Le grave manque de logements à Cuba et le recul marqué de la construction résidentielle ont créé une importante demande non satisfaite. Toutefois, malgré l’ampleur des besoins, la capacité de paiement des ménages demeure limitée en raison de leurs faibles revenus.
À moyen et long terme, Cuba pourrait offrir des occasions aux investisseurs expérimentés prêts à composer avec un niveau de risque plus élevé en contrepartie d’un potentiel à long terme, à condition que des mécanismes de paiement fiables à l’étranger soient en place.
Les autorités cubaines ont publié le « Plan national de développement économique et social à l’horizon 2030 », qui vise à relancer la production nationale, à accroître les exportations et à promouvoir la substitution des importations. Ce plan fait des investissements en infrastructures une priorité et reconnaît l’ampleur des besoins non satisfaits. Toutefois, la capacité de paiement limitée signifie que seule une partie de cette demande se traduira par des occasions commerciales, principalement dans les secteurs prioritaires générant des devises fortes et disposant d’une plus grande autonomie de dépenses.
Malgré la crise, le gouvernement continue d’investir dans le tourisme. Cuba vise également à augmenter la part des énergies propres, qui passerait de 4 % en 2024 et 10 % en 2025 à 37 % d’ici 2030. En plus de cette transition vers les énergies renouvelables, le pays doit moderniser ses centrales électriques au pétrole et au gaz, rénover le réseau électrique et accroître ses capacités de stockage d’énergie.
L’augmentation de la production d’énergie renouvelable devrait contribuer à réduire les coûts d’importation de pétrole, ce qui pourrait libérer des ressources pour payer les fournisseurs et les investisseurs étrangers. Le secteur des télécommunications a également un besoin urgent de batteries pour fonctionner pendant les pannes fréquentes et continuera de nécessiter le remplacement et la modernisation des équipements.
La modernisation des aéroports cubains, y compris l’aéroport international José Martí, pourrait offrir des occasions à moyen et long terme. Ces projets pourraient mobiliser des investissements étrangers et des fournisseurs internationaux. Les aéroports présentent un potentiel de génération de revenus en devises fortes, notamment grâce aux frais d’atterrissage et de départ, aux ventes de carburant, aux taxes aéroportuaires, ainsi qu’aux services alimentaires et aux boutiques hors taxes.
Le Canada est bien positionné pour participer à de tels projets, ayant dirigé la construction du terminal 3 de l’aéroport international José Martí en 1998.Cuba peut représenter un marché intéressant pour les entreprises canadiennes souhaitant diversifier leur portefeuille. Toutefois, celles-ci doivent être conscientes de la complexité de l’environnement commercial, notamment :
- la crise de liquidité persistante
- les risques liés aux paiements
- les sanctions des États-Unis, en particulier le titre III de la loi Helms-Burton