La réglementation européenne a transformé ce qui était un objectif environnemental en obligation industrielle. Le règlement européen sur les matières premières critiques fixe notamment pour 2030 un objectif de capacité de recyclage équivalant à 25 % de la consommation annuelle européenne de matières stratégiques. Pour certaines filières les cibles sont très précises avec des seuils de récupération et d’incorporation minimale. C’est le cas des batteries avec une récupération de 90 % du cobalt, du cuivre, du nickel et du plomb d’ici fin 2027 et la récupération de 50 % du lithium d’ici fin 2027, puis de 80 % d’ici fin 2031.
La chaîne industrielle du recyclage en France se développe en s’appuyant sur son expertise historique en métallurgie, ses capacités d’innovation grâce à ses institutions de recherche et ses grands groupes industriels.
- Le CEA-Liten, à Grenoble, travaille sur l’ensemble de la chaîne des batteries, des matériaux jusqu’aux cellules, aux systèmes et au recyclage. Il développe également des procédés concernant le lithium, le nickel, le cobalt, le manganèse, les métaux précieux et les terres rares.
- Le CEA et Orano ont inauguré en 2025 une ligne pilote consacrée au recyclage et à la refabrication d’aimants permanents contenant des terres rares.
- À Orléans, la plateforme Plat’Inn du BRGM permet de tester et d’optimiser des procédés de traitement des minerais, déchets et sous-produits industriels, notamment pour récupérer les métaux stratégiques contenus dans les cartes électroniques et les aimants permanents.
- À Lacq, la construction de Caremag est en cours, une usine pionnière en Europe destinée à produire des oxydes de terres rares de haute pureté à partir d’aimants permanents recyclés et de concentrés miniers, avec un procédé à faible impact environnemental.
L’État français, par le biais du programme France 2030 et notamment un appel à projet national « Solutions innovantes pour l’amélioration de la recyclabilité, du recyclage et de la réincorporation des matériaux » a investi plus de 253 Millions d’euros pour 34 projets représentant 2.5 milliards d’investissements industriels.
Cette situation est favorable aux nouveaux entrants : les chaînes industrielles ne sont pas encore complètement verrouillées et les industriels français sont à la recherche de technologies innovantes pour, par exemple, améliorer le rendement de récupération, la pureté des matériaux produits, diminuer la consommation d’énergie et de réactifs, séparer la black mass, tracer les matières secondaires, etc.
La France, et plus largement l’UE, offre donc un marché en croissance et exigeant. Le secteur industriel doit investir dans des procédés innovants capables d’atteindre des taux de récupération élevés, sécuriser l’accès aux flux (déchets/batteries/DEEE), prouver la traçabilité et la qualité des matières secondaires, et se positionner sur les projets accélérés/finançables dans le secteur des minéraux critiques (MC).
En choisissant la France pour son développement international, une entreprise canadienne bénéficierait donc d'un environnement propice à l'innovation, d'un accès facilité au marché européen et de nombreuses opportunités de collaborations avec des acteurs de premier plan dans le domaine du recyclage des minéraux critiques et de la mine urbaine.