Le Japon a publié plus tôt cette année son 7e plan fondamental pour la science, la technologie et l’innovation, qui reconnaît officiellement les technologies quantiques comme l’un des principaux domaines technologiques stratégiques du pays. L’un des principaux objectifs de ce cadre national est de compter 10 millions d’utilisateurs des technologies quantiques au Japon et de générer une valeur de production de 50 billions de yens (JPY) dans ce secteur d’ici 2030.
En collaboration avec le Bureau du Cabinet et le ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie, le Japon a investi massivement dans l’industrie des semi-conducteurs, reconnaissant que la fabrication de semi-conducteurs et l’informatique quantique sont des secteurs complémentaires qui se renforcent mutuellement. Le pays a également mis à jour sa Stratégie pour l’industrie des semi-conducteurs et du numérique en adoptant une feuille de route en plusieurs étapes qui mise sur la fabrication de puces pour accélérer le développement du matériel quantique.
Le Japon s’est également fixé plusieurs objectifs assortis d’échéanciers. Le mandat de 2035 sur l’autonomie cryptographique, établi par le Bureau national de la cybersécurité du Japon, vise à ce que tous les organismes gouvernementaux japonais et les exploitants d’infrastructures essentielles aient entièrement adopté la cryptographie post-quantique d’ici 2035. De plus, la feuille de route pour la fabrication commerciale à l’horizon 2035 établit une série d’objectifs communs aux secteurs public et privé afin de favoriser la commercialisation à grande échelle des technologies quantiques au Japon au cours de la prochaine décennie. Cela comprend notamment ce qui suit :
Informatique quantique
- Lancement d’un grand défi national pour accélérer le développement des processeurs quantiques
- Promotion de l’innovation au moyen de défis industriels fondés sur des cas d’usage intégrant les technologies quantiques et l’IA afin de résoudre des problèmes complexes dans les secteurs de l’automobile, des produits pharmaceutiques et des services financiers
- Mise en place d’une infrastructure de recherche hybride qui relie les ordinateurs quantiques aux superordinateurs et aux plateformes d’IA
Communication quantique
- Développement de matériel quantique à grand nombre de qubits (supraconducteur et photonique)
- Développement du système d’exploitation « OQTOPUS » (hybride quantique-calcul haute performance)
- Déploiement de bancs d’essai commerciaux à l’échelle nationale
- Résolution de problèmes d’entreprise (utilisateurs finaux)
Détection quantique
- Capteurs quantiques à diamant à l’état solide (volet phare)
- Imagerie médicale à l’échelle microscopique (visant à remplacer les équipements médicaux lourds)
- Systèmes de navigation et de défense indépendants du GPS
Le Japon investit également dans le déploiement de l’Internet quantique et s’y prépare activement. Avec l’appui du secteur privé, le pays a mis en place un réseau fonctionnel de distribution quantique de clés reliant des organismes gouvernementaux de la région de Tokyo. L’écosystème japonais se prépare déjà à la prochaine étape, soit l’intégration des technologies quantiques aux réseaux 6G.
Afin d’accélérer davantage l’adoption des technologies quantiques sur le marché et de favoriser la collaboration intersectorielle, le gouvernement continue de travailler en étroite collaboration avec le secteur privé, l’industrie, les établissements de recherche et les investisseurs. Les principaux acteurs de l’industrie et du milieu de la recherche occupent une place centrale dans cette démarche.
Pour concrétiser cette vision, les organisations qui composent l’écosystème quantique japonais cherchent à établir des partenariats dans un large éventail de domaines liés aux technologies quantiques. Ces collaborations réuniront des organisations issues de différents secteurs afin de développer les applications et les modèles d’affaires qui façonneront l’avenir des technologies quantiques. La participation à l’AEP offrira aux entreprises canadiennes du secteur des technologies quantiques un accès direct au principal écosystème d’innovation du Japon. Les membres de la délégation pourront notamment :
- mieux comprendre les possibilités de partenariat;
- établir un précieux réseau de contacts auprès de représentants des gouvernements, de l’industrie et des établissements de recherche;
- explorer des avenues de collaboration adaptées à leurs objectifs commerciaux et de recherche.