et 2024, la construction résidentielle a atteint en moyenne seulement 19 049 unités par an et continue de diminuer. La production nationale de matériaux de construction a suivi une tendance similaire, enregistrant une baisse de 77 % au cours de la même période. Des matériaux auparavant produits localement, comme le ciment et les barres d’acier, sont désormais majoritairement importés.

Tendances du marché

Bien que des occasions d’affaires existent, Cuba n’est pas un marché adapté aux exportateurs débutants ou aux entreprises à la recherche de ventes rapides. Dans un contexte marqué par une crise économique profonde, le principal défi pour les entreprises étrangères demeure la sécurisation des paiements. La situation est particulièrement problématique dans les secteurs qui dépendent du budget de l’État, notamment :

  • la santé
  • l’éducation
  • les services publics
  • les transports

Le gouvernement a également accordé une autonomie limitée à certains secteurs prioritaires, leur permettant d’utiliser une partie de leurs recettes en devises fortes pour financer les importations essentielles à leurs opérations.

En 2024, le tourisme et l’immobilier ont représenté 36 % des dépenses publiques. Les services publics ont compté pour 12 %, et cette proportion devrait augmenter en 2025, dans un contexte d’accélération de la transition vers les énergies renouvelables, notamment par le déploiement de projets photovoltaïques.

Possibilités pour les entreprises canadiennes du secteur des infrastructures à Cuba

Le grave manque de logements à Cuba et le recul marqué de la construction résidentielle ont créé une importante demande non satisfaite. Toutefois, malgré l’ampleur des besoins, la capacité de paiement des ménages demeure limitée en raison de leurs faibles revenus.

À moyen et long terme, Cuba pourrait offrir des occasions aux investisseurs expérimentés prêts à composer avec un niveau de risque plus élevé en contrepartie d’un potentiel à long terme, à condition que des mécanismes de paiement fiables à l’étranger soient en place.

Les autorités cubaines ont publié le « Plan national de développement économique et social à l’horizon 2030 », qui vise à relancer la production nationale, à accroître les exportations et à promouvoir la substitution des importations. Ce plan fait des investissements en infrastructures une priorité et reconnaît l’ampleur des besoins non satisfaits. Toutefois, la capacité de paiement limitée signifie que seule une partie de cette demande se traduira par des occasions commerciales, principalement dans les secteurs prioritaires générant des devises fortes et disposant d’une plus grande autonomie de dépenses.

Malgré la crise, le gouvernement continue d’investir dans le tourisme. Cuba vise également à augmenter la part des énergies propres, qui passerait de 4 % en 2024 et 10 % en 2025 à 37 % d’ici 2030. En plus de cette transition vers les énergies renouvelables, le pays doit moderniser ses centrales électriques au pétrole et au gaz, rénover le réseau électrique et accroître ses capacités de stockage d’énergie.

L’augmentation de la production d’énergie renouvelable devrait contribuer à réduire les coûts d’importation de pétrole, ce qui pourrait libérer des ressources pour payer les fournisseurs et les investisseurs étrangers. Le secteur des télécommunications a également un besoin urgent de batteries pour fonctionner pendant les pannes fréquentes et continuera de nécessiter le remplacement et la modernisation des équipements.

La modernisation des aéroports cubains, y compris l’aéroport international José Martí, pourrait offrir des occasions à moyen et long terme. Ces projets pourraient mobiliser des investissements étrangers et des fournisseurs internationaux. Les aéroports présentent un potentiel de génération de revenus en devises fortes, notamment grâce aux frais d’atterrissage et de départ, aux ventes de carburant, aux taxes aéroportuaires, ainsi qu’aux services alimentaires et aux boutiques hors taxes.

Le Canada est bien positionné pour participer à de tels projets, ayant dirigé la construction du terminal 3 de l’aéroport international José Martí en 1998.Cuba peut représenter un marché intéressant pour les entreprises canadiennes souhaitant diversifier leur portefeuille. Toutefois, celles-ci doivent être conscientes de la complexité de l’environnement commercial, notamment :

  • la crise de liquidité persistante
  • les risques liés aux paiements
  • les sanctions des États-Unis, en particulier le titre III de la loi Helms-Burton

Investissement direct

  • Les coentreprises auxquelles participent des investisseurs étrangers bénéficient d’un congé fiscal de 8 ans sur les bénéfices, après quoi s’applique un taux de 15 %.
  • Les sociétés étrangères à propriété exclusive paient un impôt sur les bénéfices de 35 %, mais celles qui participent à des projets d’énergie renouvelable bénéficient d’un congé fiscal de 8 ans, suivi de l’application d’un taux de 20 %.
  • Toutes les entreprises établies dans la Zone spéciale de développement de Mariel bénéficient d’un congé fiscal de 10 ans sur les bénéfices, après quoi s’applique un taux de 12 %.
  • Toutes les entreprises participant à des projets d’énergie renouvelable sont exonérées des droits de douane sur les équipements et les matériaux pendant la phase de construction.

Concurrence

Bien que des possibilités d’affaires existent, les entreprises canadiennes doivent disposer d’une expérience avérée et d’une envergure suffisante pour demeurer compétitives.

La concurrence est soutenue, notamment de la part de :  

  • la Chine
  • de l’Espagne
  • du Vietnam
  • de la France
  • de la Turquie
  • du Mexique
  • de la Colombie
  • de l’Allemagne
  • du Royaume-Uni
  • de l’Inde  
  • de Singapour

Les États-Unis demeurent largement absents du marché en raison de l’embargo en vigueur depuis longtemps.

Contactez-nous

Pour plus d’information sur les infrastructures à Cuba, veuillez envoyer un courriel à  havantd@international.gc.ca.

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