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Guide pas-à-pas à l’exportation – Étape 2. La mondialisation : s’intégrer aux chaînes de valeur mondiales

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Table des matières

2.1 À propos de la mondialisation

Le terme « mondialisation de l’économie » se rapporte à la progression rapide du commerce international et de la circulation des capitaux depuis le début des années 1990. Les économies du monde entier n’ont jamais été aussi étroitement intégrées.

En raison de la mondialisation, nombreuses ont été les entreprises à avoir décomposé leurs produits ou services en plusieurs éléments. Plutôt que de produire elles-mêmes les nouveaux éléments ou de se les procurer auprès de fournisseurs nationaux, elles sous-traitent certains aspects du travail à des entreprises à l’étranger. Cette intégration d’activités forme ce que les économistes appellent une chaîne de valeur mondiale (CVM).

2.2 Comprendre les chaînes de valeur mondiales

Une chaîne de valeur, qu’elle soit mondiale ou non, est constituée des activités requises pour faire passer un produit ou un service de l’étape de la conception à celle de l’utilisation finale, et au-delà. Ces activités comprennent la conception, la fabrication, la commercialisation, la distribution et le soutien fourni au consommateur final. Les activités d’une chaîne de valeur peuvent être menées par une seule entreprise ou se répartir entre différentes entreprises. Lorsque les activités ne se déroulent plus dans un « seul emplacement géographique », un pays par exemple, on parle alors de CVM.

Le concept de CVM n’est pas nouveau. En effet, déjà à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, le commerce et l’investissement commençaient à prendre de l’expansion à l’échelle internationale. Toutefois, le déclenchement de la Première Guerre mondiale, puis l’éclatement de la Grande Crise et la Seconde Guerre mondiale ont mis un frein au processus de mondialisation, qui n’a repris qu’au dernier quart du XXe siècle.

Le commerce international s’est éloigné du modèle selon lequel les entreprises fabriquaient leurs produits dans un pays pour les vendre dans un autre. Il s’écarte également de l’approche de succursales, selon laquelle une entreprise fabrique ses produits sur un marché étranger pour les vendre presque exclusivement sur ce même marché. Au contraire, le commerce international se caractérise désormais par les mouvements d’intrants intermédiaires (tant pour les produits que pour les services) qui peuvent se trouver n’importe où dans le monde.

Pour plus de précisions, veuillez consulter la page Bureau de l’économiste en chef sur le site d’Affaires mondiales Canada.

2.3 L’essor des chaînes de valeur mondiales

Selon le Bureau de l’économiste en chef, trois forces principales stimulent l’essor des chaînes de valeur mondiales.

  1. La baisse des coûts de transport

    À moins que la question de temps ne l’empêche, l’entreprise peut délocaliser ses activités de production et de prestation des services, là où se trouvent les meilleurs avantages concurrentiels.

  2. L’amélioration des technologies de l’information et des communications

    Grâce aux progrès réalisés dans le domaine des technologies de l’information et des communications, les entreprises sont beaucoup moins limitées par les distances dans le cadre de leurs activités sur les marchés étrangers.

  3. La réduction des obstacles au commerce et à l’investissement

    La conclusion de nouveaux traités bilatéraux en matière de commerce et d’investissement, la baisse des droits de douane appliqués à l’échelle internationale et la libéralisation du commerce dans les pays en développement, comme la Chine et l’Inde, permettent aux entreprises d’avoir accès à des marchés qui leur étaient auparavant fermés.

2.4 Les chaînes de valeur mondiales et les exportateurs canadiens

Dans les CVM, chaque maillon de la chaîne d’exportation se concentre sur son domaine de spécialité. Il en résulte un accroissement de l’efficacité et de la productivité ainsi qu’une baisse des prix à la consommation pour des produits et services de meilleure qualité. Parallèlement, ce contexte commercial stimule la féroce concurrence mondiale qui favorise l’innovation.

Partout dans le monde, les entreprises ont dû s’adapter à l’évolution des CVM. Un exemple de pratique courante est l’impartition de certaines de leurs activités non essentielles à des fournisseurs, à des partenaires ou à des entreprises affiliées établis dans des pays qui offrent des coûts de main-d’œuvre plus faibles ou d’autres avantages concurrentiels. Une autre approche, s’adressant en particulier aux PME, consiste à fournir des produits ou des services aux CVM créées par d’autres entreprises, notamment des entreprises multinationales étrangères.

En règle générale, le Canada réussit plutôt bien à s’adapter à ces conditions. Ce succès est attribuable à la qualité de notre milieu de la R et D, à notre main-d’œuvre hautement qualifiée ainsi qu’à notre longue expérience à titre de pays commerçant. Toutefois, le Canada doit désormais relever le défi de soutenir une économie diversifiée et avancée sur le plan technologique. À cet égard, les entreprises canadiennes ont un rôle à jouer : elles peuvent créer des chaînes de valeur mondiales dans leur secteur d’industrie, s’intégrer à des CVM existantes, fusionner avec des entreprises de plus grande envergure ou acquérir d’autres entreprises.

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2.5 Les chaînes de valeur mondiales et votre entreprise

Un grand nombre de stratégies s’offrent à vous pour profiter des chaînes de valeur mondiales. Voici les plus courantes.

2.5.1 Fournir des intrants intermédiaires à une chaîne de valeur existante

Si votre produit est utilisé par une autre entreprise (qu’elle soit canadienne ou étrangère) comme intrant intermédiaire, vous pouvez peut-être vous intégrer à sa CVM en devenant un fournisseur. Il s’agit là d’une approche très courante, qui est sûrement aussi la plus simple. Les PME, en particulier celles qui offrent un créneau particulier au chapitre de la technologie ou d’une spécialité, disposent continuellement de nouveaux débouchés pour vendre aux multinationales ou à leurs fournisseurs.

2.5.2 Créer votre propre chaîne de valeur mondiale grâce à l’impartition

Si vous fabriquez des produits finis ou des intrants intermédiaires, vous pouvez créer votre propre CVM. Vous pouvez vous approvisionner auprès des fournisseurs étrangers en intrants intermédiaires, comme les matières premières, les composants, les sous-systèmes et les autres produits et services, puis vous en servir pour fabriquer votre produit, soit à un coût moindre, soit pour une souplesse accrue face aux forces du marché.

2.5.3 Investir à l’étranger pour s’intégrer à une chaîne de valeur mondiale existante ou pour en créer une

En investissant à l’étranger, vous accédez immédiatement à un marché étranger où vous pouvez augmenter vos ventes et favoriser la croissance de votre entreprise. Il existe tout un éventail de méthodes d’investissement, allant de l’approche passive à l’approche active.

Vous pouvez, par exemple, vous intégrer à une CVM simplement en investissant dans une entreprise étrangère et ne participer que sommairement à l’exploitation de cette dernière, voire pas du tout. L’acquisition d’une entreprise étrangère ou la mise en place d’une coentreprise ou d’un partenariat sont également des moyens d’accroître votre compétitivité sur le marché local. Cette approche peut s’avérer très économique si votre investissement vous permet d’accéder à des capacités de production et de distribution existantes afin que vous n’ayez pas besoin de commencer à zéro.

Pour ce qui est de l’approche active, vous pouvez participer intégralement au marché étranger en y établissant une filiale en bonne et due forme. Cette démarche peut vous aider à stimuler les CVM dont fait partie votre entreprise et à en profiter. L’avantage le plus important repose sur le fait que vous n’êtes pas tributaire d’un partenaire et vous pouvez contrôler la voie à suivre par votre filiale. Vous serez également en contact direct avec vos utilisateurs finaux, ce qui favorisera l’établissement de relations solides avec vos clients et vous permettra de vous assurer que la présence d’un partenaire ne vous relèguera pas au second plan. Enfin, votre personnel à l’étranger ne rendra des comptes qu’à vous seul, et toutes les données concernant vos activités internationales vous seront exclusivement réservées.

2.5.4 Mettre l’accent sur le secteur des services

Conseil

La demande d’exportation de services croît partout dans le monde. Même si, à l’origine, vous êtes un fabricant, vous pouvez éventuellement vous élever dans la chaîne de valeur en vous diversifiant dans des services à valeur ajoutée liés à votre secteur, comme la conception, la distribution, le marketing et la logistique.

Les industries secondaires peuvent vous offrir d’autres débouchés. Les entreprises demandent des services de plus en plus variés pour faciliter les échanges, comme des services financiers et juridiques ou des services de traitement de l’information, de télécommunications et de logistique. Votre entreprise dispose peut-être d’une expertise qui s’applique directement à ce type d’activités.

2.5.5 Prendre en compte la diversification des fournisseurs

Les initiatives touchant la diversification des fournisseurs permettent d’instaurer un approvisionnement inclusif en biens et en services auprès de groupes qui sont normalement sous-représentés dans les chaînes d’approvisionnement. Les fournisseurs répondant aux critères de la diversification sont notamment des entreprises appartenant à des femmes, à des membres de minorités ou de peuples autochtones, ou à des personnes qui s’identifient comme appartenant à la communauté LGBT. Si votre entreprise est détenue et exploitée à hauteur de plus de 51 p. 100 par des membres de groupes désignés, elle peut se prévaloir des initiatives de diversification des fournisseurs. À titre d’exemple, de telles initiatives ont été mises en place par la plupart des sociétés américaines du Fortune 500. Certaines organisations exigent que votre entreprise obtienne une accréditation à titre de fournisseur répondant aux critères de diversification. Les organismes canadiens d’accréditation comprennent les suivants : WEConnect International au Canada (femmes propriétaires d’entreprises), WBE Canada (femmes propriétaires d’entreprises), le Conseil canadien des fournisseurs autochtones et de minorités visibles et la Canadian Gay and Lesbian Chamber of Commerce.

En savoir plus

Vous cherchez à vous approvisionner auprès de divers fournisseurs? Le programme Femmes d’affaires en commerce international organise des missions commerciales axées sur les femmes, qui réunissent des entreprises Fortune 500, des organismes gouvernementaux et des organisations sans but lucratif.

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Pleins Feux

Certains gouvernements et entreprises ne s’approvisionnent qu’auprès d’entreprises figurant à leur liste de fournisseurs privilégiés (LFP).

Pour en savoir davantage sur comment vous qualifier en tant que fournisseur privilégié et sur les possibilités que cela pourrait créer pour votre entreprise, lisez Pleins feux sur les chaînes de valeur mondiales du Service des délégués commerciaux (SDC).

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